Bandeau
Société des Missions Africaines de Strasbourg
Slogan du site

La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

logo article ou rubrique
L’Espace Africain de Haguenau
Article mis en ligne le 26 avril 2009
dernière modification le 20 février 2014

par Jacques Varoqui

La collection d’objets ethnographiques africains a été fondée par les Pères des Missions Africaines. Elle témoigne de l’environnement culturel de l’œuvre des missionnaires alsaciens et lorrains en Afrique de l’Ouest. Elle est exposée à l’Espace Africain de la chapelle des Missions Africaines de Haguenau.

La collection est enfin ouverte au public depuis le 1e mai 2007, grâce à la mise en œuvre des vitrines que nous a offertes l’Association de la Chapelle des Missions.

L’entrée du musée.
Photo M. Heilig

Dans un premier temps nous allons présenter une sorte de tour d’horizon sur l’ensemble de la collection qui comporte des objets de Côte d’Ivoire et du Togo où ont principalement œuvré nos Pères. Quelques œuvres venant de pays voisins complèteront le paysage. La présentation sera volontairement faite à la manière ancienne des cabinets de curiosité, c’est à dire un peu fouillis pour montrer aussi ce qui va rejoindre les réserves jusqu’à une nouvelle opportunité d’exposition.

Vue de l’intérieur du musée.
Photo M. Heilig
Vue de l’intérieur du musée.
Photo M. Heilig
Vue de l’intérieur du musée.
Photo M. Heilig

Cette présentation globale sera modifiée pour céder la place au cours de l’hiver prochain à une sélection thématique, qui sera sans doute « l’art des religions africaines ». Pourront suivre d’année en année : l’art du tissage et de la vannerie, des pays forestiers, des pays de savane, des métalliers, des masques…

La collection n’ayant pas d’existence légale pour le moment, aucun droit d’entrée ne peut être perçu et aucun commerce exercé. Il faudra pour cela l’intégrer statutairement à une association SMA existante qui veille à l’intégralité de la collection et à son développement. Un panier sera donc présenté à la sortie. Notre petit musée sera jusqu’à nouvel ordre « un musée sans papiers ». Nous veillerons à ce que cela rentre dans l’ordre prochainement.

Les visites se font sur rendez-vous, de 14 à 18h, tous les jours sauf le samedi, le dimanche et le lundi. En hiver, d’octobre à fin avril, le musée est fermé, sauf entente préalable pour des groupes ne dépassant pas 30 personnes.

Logo de l’Espace Africain.
Dessin J. Varoqui

Contacts :
MISSIONS AFRICAINES
1 rue des Missions Africaines
67500 HAGUENAU
Tel. : 03 88 05 44 30

Pour l’instant, nous vous proposons une petite visite thématique, que nous complèterons ultérieurement.


Objets cérémoniels.
1. Masques.

Casque-janus.
Photo M. Heilig

Originaire de Lataha en Côte d’Ivoire, ce casque janus des fodonon-sénoufo est peint d’argile blanche et porte une chevelure blonde. Il évoque l’homme primordial, tel qu’il surgit du marigot avant de donner naissance aux lignages ethniques.

Casque-janus (détai du cimier).
Photo M. Heilig

C’est pour cette raison qu’il porte en cimier la représentation des génies du couple primordial des ancêtres. Les Fodonon se disent les plus anciens habitants de la terre sénoufo. Issus des eaux, ils ont disparu lorsque les humains ont découvert par curiosité leur beauté et voulu connaître le secret de leur savoir-faire initiateur des arts du feu en poterie et métallurgie.

Masque singe baoulé.
Photo M. Heilig
Masque singe baoulé (profil).
Photo M. Heilig

Le masque gbékré (singe) des Baoulé de Côte d’Ivoire est un symbole de bienfait et de bénédiction issu de la brousse dont il est un des génies. C’est un masque facétieux qui peut aussi singer les hommes dans leurs folies agressives. Il est alors très surprenant.

Masque chanteur.
Photo M. Heilig
Masque chanteur (profil).
Photo M. Heilig

Ce masque chanteur mahou-diomandé de la région de Touba, en Côte d’Ivoire, sort de la forêt ou se fait entendre la nuit dont il imite le chant des oiseaux. Il apparaît aussi lors de festivités, par exemple le retour au village des femmes initiées dont il chante les louanges et le courage comme une libération des ténèbres.

Masque bambara.
Photo M. Heilig

Ce masque bambara du Mali est anthropo-zoomorphe. Il représente une face humaine barbue surmontée de cornes alliées d’antilope. Il dit la tradition ancienne qui relie l’homme d’aujourd’hui à ses ancêtres comme eux mêmes étaient liés pour leur subsistance et leur richesse à l’existence des bovidés. Ce masque est signe de fécondité et de force pour un lignage traditionnel.

Masque Griaule.
Photo J. Varoqui

Ce masque dogon fait aussi partie de la collection. Atypique et récent, il est pourtant parfaitement authentique. Il ne s’inscrit pas dans un parallélépipède comme presque tous les masques dogon. Il est rond, le nez est grec, les yeux sont globuleux. C’est un masque commémoratif comme on en taille en l’honneur des chefs coutumiers pour les funérailles. Il porte en cimier les emblèmes qui caractérisent le personnage : le pigeon, la pintade et les petites cornes du céphalope, une antilope naine. C’était donc un chasseur.
En y regardant de près, on remarque une petite moustache et une barbe soigneusement taillée en collier. Chose inhabituelle, la couleur blanche domine dans la décoration.
Qui est-ce ? Il s’agit sans doute de l’effigie de Marcel Griaule, le père de l’ethnologie dogon.


Objets cérémoniels.
2. Autres objets.

Jumeaux éwé.
Photo J. Varoqui

Cette série de statuettes de “ jumeaux éwé ”, a été collectée en 1958 par le Père Ugo Bosetti à Kuwé au Togo. On les appelle “ vénaviwo ”, ou “ ouatchis ” chez les Gê d’Anécho. Traditionnellement, les jumeaux sont sensés être investis d’un “ esprit double ”. C’est toujours un peu inquiétant, surtout si l’un des jumeaux est décédé. Le survivant continue à bénéficier des pouvoirs de celui qui est mort. Ces statuettes sont des statuettes d’ancêtres. Dans la mesure où il est possible à un ancêtre de se réincarner, nous sommes toujours dans une logique de gémellité.
En 1940, il y eut de gros problèmes à ce sujet au Togo. La France, qui, après le départ des Allemands, imposait l’ordre républicain, ne comprenait pas très bien ces liens qui lient les vivants aux morts. Les Ewé résidant au Ghana aussi bien qu’au Togo, les ancêtres se répartissaient des deux côtés de la frontière. Cela provoquait des déplacements importants pour les funérailles et autres fêtes de famille, au point que certains ont envisagé la réunification du peuple éwé.
On est allé, en faisant une mauvaise interprétation de la pratique des sacrifices en l’honneur des défunts, jusqu’à croire qu’il s’agissait de cannibalisme, de “ mangeurs d’âmes ”… Tout cela est de la vieille histoire, bien entendu !

Statuette mossi.
Photo J. Varoqui

Au Burkina Faso, cette statuette mossi, aux formes suggestives, est une sorte d’embryon en bois. Les femmes stériles le mettent dans le pagne qu’elle roulent autour de la taille. Cette poupée est censée, par une sorte de télépathie, donner au ventre l’envie d’avoir un bébé.

Statuette éwé.
Photo J. Varoqui

Cette statuette éwé, du Togo, est la représentation d’un ancêtre bénéfique. Elle porte une clochette pour qu’on l’appelle et qu’elle guérisse les maux de gorge, des articulations et sans doute toutes les maladies.

Statuette ashanti.
Photo J. Varoqui

Cette statuette ashanti, du Ghana, est une représentation muselée d’un ancêtre auquel on interdit toute communication. Chargée de produits suspects dans le dos et sur le ventre, elle est entourée d’un filet de pêche et munie d’un cadenas. Pour la calmer, on a fait sur elle des offrandes de sang et de plumes de poulet.

Paniers.
Photo J. Varoqui

Ces deux petits paniers avec leur couvercle contiennent à leur tour deux paniers plus petits, avec une amulette “ maraboutique ” (petit sachet en cuir), du crin de cheval, des cauris (coquillages), une noix de karité liée avec du fil de coton (signe d’interdit), deux bagues en argent monétaire.
Ces paniers sont en usage chez les sénoufo-sandogo. Les sandogo sont une confrérie à majorité féminine qui gère les forces occultes. Détenus à domicile, ils permettent, lorsqu’on les ouvre, d’entrer en communication avec de puissants génies tutélaires auxquels on est spécialement voué par une initiation.

Peinture sur toile de Korhogo.
Photo M. Heilig

Toile peinte du village de Fakaha, dans la région de Korhogo, chez les Nafara-Sénoufo de Côte d’Ivoire. Illustration moderne du tohu-bohu primordial qui a précédé l’avènement de l’être humain et nécessité la spécification des espèces vivantes. Dans ce processus, le masque gboniugo, au centre, est un partenaire antique qui crache le feu pour faire régner l’ordre du bien. Il ressemble à un cynocéphale, le singe à face de chien. C’est un chasseur de génies malfaisants. Autour de lui la nature est luxuriante.

Peinture sur toile de Korhogo (détail).
Photo M. Heilig
Peinture sur toile de Korhogo (détail).
Photo M. Heilig
Peinture sur toile de Korhogo (détail).
Photo M. Heilig
Peinture sur toile de Korhogo (détail).
Photo M. Heilig

Coutumes funéraires.

Tête en céramique yoruba.
Photo M. Heilig
Tête en céramique yoruba (dos).
Photo M. Heilig

Cette poterie yorouba a une fonction funéraire très importante. Elle est placée sur le cadavre et représente un ancêtre très puissant. Son pouvoir est d’éloigner le mal devant et derrièresoi : que l’on soit mort ou vivant, on a besoin de cela dans la vie présente et future. En invoquant la mémoire de cet ancêtre on est pratiquement protégé de tout. La communication est très forte. Les Yorouba du Bénin et du Nigeria sont les successeurs de la fameuse culture d’Ifé, qui pratiquait déjà l’art de cette céramique funéraire au Moyen-Age.

Janus funéraire.
Photo J. Varoqui

Au Ghana, ce Janus funéraire, lui aussi en terre cuite, avait la même fonction que la poterie yoruba.

Janus funéraire (détail d’un des visages).
Photo J. Varoqui
Janus funéraire (détail de l’autre visage).
Photo J. Varoqui
pagne funéraire malinké.
Photo M. Heilig

Voici enfin un pagne funéraire malinké de Côte d’Ivoire, dans lequel on emmaillotait le défunt. Ce pagne est récent et peint de représentations qui décrivent, avec un graphisme moderne, la procession funèbre et la mise au tombeau.


Instruments de musique.

Grosse calebasse.
Photo M. Heilig

L’Espace Africain présente une belle collection d’instruments de musique africains. Les calebasses, de différentes tailles, sont entières. Elles sont recouvertes d’un filet dans lequel sont accrochés des cauris ou des graines. Ces instrument servent à la divination.

Petites calebasses.
Photo M. Heilig
Tambour en iroko.
Photo M. Heilig

Les percussions sont représentées par les tambours, les cloches et les balafons. Le musée expose un petit tambour en bois d’iroko, tendu d’une peau d’antilope, qui vient du Sud-Togo, et un autre, beaucoup plus gros.

Grand tambour.
Photo M. Heilig
Tambour à cordes pour retendre la peau.
Photo M. Heilig

Sur un troisième, que l’on porte en bandoulière, un réseau de cordes, tout autour de la caisse, permet de retendre la peau.

Grosse cloche.
Photo M. Heilig

Les cloches que nous présentons sont des cloches en fer du Nord-Togo. Pour obtenir un son et rythme, le joueur passe l’anneau à son pouce et le cogne contre la cloche. La petite cloche est utilisée de la même façon, mais réservée à la divination.

Petite cloche.
Photo M. Heilig
Harpe.
Photo M. Heilig

Il existe aussi des instruments à vent et à cordes, comme cette petite harpe.

Balafon.
Photo M. Heilig

Le balafon est une sorte de xylophone, très proche de la marimba d’Amérique du Sud. Des calebasses, en dessous des lattes, servent de caisses de résonance. Il existe des instruments de différentes tailles. Plusieurs peuvent jouer ensemble, comme on le voit sur cette photo de cérémonie au Togo.

Musicien à l’église de Timbé (Togo).
Photo J.-M. Guillaume

Vie quotidienne

Cuisine africaine.
Photo M. Heilig

Sous une belle natte en fibre de paille, un petit coin rassemble les ustensiles de cuisine que l’on peut voir en entrant dans la cour d’une concession villageoise. Il est bon de remarquer les trois fourneaux de fabrication locale pour économiser le bois de chauffe. Il y a aussi une pierre à moudre le grain et, juste à côté, contre le mur une échelle pour monter dans les greniers.

Porte de grenier sénoufo.
Photo J. Varoqui

La porte de grenier vient du Mali. Elle représente la cosmogonie du peuple dogon. Proche de la boucle du fleuve Niger et soucieux de l’importance vitale de l’eau, la porte présente dans des frises verticales, à droite et à gauche, l’évocation de vagues et d’animaux aquatiques, crocodile, tortue, serpent. De haut en bas et horizontalement et de droite à gauche, elle présente un premier registre d’initiés au mythe des aigles encadrés par la figuration du couple primordial. A droite est représentée l’entité de la puissance divine qui a généré ce qui existe entre ciel et terre.
Au deuxième registre, on trouve deux seins généreux qui représentent la fécondité de l’entité féminine parèdre de la divinité. A gauche, dans la serrure, un couple accomplit l’acte naturel de la procréation.
Le troisième registre représente des couples d’ancêtres issus et procréateurs du peuple.
Le dernier registre représente des scènes de la vie quotidienne : labourage, tissage, forge, pêche et administration. L’objet n’est pas très ancien mais il dit bien ce qu’il faut comprendre.

Vêtements et parure.

Kita.
Photo M. Heilig
Pagne kita (détail).
Photo J. Varoqui
Pagne kita (détail).
Photo J. Varoqui

L’Espace Africain expose divers vêtements, dont plusieurs exemplaires des superbes pagnes kita du Ghana. On les trouve dans toute l’Afrique de l’Ouest, mais particulièrement au Ghana, au Bénin et au Togo. Ce sont des habits d’apparat, que l’on drape autour du corps un peu comme une toge, lors des funérailles par exemples.

Cotonnade industrielle.
Photo J. Varoqui

Moins luxueuse, cette cotonnade industrielle vient de Côte d’Ivoire. Elle est peinte traditionnellement à l’indigo et brodée à la machine à coudre.

Tenue de parade sénoufo.
Photo J. Varoqui

Voici une tenue de parade sénoufo, tissée au fil de coton industriel à Varaniéné, près de Korhogo (Côte d’Ivoire). Le bleu indigo est une teinture faite localement.

Tenue de parade sénoufo (détail).
Photo J. Varoqui
Tenue d’ancien sénoufo.
Photo J. Varoqui

Entièrement tissée à la main, cette tenue d’ancien de village est un produit de l’artisanat sénoufo, en Côte d’Ivoire. A l’exception de la bande centrale, qui est en fil de coton industriel, tout est fait à la main, depuis le filage du coton naturel jusqu’au tissage et à l’assemblage.
Tous les tissus présentés sont réalisés de la même façon, en bandes tissées et cousues ensemble pour obtenir une pièce de grande taille. Des tisserands ambulants vont de village en village. Ils installent leur métier et tissent à la demande.

Tisserands ambulants en Côte d’Ivoire.
Photo J.-P. Frey
Chasuble en écorce.
Photo J. Varoqui

En écorce d’arbre frappée, cette robe-chasuble et décorée au tampon de bois avec des teintures végétales. Les coutures sont faites à la main. Elle vient du Togo.

Chasuble en écorce (détail).
Photo J. Varoqui
Bracelets.
Photo M. Heilig

Parmi les bijoux, nous avons choisi quelques bracelets. La plupart sont en bronze moulé et gravé.

Bracelets.
Photo M. Heilig

Objets récents.

Statuettes de colons en bois.
Photo M. Heilig

On ne saurait évoquer les cultures africaines sans mentionner le temps de la colonisation et l’époque contemporaine. Avec les statuettes en bois qui représentent des colons, l’artisant africain se rapproche de la caricature.

Lampe à pétrole.
Le réservoir est une ampoule électrique.
Photo M. Heilig
Lampe à pétrole.
Le réservoir est une ampoule électrique.
Photo M. Heilig

Les Africains d’aujourd’hui ont poussé l’art de la récupération à un niveau assez élevé : ils donnent avec beaucoup d’ingéniosité et un goût certain une seconde vies aux objets dont l’industrie occidentale inonde leur marché. Avec le fer blanc, découpé et refaçonné, ils créent des objets utilitaires, des lampes à pétroles, par exemple, dont certaines réutilisent aussi de vielles ampoules.

Lampe à pétrole.
Photo M. Heilig
Lampe à pétrole.
Photo M. Heilig

On fabrique aussi des jouets surprenants. Le musée possède une belle collection de motos, de voitures et de camions en tôle.

Voiture en tôle de récupération.
Photo M. Heilig
Moto en tôle de récupération.
Photo M. Heilig
Camion en tôle de récupération.
Photo M. Heilig
Moto en tôle de récupération.
Photo M. Heilig
Voiture en bois et en tôle de récupération.
Photo M. Heilig
qrcode:https://missionsafricaines.org/L-Espace-Africain-de-Haguenau



pucePlan du site puceContact puce RSS

2001-2019 © Société des Missions Africaines de Strasbourg - Tous droits réservés
Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 4.3.15
Hébergeur : SpipFactory