Toussaint… au quotidien

Ah ! ces pieuses femmes toujours présentes et jamais en fuite comme les disciples, ces femmes qui révélèrent le royaume !

Il y a avait sa mère, die Unbefleckte, sans tache originelle, devenue Théotokos, Mère de Dieu, et ce n’est pas rien !

Il y avait Élisabeth, la cousine qui l’a fait trembler et tressaillir de joie dans le sein de sa mère au contact de la présence de l’autre prophète, l’annonciateur qui prépara le chemin, lui aussi dans le sein de sa mère.

Il y avait sa mère aux noces de Cana qui lui a permis de faire le premier signe avec ce vin délicieux qui emporta la foi de ses disciples !

Il y eut la Samaritaine et sa parole puisée, et sa parole donnée comme l’eau du puits.

Il y eut la Cananéenne [1], l’étrangère et la païenne, qui a ébranlé ses certitudes.

Il y eut l’escort girl [2] au parfum rare et subtil qui annonça le royaume à sa manière, et reconnut le Messie, l’oint de Dieu, en lui oignant les pieds messianiques. C’était sa façon - silencieuse - de professer la foi, car les gens comme elle ont priorité au Royaume, avec les pauvres.

Il y eut les deux femmes de Béthanie, Marthe la solide et Marie la mystique.

Il y eut Véronique la courageuse. Il y eut sa mère en silence et en pleurs sous la croix.

Il y eut les filles de Jérusalem, les premières au tombeau au matin de Pâques.

Il y eut Madeleine la pleureuse, mais la première annonciatrice de la résurrection.

On peut faire toute une litanie de ces pieuses femmes, saisies par la vraie piété qui est service et non pas extase, et toujours présentes aux moments cruciaux de son cheminement. Et peu importe leurs noms et leurs visages.

[1] La Cananéenne, fille des premiers possesseurs de cette terre qui furent massacrés et chassés par Josué pour en faire la « terre sainte » de leur possession première.

[2] Le nom moderne pour dire prostituée de luxe.

Publié le 14 février 2017 par Jean-Pierre Frey