Robert Schumann

Et si on parlait de Robert Schumann, en ces temps où la politique est décriée et où les politiques ont perdu la confiance de l’homme de la rue... On a pu dire que probité et politique ne font pas bon ménage. Les hommes foncièrement honnêtes ne réussiraient pas en politique. Voyez le cas de La Pira, ancien maire de Bologne, en Italie. Il appartenait aux Focolari, un des mouvements du réveil religieux né pendant et après le Deuxième Guerre Mondiale. Il n’a pas pu aller au bout de son mandat, acculé à la démission.

Il ya pourtant eu des exceptions, et parmi elles, et non la moindre, Robert Schumann. Un miracle que sa vie ? On a pu l’appeler le Père de l’Europe. Il n’était pas attelé seul à cette tâche. Il a réussi, sa foi religieuse n’étant pas le moindre secours pour cette œuvre immense. Les invectives des opposants ne l’ont pas arrêté. Celui qui a lancé la « Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier », noyau de la future Europe, avait une volonté de fer.

Ce qui l’aura encore aidé, c’est paradoxalement d’être resté célibataire. Jeune homme, il songeait un instant à entrer dans les ordres. « Ses amis, qui comprennent rapidement le destin exceptionnel auquel est appelé le jeune Lorrain, l’en dissuadent. Il décide sur leurs conseils de demeurer militant laïc [1]. Quand on voit le handicap que peut représenter sa famille pour un homme politique, on est tenté de dire que le célibat de Robert Schumann a été une chance. Handicap, quelquefois occasion de chute. Les exemples ne manquent pas de dirigeants entraînés vers le gouffre par une épouse trop avide. Ne parlons pas d’Adam, le prototype. Peu importe qu’il ait historiquement existé, s’il existe aujourd’hui sous un autre nom. Parlons de Robert Schumann aujourd’hui.

Les Européens auraient tort de le jeter aux oubliettes. Il ne sert à rien de se lamenter en voyant beaucoup dévier de sa ligne directrice. Si réellement, comme on a coutume de le dire, le Seigneur qu’il servait avec humilité est le maître de l’histoire, la tâche que s’était assignée Robert Schumann sera menée à bonne fin, quelques soient les revers, et même la casse, survenus en chemin.

[1] Cf Le Livre des Merveilles, p. 1242.

Publié le 3 avril 2017 par Alphonse Kuntz