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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Les Missions Africaines : 100 ans de présence au Togo
Article mis en ligne le 30 septembre 2019

par Marc Heilig

Après la Première Guerre Mondiale, la colonie allemande du Togoland est divisée en deux ; la partie orientale passe sous administration française et conserve le nom de Togo [1]. Les missionnaires allemands du Verbe Divin doivent quitter cette région où ils avaient beaucoup travaillé. Leurs missions se retrouvent sans prêtres.

Brève histoire de l’Église au Togo

C’est aux Missions Africaines qu’est confié ce nouveau territoire colonial français. Dans un premier temps, Mgrs Hummel et Steinmetz envoient des missionnaires de leurs vicariats [2] pour parer au plus pressé. En 1921, Mgr Cessou est nommé Administrateur, puis Vicaire Apostolique du Togo. Le pays est attribué à la Province SMA d’Alsace-Lorraine en 1927. Dès lors, la majorité des missionnaires viennent de l’Est de la France [3]. Mgr Cessou dispose de peu d’hommes et de moyens restreints mais il s’engage résolument dans la promotion humaine et les écoles, comme l’avait fait le Verbe Divin avec l’École Professionnelle de Lomé et l’École Normale des catéchistes d’Amoutivé. Il confie aussi des internats, des écoles et des dispensaires à des Sœurs.

Sans délaisser les missions existantes, il envoie des missionnaires dans le nord, où l’influence du christianisme s’est jusqu’alors fait peu sentir. La Préfecture Apostolique de Sokodé est ainsi créée en 1937. Mgr Strebler, qui en est le premier Vicaire Apostolique, fait accepter l’école aux chefs africains par le biais des soins médicaux. Sous son mandat s’ouvre à Yadé l’école des Petits Clercs, qui sera la pépinière du clergé du Togo nord [4].

Le Collège St-Joseph à Lomé
Photo SMA Strasbourg

Le Togo comprend désormais deux juridictions apostoliques, l’une à Sokodé au nord, et l’autre à Lomé au sud. Celle-ci est plus développée mais a besoin d’être réorganisée, une tâche à laquelle Mgr Cessou travaille sans relâche. A sa mort, en 1945, Mgr Strebler prend sa succession et poursuit son œuvre envers la jeunesse, la famille chrétienne et l’enseignement. Il crée pour les garçons le Collège St-Joseph à Lomé et, pour les filles, l’institution N.-D. des Apôtres à Amoutivé. En 1955, l’Église du Togo devient une province ecclésiastique autonome, avec Mgr Strebler pour archevêque. Il fait venir des renforts missionnaires et favorise le développement de la presse catholique : le mensuel Présence chrétienne paraît en 1960.

Sokodé devient évêché en 1955 ; son premier évêque est Mgr Lingenheim. Avec l’arrivée de nouveaux missionnaires, il parvient à augmenter sensiblement le nombre des stations et des écoles. Il profite en cela de la naissance de nouveaux villages car l’administration déplace une partie des Kabyès vers des terres disponibles. L’évangélisation progresse si bien qu’il doit faire appel à d’autres congrégations. Ainsi, en 1960, le diocèse de Sokodé est scindé en deux : la Préfecture Apostolique de Dapaong est érigée au nord et confiée aux Franciscains, avec le P. Barthélémy Henrion a sa tête. Il en sera le premier évêque en 1965, lorsque Dapaong deviendra évêché.

Le Togo devient indépendant le 27 avril 1960. Grâce à Mgr Strebler, l’État et l’Église restent en étroite collaboration. Rome encourage les évêques missionnaires à céder leur place à des évêques du pays. Mgr Strebler démissionne en 1961 ; Mgr Dosseh lui succède en 1962 sur le siège de l’archevêché de Lomé. En 1964, Mgr Lingenheim donne sa démission à son tour ; il est remplacé par Mgr Bakpessi, auquel succède Mgr Djoliba en 1993.

Le diocèse d’Atakpamé est créé en 1964. Il occupe le nord de celui de Lomé et empiète sur celui de Sokodé. Le premier évêque est Mgr Atakpah ; Mgr Kpodzro lui succède en 1977. Trois autres diocèses seront érigés en 1994 en raison du fort développement des régions concernées. Mgr Assi est le premier évêque du diocèse de Kara, dans le nord de celui de Sokodé ; Mgr Talkena prend sa suite en 1997. Le sud du diocèse d’Atakpamé forme le diocèse de Kpalimé, avec Mgr Seshie pour évêque, puis Mgr Alowonou en 2001. Le diocèse d’Anécho, enfin, prend la partie sud-est de celui de Lomé ; son premier évêque est Mgr Hounnake, auquel succède Mgr Dossavi en 1996.

L’action de la SMA au Togo se poursuit néanmoins. Dans le diocèse de Lomé, le clergé diocésain augmente et les membres de la SMA diminuent, bien que des confrères y soient toujours envoyés. En 1970, ils s’occupaient encore de quelques paroisses, comme Nyékonakpoé, Bè, Noépé ou Togoville ; en 1980, ils ne tiennent plus que celle de Marie Reine du Monde à Bè, qui sera laissée au clergé diocésain en 1983. La SMA établit pourtant en 1997 une équipe de missionnaires dans la banlieue de Lomé et lance la paroisse Ste Thérèse de l’Enfant Jésus. Début 2003, 5 prêtres s’occupent de cet immense quartier. Une vaste église est construite à Adamavo et un grand centre SMA à Agodéké, lieu d’accueil et de rayonnement pour l’animation missionnaire et la recherche de vocations.

La situation est bien différente dans les autres diocèses. La SMA essaie d’affecter à celui d’Atakpamé le plus de personnel possible et envoie plusieurs jeunes missionnaires dans celui de Sokodé. En 1999, une équipe SMA est constituée pour prendre en charge le secteur de Tchébébé, au sud de ce diocèse, avec plusieurs objectifs : constituer des communautés chrétiennes dans chaque village ; poursuivre l’essor des écoles catholiques et y assurer la catéchèse ; s’engager dans le développement : forage de puits, dispensaires, aide scolaire et sanitaire...


L’action de la SMA au Togo

Former un clergé togolais fut dès l’origine une des priorités de la SMA. C’est à Mgr Cessou qu’on doit les premières ordinations [5] ; il s’inscrivait ainsi dans la ligne de Mgr de Brésillac. Mgr Strebler ouvrit dans la région de Sokodé les Petits Clercs, où l’on accueillait des enfants en vue du sacerdoce ; il continua dans ce sens en créant le petit séminaire St Pierre Claver à Togoville [6]. De même, dans le diocèse de Sokodé, Mgr Lingenheim, ordonna deux prêtres togolais [7].

L’enseignement fut aussi une des grandes préoccupations de la SMA et, parallèlement, les mouvements de jeunes. La fondation, en 1948, du collège St-Joseph de Lomé reste dans ce domaine un événement essentiel. Beaucoup de missionnaires SMA, notamment de la Province de Strasbourg, y furent envoyés pour enseigner. Depuis sa création, ce collège a formé une bonne part de l’élite de la nation togolaise. Mgr Strebler est aussi à l’origine du Foyer Pie XII à Lomé ; inauguré en 1954, c’est un lieu pour les conférences publiques sur de grandes questions sociales et culturelles.

Les missionnaires créèrent aussi des écoles dans les missions qu’ils ouvraient partout dans le pays. Ce furent souvent des écoles de brousse, au début du moins. Elles traduisent néanmoins une attention constante envers les enfants et leur formation. Les adolescents et les adultes n’étaient pas oubliés. Le P. Cuenin entreprit ainsi une œuvre originale en ouvrant en 1991 à Yao-Kopé, près de Sokodé, le Village Renaissance, où des prisonniers récidivistes peuvent suivre une formation et prendre un nouveau départ. Les Pères SMA firent appel à de nombreuses congrégations de Sœurs, qui apportèrent une aide appréciable, travaillant à l’éducation des femmes et dispensant des soins médicaux.

L’église Ste-Thérèse d’Adamavo en construction
Photo Gérard Bretillot

Tout cela accompagne en réalité une véritable volonté de participer au progrès du pays. Les Missions Africaines se sont fortement engagées dans cette voie : à partir de 1961, les jeunes missionnaires SMA doivent suivre un stage de formation à Lomé. La fondation de missions non seulement favorise le développement de communautés chrétiennes, mais concourt aussi à transformer la vie quotidienne. Dans les missions, les Pères entretiennent vergers et jardins, ils construisent églises et chapelles, écoles, dispensaires, logements pour les catéchistes, centres sociaux. Ils ouvrent des routes, bâtissent des ponts, forent des puits, installent l’adduction de l’eau… Le P. Perrin reste à ce sujet dans toutes les mémoires : on ne compte plus ses réalisations dans la région de Sotouboua, jusqu’au grand projet d’une université. Les Pères SMA ont encore contribué à la reconnaissance des langues locales : ils les apprennent et les parlent, et en établissent des grammaires. Ils n’hésitèrent pas à aller dans les régions les plus reculées et à travailler en faveur des minorités, comme les lépreux à Kolowaré, les réfugiés à l’ouest de l’Anié ou les Yorubas à Cambolé...

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