Tourisme et solidarité. Bengale et Sikkim : une terre bénie des dieux et des hommes

Un groupe d’Alsaciens a effectué en mars un séjour de trois semaines à but à la fois touristique et humanitaire au Bengale-Occidental et au Sikkim, deux Etats dans le nord-est de l’Inde riches d’inestimables ressources naturelles et humaines. Parmi les étapes les plus marquantes figuraient la maison-mère des missionnaires de la Charité, le premier foyer des mourants et la première léproserie ouverts par Mère Teresa à Calcutta et alentour.

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Un Alsacien chez le barbier, au Sikkim.
Photo Colette Weibel

Après trois voyages depuis 2006 [1] dans les Etats dravidiens de Tamil Nadu, Karnataka et Kerala, le cap a été mis pour trois semaines sur la région à partir de laquelle la domination britannique s’était étendue durant deux siècles à toute l’Inde, jusqu’à son indépendance en 1947.
Sous la conduite avertie du Père Marcel Schneider [2] et de son jeune confrère indien Yesu, du district en formation missionnaire d’Inde du Sud, le groupe de 25 participants est parti de Calcutta, dans l’immense delta du Gange, pour gagner progressivement en altitude jusqu’à 3.600 m, dans les montagnes du bas et haut Himalaya, avant de replonger au niveau de la mer dans la jungle et réserve naturelle de Sunderban, qui borde au nord le golfe du Bengale.

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Lever de soleil sur les plus hauts sommets himalayens.
Photo Colette Weibel

Contrastes et syncrétismes, richesse et détresse

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Des rizières à perte de vue dans le delta du Gange.
Photo Colette Weibel
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Plantation de thé près de Darjeeling.
Photo Colette Weibel

L’organisateur du voyage avait proposé cette fois la découverte de deux des 28 Etats de l’Union indienne, très différents par leurs caractéristiques géographiques, climatiques, démographiques, économiques, sociales et religieuses. D’un côté le Bengale-Occidental surpeuplé, avec ses 90 millions d’habitants [3], son climat tropical rythmé par la mousson, ses basses terres couvertes de rizières, ses activités essentiellement agricole, industrielle [4] et tertiaire, ses profondes inégalités sociales, ses tensions interreligieuses [5]

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Le petit train de Darjeeling, qui serpente sur 80km à flanc de montagne, est classé patrimoine mondial de l’Uesco.
Photo Colette Weibel
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La station montagnarde de Darjeeling, réputée pour son thé et porte d’entrée du Tibet.
Photo Colette Weibel

De l’autre côté, le Sikkim, après Goa l’Etat indien le moins étendu [6], avec ses vallées profondes, ses montagnes escarpées dont les flancs abrupts ont été laborieusement aménagés en d’étroites terrasses pour les cultures, son climat subtropical à tempéré, son économie avant tout agro-pastorale mais aussi de plus en plus portée par le tourisme [7], ses « gompas », ou monastères bouddhistes, qui attirent de plus en plus de jeunes [8].

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A l’école bouddhique.
Photo Colette Weibel

[1] Plusieurs membres du groupe avaient participé à ces voyages.

[2] Le Père Marcel Schneider, ancien directeur du collège des Missions Africaines de Haguenau, avait déjà organisé les voyages précédents.

[3] Soit 1000 au km².

[4] Notamment sidérurgique.

[5] En particulier entre pratiquants de l’islam et de l’hindouisme majoritaire et religion d’Etat.

[6] Avec une superficie un peu inférieure à l’Alsace mais trois fois moins peuplé, à peine 600.000 habitants, en grande partie d’origine népalaise et tibétaine.

[7] Ce qui en fait un des Etats indiens au revenu par habitant le plus élevé.

[8] Et cela bien que le bouddhisme, pourtant religion officielle, y soit largement minoritaire par rapport à l’hindouisme : moins de 30% contre 60%.

[9] L’expression est de Jean-Marie Montavon, le géographe du groupe. Certains des voyageurs alsaciens avaient déjà eu l’occasion de vivre de tels contraste, à peine atténués, en Inde du Sud.

[10] Le Bengale est aujourd’hui partagé entre l’Inde et le Bengladesh.

[11] Le système des castes a pourtant été officiellement aboli dans la Constitution indienne de 1950.

[12] Après Bombay, Calcutta est la deuxième plus grande ville d’Inde : elle compte plus de 13 millions d’habitants mais concentre de jour 20 millions d’âmes.

[13] Ce genre de couverture résiste mieux aux pluies de mousson.

[14] Ce delta s’étend sur une surface égale à deux tiers de la France !

[15] Les responsables du temple continuent aujourd’hui de subvenir aux frais de fonctionnement de ce foyer d’accueil et de soin des déshérités.

[16] Des bénévoles de tous horizons rendent les mêmes services aux Sœurs, Frères et Pères missionnaires de la Charité fondés par Mère Teresa. A sa mort, en 1997, les missionnaires de la Charité étaient plus de 4.000 à travailler dans 610 missions que la Bienheureuse, béatifiée en 2003, avait érigées dans 123 pays. Elle aimait à les appeler « tabernacles de Jésus ».

[17] L’amour a pour but de servir.

[18] Mère Teresa fut Prix Nobel de la Paix en 1979.

[19] L’une d’elles une a joué dans le magnifique et émouvant film de Roland Joffé La Cité de la joie (1992).

[20] Elle n’y a pourtant jamais mis les pieds en 63 ans de règne !

[21] Kali est également surnommée la déesse sanguinaire.

[22] Dont les monts Everest (8.848m), Kanchenjunga (point culminant de l’Inde avec 8.598 m), Lhotse (8.501 m) et Makalu (8.475 m).

[23] On recense aujourd’hui moins de 170 tigres au Bengale.

Publié le 2 décembre 2013 par Etienne Weibel