Un Pape subversif

Il faudra se rendre à l’évidence, même si cela peut inquiéter, que nous avons un Pape subversif. Le Pape François veut mettre l’Église sens dessus-dessous. Il veut que le centre aille vers les extrémités et que les extrémités viennent au centre. C’est la voie même de l’Évangile, où les derniers deviennent les premiers et les premiers les derniers ; où le riche est renvoyé les mains vides ; où le pécheur s’en retourne justifié et le pharisien réprouvé. Une Église qui fasse la première place à l’exclu, au marginal. Une Église mère pleine de miséricorde pour les pauvres pécheurs que nous sommes tous. Une vraie bonne nouvelle pour ceux qui se croyaient perdus.

La question n’est pas de savoir si nous sommes d’accord avec cela ou non. La question est de savoir si cette Église, ce qu’elle aurait toujours dû faire, ira où le pécheur, celui qui n’est pas en règle avec la loi, s’entendra dire : ta foi t’a sauvé, tes nombreux péchés sont pardonnés, désormais ne pèche plus, va en paix.

Une Église capable de convertir, de subvertir et non seulement de dénoncer le mal. Une Église capable de régénérer et qui interpelle chacun de nous.

Le Pape François lui-même est désinstallé, comme quelqu’un qui est seulement de passage. Il loge à l’hôtel. Il faudra répondre aux plus critiques qui ne manqueront pas de faire remarquer que les vrais pauvres, les SDF ne logent pas à l’hôtel mais dans des abris de fortune ou qu’ils dorment sur le trottoir, sur les bouches d’égouts... : c’est le moins qu’il pouvait faire, mais c’est toute la différence... Ce sont les limites qu’impose la fonction.

Publié le 13 juin 2014 par Alphonse Kuntz