Témoignages

« Allez !… »

Dès l’âge de 10 ans, je rêvais d’être un jour missionnaire en Afrique. A cette époque, je rencontrai deux anciens missionnaires, amis de la famille. L’un travaillait en Alaska, l’autre au Tonkin. Aussi j’écoutais avec avidité leurs récits sur ces pays lointains… Chacun, à sa façon, me vantait sa Congrégation où je réaliserais mon rêve missionnaire. Mais je répondais : « Je voudrais aller en Afrique. » Mystère de la vocation…

Deux ans plus tard, j’entrais au petit séminaire diocésain, toujours avec le même désir secret. Quand, étant en classe de 3ème, un nouveau supérieur fut nommé, je me sentis aussitôt en confiance. Pourquoi ne pas aller m’ouvrir à lui ? Il fut surpris, bien sûr, par cette demande inédite, il m’écouta, me conseilla et, sans tarder, il se mit en contact avec la SMA.

JPEG - 73 ko
Portrait de Mgr Brésillac, SMA Illam à Karumathur (Inde).
Photo SMA Strasbourg

La réponse allait être positive. Une nouvelle route se présentait donc à moi. Bien sûr, il fallait découvrir cette Société Missionnaire, son Fondateur et ses réalisations. Ma première découverte, ce fut sa volonté ferme de tout consacrer à la mission, son obstination même, pour porter l’Évangile en « terre de mission », quoi qu’il en coûte ! Sa mort tragique, avec ses compagnons de voyage, semblait la fin de cette folle aventure. Mais une nouvelle aventure allait commencer, le relais était passé.

J.-M. Vianney, son contemporain qui devait le suivre quelques semaines plus tard dans son éternité, avait dit un jour : « Pour être saint, il faut être fou, avoir perdu la tête ! »

Après le témoignage exaltant de Mgr de Brésillac, mon choix se fortifia encore à l’évocation de cette légion de missionnaires enthousiastes qui lui avaient emboité le pas, cette foule qui, sans bruit ni publicité, « avait porté le poids du jour et de la chaleur ».

Personnellement, depuis 1954, la Providence a mis sur ma route un bel éventail de « figures missionnaires » qui ont construit l’Église en terre africaine, acceptant de « prendre les coups ».

Chaque missionnaire connaît la joie profonde des Apôtres, la joie du semeur qui a la certitude que la moisson sera belle. « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » [1]

Bernard BARDOUILLET

JPEG - 31.9 ko
Peinture murale à Nairobi.
Photo SMA Strasbourg

Notre fondateur, je l’apprécie pour son courage et pour l’intelligence qu’il a eue de sortir des sentiers battus. Avec pour conséquence le paradoxe qu’on ne lui est pas vraiment fidèle à l’imiter en redisant et refaisant simplement ce qu’il a dit et fait.

Louis KUNTZ

JPEG - 31.9 ko
Peinture murale à Nairobi.
Photo SMA Strasbourg

« Missionnaire du fond du cœur »

Mgr Melchior de Marion Brésillac est pour moi un modèle parce qu’il a su être un disciple de Jésus dans son incarnation, sa mission, sa passion et sa résurrection.

Cet homme a laissé un héritage important sur sa relation avec Dieu et avec les hommes. Il désira « être missionnaire du fond du cœur [2] ». Ce désir le brûlait si ardemment qu’il renonça à tout ce qu’il avait, famille, richesse, honneur, pour aller annoncer la Bonne Nouvelle aux plus abandonnés, en Inde puis en Afrique. En fait, il disait même à son père que « c’est un mal que de ne pas obéir à sa vocation [3] ». Toutefois, il ne voulait pas devenir missionnaire seulement sur le coup du désir qu’il avait de faire quelque chose pour l’Église, mais parce qu’il pensait que c’était la volonté de Dieu pour lui. Quelle conformité à la personne du Christ ! Brésillac m’a poussé vraiment loin dans ma relation avec Dieu et dans ma vie de disciple du Christ. Il m’a appris à m’abandonner à la providence divine et à ne désirer faire que la volonté de Dieu, au-delà de tous mes désirs.

Pour moi, il est un exemple à suivre, l’image du missionnaire que je veux être. Non pas un missionnaire de nom, mais un missionnaire de fait [4]. Un missionnaire qui, comme le Christ incarné, devient un parmi les plus abandonnés auxquels il est envoyé. Un missionnaire qui donne tout son être et non seulement ses capacités. C’est ce que Brésillac a fait en Inde et en Afrique et c’est ce qu’il m’inspire à faire aussi aujourd’hui.

Jacob SENOU
Centre Brésillac

JPEG - 31.9 ko
Peinture murale à Nairobi.
Photo SMA Strasbourg

« Un homme de conviction et de foi »

Oser dire un mot sur Melchior de Marion Brésillac est une entreprise passionnante. Toute sa vie et son parcours sont riches d’enseignements et j’en tire des leçons de vie pour la construction de ma personne.

Je retiens qu’il est un homme de conviction et de foi. Il a construit sa sécurité sur la Parole de Dieu. C’est cette confiance en Dieu qui lui a donné la force de tenir jusqu’au bout. Melchior de Marion Brésillac est un serviteur de Dieu sans faille. Il a rencontré beaucoup de difficultés. Il a marché dans les ravins de la souffrance et du désespoir. Il a enduré la fatigue du chemin pour arriver à concrétiser l’idéal de son rêve. C’est un homme rempli de vertus, telles que la foi, la charité, l’humilité, la force, l’espérance, l’obéissance, la joie… qui ont illuminé sa vie et ont constitué la boussole qui l’a orienté. C’est un homme rempli de sagesse et de discernement. Ces vertus ont fait de lui un missionnaire intrépide, zélé, au service de la mission et de l’évangélisation.

D’aucuns auraient pensé que son œuvre allait mourir mais, comme le dit saint Jean, « si le grain tombé en terre ne meurt pas il ne donne pas de fruit ». Ainsi la mémoire de Brésillac est tombée en terre sierra-leonaise et, depuis lors, l’œuvre à survécu.

Charlemagne BONOU
séminariste au Centre Bresillac (Bénin)

JPEG - 31.9 ko
Peinture murale à Nairobi.
Photo SMA Strasbourg

« En avance sur son temps »

Melchior de Marion Brésillac est ce type de missionnaire qui affecte celui qui veut œuvrer au sein de la SMA et attire son attention. A partir de trois grandes dimensions, spirituelle, missionnaire et sociale, je voudrais faire ressortir le caractère de ce grand serviteur de la mission.

L’image que j’ai de Marion Brésillac, en ce qui concerne son côté spirituel, n’est autre que celle d’un homme de prière, un homme de discernement qui n’agit que selon la volonté de Dieu.

Dans sa vie de mission, je retiens l’expérience qu’il a vécue de la prédication de la sainte parole : Melchior de Marion Brésillac est un homme prêt pour la mission, amoureux de la mission et de l’Évangile du fond de son cœur. C’est un homme qui ne fléchit pas devant les obstacles, prêt à se dépouiller de tout au profit de la mission. Il est heureux de voir les âmes qui se convertissent au christianisme ; il est prêt à partager sa terre de mission avec les autochtones… Avant qu’il ne se rende en Inde, il se donne quatre résolutions qui le guideront, dont l’une dit : « Employer tous mes moyens, toutes mes forces, toute mon étude à contribuer à la fondation d’un clergé indigène ».

Dans sa vie sociale, l’ami des intouchables est, pour moi, un homme qui était en avance sur son temps, s’abstenait d’actions injustes envers les plus démunis et éétait indifférent aux honneurs, un homme partisan de l’unité, un homme de dialogue, fidele à sa conscience…

Jean-Jacques ODIMBA KOMBE
en Année Spirituelle Internationale 2013-14 à Abomey-Calavi, Bénin

JPEG - 92.7 ko
Les 50 ans du Centre Brésillac, le centre spirituel SMA de Calavi (Bénin).
Photo Jean-Marie Guillaume

[1] Luc X 23.

[2] De Marion Brésillac, Souvenirs de douze ans de mission, p. 78.

[3] Lettre à son père, Castelnaudary, le 05 mai 1841.

[4] De Marion Brésillac, Selon votre cœur, p. 191.

Publié le 8 octobre 2014