Saint-Pierre : fête patronale et entrée dans « l’année Brésillac »

Membres et laïcs sma du District de Strasbourg se sont retrouvés, lundi 2 décembre 2013, à Saint-Pierre pour une double célébration : celle (anticipée) de la fête patronale de l’Immaculée Conception et celle de l’entrée dans « l’année Melchior de Marion Brésillac », le fondateur de la Société des Missions Africaines, pour marquer le 200e anniversaire de sa naissance, le 2 décembre 1813.

Lors de son assemblée générale 2013 à Rome, la société missionnaire avait en effet proposé que « du 2 décembre 2013 au 8 décembre 2014, diverses activités soient organisées pour marquer le bicentenaire de la naissance du fondateur ». La journée du lundi 2 décembre dernier a donc été l’occasion d’une action de grâces à l’intention du père fondateur de la SMA qui a entraîné, depuis maintenant un bon siècle et demi, dans la périlleuse mais édifiante et exaltante aventure missionnaire des centaines et des milliers de serviteurs de Dieu qui se sont attelés – chacun à sa manière et selon ses talents, mais tous avec corps et âme, avec beaucoup d’énergie, de détermination, de courage, d’abnégation et de sacrifices – à propager la Bonne Nouvelle et l’enseignement du Christ en Afrique.

Montage vidéo sur le sens de la présence sma en Afrique
La journée a débuté par la présentation, dans la grande salle de la maison de retraite de Saint-Pierre, d’un court montage audiovisuel [1] sur le sens et les objectifs de la présence missionnaire SMA depuis plus de 150 ans sur le continent africain, et cela à travers les témoignages d’une demi-douzaine de missionnaires d’origine française, africaine ou indienne ainsi que d’un collaborateur autochtone laïque dans le petit Etat du Bénin : apporter la Bonne Nouvelle ; être près des pauvres, des « plus abandonnés », selon l’expression de Brésillac ; ouvrir l’Eglise au monde africain ; s’inculturer dans des civilisations autres pour comprendre et respecter leurs rites et coutumes tout en leur proposant l’enseignement chrétien comme un chemin de vie et d’action différent, libérateur, plus fraternel, plus pacifique et plus juste ; former des prêtres autochtones pour que les communautés chrétiennes puissent prendre en main leur propre destinée…
Cette présentation, unanimement appréciée, a été suivie d’une messe d’action de grâces en la chapelle des Missions, présidée par le Père Jean-Marie Guillaume, supérieur du District sma de Strasbourg et ancien supérieur général à Rome, et animée par le Père Claude Rémond. Celui-ci, accompagné à l’harmonium par Frère Lucien, a entraîné l’assemblée dans les chants de louange et d’action de grâces choisis pour la circonstance.

« Le plus grand génie missionnaire du XIXe siècle »
Aux deux lectures prévues par la liturgie du jour, a été ajoutée une première lecture, en l’occurrence un extrait d’une lettre en date du 19 février 1856 adressée par le fondateur de la SMA aux Conseils de la propagation de la foi de Paris et de Lyon. Il y expose son projet « de former une Société de Missionnaires dont le but principal serait de chercher à pénétrer dans les pays d’Afrique qui sont restés jusqu’ici inaccessibles aux ouvriers évangéliques, ou qui sont les plus abandonnés ». Dans cette même lettre, Mgr de Marion Brésillac rappelle qu’après sa démission comme vicaire apostolique de Coïmbatore, il « avait demandé à la Sacrée Congrégation qu’elle l’autorisât à aller pénétrer dans le Royaume du Dahomey, l’un des plus barbares peut-être de l’Afrique Occidentale, mais dont l’issue semble nous être ouverte en ce moment par la providence divine ». Mais ne voulant pas qu’il y aille seul, la Sacrée Congrégation l’a engagé à fonder d’abord une « Société missionnaire ». 2] 1856 à Lyon, la Société des Missions Africaines (SMA), qui accepte en 1858 le nouveau vicariat apostolique de Freetown, capitale de Sierra Leone, destination de la première poignée de missionnaires sma rejoints par Mgr de Brésillac le 14 mai 1859.
Dans son homélie [3] centrée sur la vie et l’action de Melchior de Marion Brésillac le Père Jean-Marie Guillaume a rappelé le jugement donné par la revue Missi [4], affirmant que « Mgr de Marion Brésillac est probablement le plus grand génie missionnaire du XIXe siècle ».

La journée festive s’est achevée dans une ambiance conviviale et cordiale autour d’une bonne table, les participants faisant honneur au succulent repas mijoté et servi avec diligence par l’équipe de cuisine de la directrice de la maison de retraite Yolande Fahrer.

[1] Réalisé par les Pères André N’Koy et Gérard Sagnol grâce à l’appui documentaire et technique du Media Center SMA de Lyon.

[2] Fête de l’Immaculée Conception.

[3] Elle sera publiée plus tard dans Ralliement.

[4] Missi n°8, 1969.

Publié le 3 avril 2014 par Etienne Weibel