Sylvianne Humbert : le combat de la foi contre le mal

La nouvelle du décès prématuré, le 21 janvier 2015 à l’âge de 59 ans, de Sylvianne Humbert, professeure des écoles au collège des Missions Africaines de Haguenau, a jeté la consternation au sein de la direction et de la communauté éducative et scolaire de l’établissement privé autant que dans le grand cercle des amis et connaissances de la défunte.

L’eucharistie des funérailles, lundi 25 janvier 2015, dans une église St-Pierre-le-Vieux de Strasbourg comble, a réuni au moins trois grandes familles en deuil : aux côtés de celle de Sylvianne Humbert , celle des Missions Africaines et celle de l’association « Lourdes Cancer Espérance » dont la défunte faisait partie et dont l’aumônier, le curé de la paroisse Notre-Dame de la Nativité de Saverne Jean-Marie Kientz, a présidé la concélébration avec le curé du lieu et des Pères des Missions Africaines. L’office a été relevé par la participation de la remarquable chorale de St-Pierre-le-Vieux.

Huit jours plus tard, mardi 3 février 2015, après les cours scolaires, la chapelle des Missions Africaines de Haguenau accueillait une messe à la mémoire de Sylvianne Humbert organisée par la direction et la communauté éducative du collège St-Arbogast des Missions, et animée par une partie de la chorale des élèves du collège sous la direction de la professeure de musique et de chant Valérie Sonnendrucker.

Cette eucharistie du souvenir a été présidée par le Père sma Justin Ketté, chargé de la communauté de paroisses « Terre de mission » à Weitbruch et de la catéchèse au collège des Missions ; il concélébrait avec les Pères sma Marcel Schneider, ancien directeur du collège, Jacques Noirot, officiant de la chapelle des Missions et Jérôme Fleck, responsable de la communauté des Pères de Haguenau. Elle a rassemblé, autour du directeur Jean-Marie Mosser, une centaine de professeurs, élèves, parents et anciens parents d’élèves ; tous avaient tenu à rendre un dernier hommage à la défunte qui, depuis cinq ans, livrait le combat de la foi contre une insidieuse, sournoise et implacable maladie.

Dans sa saisissante homélie, le Père Marcel Schneider, qui a bien connu Sylvianne Humbert d’abord comme collègue puis en tant que directeur du collège durant une quinzaine d’années, a salué en elle « une femme de foi » - foi qu’elle vient de « déposer en terre promise » après avoir « rejoint l’autre rive et posé son pied sur la terre ferme… Le mal et la maladie qui nous rongent tant que nous portons notre espoir dans notre chair ne l’atteignent plus… Sylvianne a quitté le monde de la pesanteur pour entrer dans le monde de la grâce. »

Quand Sylvianne Humbert a rejoint le collège des Missions en 1986, « une page s’est définitivement tournée dans le primaire » de l’établissement, a rappelé le Père Schneider, car dès lors les CM1 et CM2 étaient entre les mains de laïcs et Sylvianne allait « hériter de la tradition missionnaire, qu’elle assumera à sa manière. » Cette native des montagnes vosgiennes ne s’est pas pour autant enlisée dans les sables haguenoviens. Bien au contraire, elle y a « fait son nid, avec bonhommie, et Haguenau est devenue sa ville. »

Dans son éloge de la défunte, l’orateur s’est directement adressé à elle en employant la formule itérative « Sylvianne, grâce à toi… », car pour lui la disparue est et restera toujours présente. « Sylvianne, grâce à toi…, c’est à la fois l’intelligence de l’esprit et celle du cœur qui ont été développées dans ta pédagogie ; la liaison entre le primaire et le collège fut une réalité vivante, et tu avais à cœur de suivre l’évolution de tes élèves au collège ; bien des enfants ont bénéficié de l’aide aux devoirs dans les études du soir, parce que tu as accepté d’être disponible pour tous ; bien des enfants ont connu des classes vertes ou des classes rousses de qualité, tu aimais investir l’espace Klingenthal ; bien des enfants ont pris goût au bricolage (couronnes d’Avent, bénévolat…) ; bien des enfants ont pu ouvrir leurs yeux sur des horizons lointains, sur les continents d’Afrique et d’Amérique du Sud. »

« Entourés de cette nuée de témoins, visibles et invisibles, a conclu le Père Schneider, nous pouvons nous sentir en communion les uns avec les autres et en communion avec Sylvianne » pour qui il a invité l’assemblée à dire le « Je vous salue, Marie… ». A la fin de l’office, deux professeures du collège ont rendu un court mais vibrant hommage à leur collègue disparue.

Publié le 12 mai 2015 par Etienne Weibel