Saint-Pierre : jour de grâce pour cinq jubilaires

La traditionnelle fête des jubilaires de la SMA s’est déroulée le lundi 8 septembre 2014, fête de la Nativité de la Vierge Marie, à la maison des Missions Africaines de Saint-Pierre. Confrères, parents et proches des jubilaires, ainsi que membres laïcs et autres amis de la SMA, ont formé à cette occasion, comme de coutume, une fervente assemblée, priante et chantante, autour des cinq jubilaires en rendant grâce lors d’une célébration eucharistique pour leur long et fructueux engagement missionnaire.

La messe d’action de grâces en la chapelle sma de Saint-Pierre a été présidée cette année par un hôte de marque, l’évêque centrafricain de Bossangoa Nestor Nongo Aziagbia, membre de la SMA et ancien chargé d’âmes de la communauté de paroisses « Terre de Mission » de Weitbruch [1]. Il était entouré à l’autel du Père Jean-Marie Guillaume, Supérieur du district sma de Strasbourg, et des cinq jubilaires, en présence d’une trentaine d’autres confrères des Missions Africaines. Le Père Claude Rémond et le Frère Lucien Mathieu ont animé la célébration en entraînant la nombreuse assemblée dans des chants de circonstance.
Dès le début de la célébration, le Père Guillaume a rappelé les « états de service » des cinq jubilaires : les Pères Francis Kuntz (60 ans de sacerdoce), Jean Klein (50 ans), Pierre Jacquot (40 ans) et Casimir Kieszek (25 ans), ainsi que le Frère Léon Widloecher (50 ans d’engagement missionnaire). Pour terminer, le Père Guillaume a invité l’assemblée à louer le Seigneur pour toutes les grâces dont il a comblé les jubilaires durant toute leur vie missionnaire et apostolique, mais aussi à prier pour « la réussite de la tâche de pacification et de réconciliation » de Mgr Nestor Nongo dans une République centrafricaine en proie depuis deux ans à de sanglants affrontements interethniques et interreligieux.

Les joies du sacerdoce
L’homélie de circonstance a été prononcée par l’un des jubilaires, le Père Pierre Jacquot, avec la verve et l’humour piquant qu’on lui connaît. Une contribution pleine de sel et de finesse dans laquelle il a exprimé son bonheur de l’aventure missionnaire. Il est et demeure un « prêtre heureux » malgré les turpitudes, vicissitudes et calamités du monde dans lequel, pourtant, « nous devons être capables de percevoir des signes d’espérance autour de nous », car « sans espérance on ne peut vivre, on ne peut tout au plus que survivre. Il faut nettoyer nos yeux pour cueillir les signes parfois très minces du bien qui ne crie pas, des joies qui ne rejoignent pas les places publiques, de la fidélité qui se décline dans la simplicité des gestes et des mots. Notre fondateur nous invite à bâtir l’avenir probable, celui qui n’est pas loin, l’avenir que nous pouvons influencer avec ce que nous vivons et tout particulièrement avec ce que nous mettons en place aujourd’hui avec nos réflexions, nos décisions, nos comportements. » Il a conclu en exhortant à faire nôtre la prière de Melchior de Marion Brésillac, le fondateur de la SMA qui célèbre actuellement le bicentenaire de sa naissance : « L’avenir est à vous, Seigneur, et je ne sais trop sur quelle plage nous pousse le vent qui souffle en ce moment. Quoi qu’il arrive, soyez, Seigneur, l’unique mobile de mes actions, l’unique fin de mes entreprises, l’unique objet de mes désirs. »
La célébration eucharistique a été précédée d’une rencontre des membres religieux et laïcs du district sma de Strasbourg dans la nouvelle salle de réunion et de séjour de la résidence St-Pierre Claver pour un échange de nouvelles. Le Père supérieur Guillaume y a souhaité bonne fête aux jubilaires et invité l’assemblée à chanter à Dieu « la louange unanime des peuples » et la Vierge Marie pour qu’elle « marche avec nous sur nos chemins de foi qui sont chemins vers Dieu », ainsi qu’à lire des extraits de la Première lettre de saint Paul aux Corinthiens dont le message « peut être appliqué aujourd’hui à nos jubilaires » : « Je rends grâce à Dieu sans cesse à votre sujet pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée dans le Christ Jésus ; car vous avez été comblés en lui de toutes les richesses, toutes celles de la parole et toutes celles de la science, à raison même de la fermeté qu’a prise en vous le témoignage du Christ… »

Deux témoignages émouvants
Après cette prière d’action de grâces, le Père Guillaume a fait quelques annonces d’animations et de célébrations qui se sont déroulées depuis : célébration pour le défunt Père Gérard Bretillot à la grotte de Remonot dans le Haut-Doubs le dimanche 21 septembre dernier ; voyage à Castelnaudary, cité natale du fondateur de la SMA, dans le pays cathare et jusqu’à Toulouse du 22 au 27 septembre ; messe anniversaire à Rittershoffen, en Alsace du Nord, pour le bicentenaire de la naissance de Brésillac le dimanche 26 octobre. Le Père supérieur a relaté ici les circonstances du décès de son confrère Gérard Bretillot le 16 août dernier au Togo et ses grandioses funérailles à Agodéké, dans la banlieue de la capitale Lomé.
La rencontre a par ailleurs été mise à profit par deux membres canoniques de la SMA pour rendre témoignage de leur action apostolique et missionnaire en Afrique, montages vidéo à l’appui. Témoignage poignant de l’évêque de Bossangoa Nestor Nongo Aziagbia qui, à l’aide d’un montage vidéo intitulé La République Centrafricaine au cœur d’une crise militaro-politique, a tenté d’identifier les causes et d’énumérer les effets, les conséquences dramatiques d’un conflit attisé et entretenu par les ambitions et les intérêts militaro-politico-économiques des clans qui s’opposent en instrumentalisant les différences religieuses. Il a soulevé beaucoup d’émotion dans la salle en relatant les circonstances dramatiques dans lesquelles il a été pris deux fois en otage, au printemps dernier, dans son propre diocèse par les rebelles séléka, islamiques dans leur grande majorité, et n’a échappé à une mort certaine qu’en réussissant à tromper leur vigilance et à se réfugier en lieu sûr. L’intervenant a conclu son témoignage par un message non pas de résignation, mais de confiance bien chrétienne : « La crise est là, mais l’espoir fait vivre. »
Le deuxième témoignage, celui du Père polonais Casimir Kieszek, a été tout aussi intéressant, réaliste et rassérénant, sans toutefois verser dans un optimisme béat. En Égypte où l’Église catholique est très minoritaire mais relativement épargnée jusqu’à présent dans ce pays en grande majorité musulman, il œuvre avec trois confrères sma dans la paroisse de Choubra qui compte 60.000 catholiques dans ce quartier du Caire connu comme bastion copte pur et dur.

Cette journée du jubilé s’est achevée par le temps fraternel et convivial de l’apéritif et du repas festif servis dans la maison de retraite avec soin et diligence par une équipe de cuisine bien rodée.

[1] Gries - Kurtzenhouse - Niederschaeffolsheim – Harthouse, près de Haguenau en Alsace du Nord.

Publié le 29 avril 2015 par Etienne Weibel