Nouvelles de famille

Pierre KUNEGEL à Kombolokoura (Côte d’Ivoire)
Voici à peine quelques semaines que je suis de retour à Kombolokoura. Mon frère ayant dû être opéré d’urgence, j’ai préféré retarder mon départ. Cela m’a permis d’être proche de lui et de la famille. Je n’ai pris le départ que le 19 octobre, alors qu’il y avait des signes d’amélioration pour sa santé.
Arrivé à Abidjan dans la nuit, j’avais hâte de retrouver ma Mission, car cela faisait déjà pas mal de temps que les communautés étaient sans prêtre. J’ai rejoint Kombolokoura sous des trombes d’eau et une piste inondée, en mauvais état, si bien que j’ai mis 2 heures pour parcourir les 34 derniers kilomètres !
Le lendemain, dimanche, j’ai célébré la messe à la paroisse. Dès lundi, il fallait tout remettre en route : groupe moteur, pompe à eau, nettoyage de la Mission, redémarrage du jardin... Le verger, âgé maintenant de huit ans, donne différents fruits, ce qui est très appréciable.

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La mission de Kombolokoura.
Photo P. Kunegel

Dans ma lettre de Noël 2008, je vous avais annoncé le début de la construction d’une grande chapelle de 300 places, à Dassoumgboho, village destiné à devenir un jour paroisse. Les travaux avaient avancé très rapidement, si bien que le dernier dimanche de 2008, alors que les fenêtres et les portes n’étaient pas encore posées ni le sol cimenté, nous avons pu célébrer une messe à l’intérieur. Nous avions ce jour-la une assistance de 180 personnes, les briques et les planches servant de bancs.
La construction étant terminé début mars, nous avons pu la bénir le 19 mars, jour de la St Joseph. Les semaines suivantes, à chacune des célébrations, nous n’avions jamais moins de 220 assistants, souvent la chapelle était quasiment pleine, si bien que je me suis interrogé pour savoir si elle n’était pas déjà trop petite ! Pour le Chemin de Croix du Vendredi Saint au matin, l’église faisait presque le plein, alors que c’était la première fois qu’il y avait une cérémonie, pendant la Semaine Sainte, dans ce village.

En même temps que la construction de l’église, j’ai fait réhabiliter un bâtiment scolaire de 3 classes à Pignon, 7 km plus loin, et on a pu y affecter à nouveau 3 enseignants, en attendant que le 2e bâtiment de l’école soit remis en état. J’ai eu droit à des remerciements très appuyés de la part de mon ami, le chef musulman du village.

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Le jardin du P. Kunegel.
Photo P. Kunegel

Dans un proche avenir, je vais commencer la construction d’une chapelle à Nidyon, dont le chef du village avait fait appel, en 1973, au Père Pierre Lévêque. Cette première visite d’un prêtre a été à l’origine de la fondation de la Mission de Kombolokoura. Le village est situé à environ 12 km de la Mission et la future chapelle pourra servir à plusieurs villages dont deux situés à proximité.

Comme chaque année, je vais célébrer la messe de la nuit de Noël en plein air, sous un ciel étoilé, à Wayéri cette fois, village situé dans le secteur nord de la Mission. Elle sera offerte spécialement pour tous les bienfaiteurs vivants et défunts de la mission.

Ernest KLUR à Tiemé (Côte d’Ivoire)
Hier la nouvelle est tombée : mon frère Alphonse, né en 1942, domicilié à Poligny, est décédé ce 13 décembre à l’hôpital à Besançon suite à un cancer. Prions pour lui. Il connaissait bien les Missions Africaines et était surtout en lien avec la Province de Lyon, abonné à l’Appel de l’Afrique et il amenait souvent ses élèves au Musée du 150 cours Gambetta.

Mon audit sur la comptabilité diocésaine s’est bien passé, et avec l’arrivé de Mgr Antoine Kone, j’ai été libéré de ma charge d’économe diocésain afin de pouvoir m’adonner pleinement à la pastorale de ce secteur : quatre sous-préfectures, Tiemé et Madinani où déjà les communautés commencent à revivre – avec les personnes venus du sud – dans ce secteur très islamisé, mais il reste encore Seguélon et Gouliah.

Pierre BOUTIN à Dikodougou (Côte d’Ivoire)
La France est affectée par la grippe AH1N1 : ici, on annonce une épidémie de fièvre jaune dans la région d’Odienné, avec 10 décès. On a pensé un peu trop vite que cette endémie avait rejoint la peste et la variole au cimetière des affections éradiquées... Il y a aussi beaucoup de cas de typhoïde (même chez les confrères sma) : les infirmiers n’ont pas été formés à en distinguer les symptômes de ceux du paludisme. Le système de veille sanitaire, et même de soins publics, a souffert de sept ans de conflit. Seul le SIDA semble mobiliser le personnel et les moyens des ONG.

L’harmattan a fait une petite incursion début novembre avant de refluer. À Korhogo, les pluies ont été juste suffisantes (un peu plus de 1000 mm) ; à Dikodougou, au contraire, la pluviométrie dépasse 1500 mm. Sur la route de Korhogo, au milieu de la piste, une source coulait, nous réservant des parties éprouvantes de gymkhana automobile.

Cette année encore, il ne s’est fait que très peu de coton dans la région. Bien que les arriérés de paiement des livraisons précédentes aient été à peu près apurés, la confiance dans les sociétés cotonnières sera lente à rétablir. Les écoles, malgré les problèmes de salaires ou d’indemnités qui ont affecté aussi bien le privé que le public, ont commencé les cours à la mi-octobre. Sur le plan ecclésiastique, nous avons eu la solennité des 30 ans de sacerdoce de notre archevêque, Mgr Marie-Daniel Dadiet (le 11 octobre) et une rentrée pastorale très attendue, le 16.

Que le Seigneur vous apporte cette année ce que vous souhaitez pour vous ou vos proches. Pour nous, si 2010 débouchait sur des élections justes, paisibles et incontestables, nous serions comblés.

Publié le 1er mars 2010