Saint-Pierre fête les 100 ans du Père Edouard Démerlé

Le vendredi 3 décembre 2010, Le Père Édouard Démerlé a vécu le bonheur de fêter ses cent ans à la maison des Missions Africaines de Saint-Pierre, qui l’a accueilli dès l’âge de douze ans pour ses premières études. Après y avoir fait les premiers pas de sa vocation, il la retrouva lors de sa retraite depuis 2001.
Ce même jour, le Père Démerlé y a vécu un second événement de sa longue vie : le soixante-quinzième anniversaire de son ordination sacerdotale. Ce double événement a donné lieu à une journée festive exceptionnelle.

Elle a débuté par une messe d’action de grâce célébrée avec tous les confrères de la maison de retraite, tandis qu’à l’autel, le jubilaire était entouré de l’abbé Ernest Schwaller, l’actuel archiprêtre de Phalsbourg, et du Père Jean Founchot, supérieur de la communauté sma de Saint-Pierre. Il revint à ce dernier de féliciter le centenaire :

« Nous sommes réunis dans la joie et l’action de grâce pour célébrer le double anniversaire du Père Démerlé. D’abord, l’anniversaire de sa naissance, le 3 décembre 1910, il y a un siècle ! Un exploit, car notre centenaire non seulement a encore bon pied et bon œil, mais en plus toute sa tête bien remplie de souvenirs, et il a gardé un humour que nous apprécions. Même si une de ses oreilles est hors service, on peut encore entretenir avec lui une vraie conversation et recevoir des conseils de sa part.
Le deuxième événement, bien plus grand encore, est l’anniversaire de son ordination sacerdotale, voilà 75 ans, le 6 janvier 1935. C’est ici, dans la partie la plus ancienne de cette maison, que le jeune Edouard a commencé son séminaire en 1922. Au bout de 13 ans d’études, il fut ordonné prêtre à Lyon par Monseigneur Ernest Hauger sma au titre des Missions Africaines.
Tout jeune prêtre, il fut nommé au Zinswald au côté du Père Joseph Muckensturm pour aménager avec lui cette maison récemment acquise par les Missions Africaines. Hélas, la guerre est arrivée. Son village natal fut détruit et il prit en charge sa maman. De ce fait, il accepta de servir dans des paroisses en Moselle. L’évêque de Metz, après entente avec le Père Victor Kern, alors Supérieur Provincial, l’incardina dans son diocèse et, en 1957, il le nomma archiprêtre de Phalsbourg.
Mais le cœur du Père Edouard restera toujours attaché à sa famille missionnaire et il est revenu à Saint-Pierre pour y vivre son grand âge dans la maison de retraite. Unissons-nous à lui pour rendre grâce. »

Quant au jubilaire, il a tenu le micro pendant de longues minutes. Les mots de son homélie sont allés droit au cœur de l’assistance. « Le Seigneur m’a appelé à être prêtre. Je suis heureux d’avoir pu le servir dans l’Église qui a pour mission de sauver le monde. » Et le prêtre centenaire de remercier tous ceux qui, au cours de son long ministère, l’ont rejoint pour être les témoins de l’amour infini de Dieu pour l’homme. Après la messe, l’assistance se retrouva autour du verre de l’amitié, puis au repas festif offert par la direction de la maison de retraite. Au maire Alfred Becker, venu le féliciter et lui remettre un assortiment de spécialités locales, il a murmuré à l’oreille avec son humour familier : « Si j’ai choisi Saint-Pierre, c’est parce que le vin y est bon ! ».

Un prêtre dynamique

Dans le canton de Phalsbourg, où il a servi de 1950 à 1983, e Père Démerlé laisse le souvenir d’un prêtre dynamique, en avance sur son temps. La pastorale, fondée sur la formation des laïcs et des adultes au sein des différents mouvements d’action catholi¬que, a laissé des empreintes et a changé la vie de toutes celles et ceux qui ont suivi le pasteur dans ses initiatives.

Qui ne se souvient des années 1950-1960 où, à Dannelbourg, le prêtre engagea toute la communauté paroissiale dans un spectacle en plein air, retraçant la légende des Trois-Épis ? Il en fut de même ensuite à Danne-et-Quatre-Vents, dans les associations et camps de jeunes à l’étang de Hanau, avant qu’il ne soit nommé archiprêtre du canton, chargé des paroisses de Phalsbourg et de Trois-Maisons par Monseigneur Paul-Joseph Schmitt. Lors de sa retraite en 1983, l’archiprêtre Démerlé a rejoint Strasbourg, où il s’est dévoué en tant qu’aumônier de maisons de retraite, avant de rejoindre Saint-Pierre en 2001.

Partout il a semé les graines de sa devise : rencontrer et rassembler les personnes afin de former des communautés vivantes. Bravo pour ce magnifique témoignage !

D’après Antoine THOMAS, membre laïc sma, dans le Républicain Lorrain, et Guillaumette LAUER dans l’Alsace.

Publié le 24 mars 2011 par Collectif