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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Nouvelles de la famille SMA.
Article mis en ligne le 26 février 2009
dernière modification le 16 septembre 2010

Gérard BRETILLOT, paroisse Sainte Thérèse à Lomé.

Fin mai je prenais l’avion pour un congé qui a duré cinq mois. J’en ai profité pour me faire opérer de la tyroïde. Tout s’est bien passé et j’ai été bien accompagné.
Début juin je me suis rendu sur la tombe de mon frère Pierre, Frère des Ecoles Chrétiennes, qui nous avait quittés le 7 avril. Sa vie a été bien remplie. Je le revois accompagnant les groupes de jeunes à travers le monde. Nous avions eu la joie de l’accueillir trois fois au Togo avec les jeunes pour des chantiers à Blainvié et à Saoudè.

En 2008, les communautés chrétiennes se sont beaucoup développées. Toutes les chapelles et églises deviennent trop petites. Il faut dire que la population du secteur est passée à cent cinquante mille habitants. Sur le plan pastoral, nous avons du mal à suivre. Il y a plus de deux mille cinq cents catéchumènes avec cent quatre-vingt catéchistes. Nous restons à trois confrères et trois autres confrères de la maison régionale nous donnent un coup de main le dimanche. Nous avons cette année un stagiaire sma de Zambie. Cette situation nous oblige à compter beaucoup sur les laïcs dont plusieurs ont reçu une bonne formation.
Il y a quinze jours, 30 couples se sont retrouvés pour une formation. C’est eux qui seront chargés d’accompagner les couples cette année. En plus de la pastorale nous avons deux chantiers de construction d’église. Fin mars nous avions terminé le gros œuvre à l’Eglise d’Adamavo et nous nous préparons très prochainement à poser la toiture. Les chrétiens d’Adamavo se mobilisent de plus en plus. Avant mon départ en congé, ils ont organisé une kermesse qui a rapporté trois mille cinq cents euros. Hier, ils m’ont remis un chèque de sept mille six cent euros.
En juin ce sont les chrétiens d’Agodéké qui sont venus nous bousculer pour que nous acceptions qu’ils démarrent leur église. Nous étions un peu sceptiques car ils n’avaient pas beaucoup d’argent en caisse. Mais contre toute attente, l’église s’élève et nous pensons arriver à la toiture dans deux mois, après quoi nous ferons une pause.

L’église d’Adamavo.
Photo J.-M. Guillaume

La question des écoles nous tient également à cœur. Grâce à l’aide de l’association « Amour Sans Frontière » qui ne ménage aucun effort pour que les enfants puissent travailler dans de bonnes conditions, nous avons terminé deux groupes scolaires de quatre cents cinquante élèves chacun. Le 4 novembre passé, une délégation d’Amour Sans Frontière était présente pour inaugurer l’école d’Ablodessito, un quartier pauvre d’Adamavo. Pour la circonstance, les élèves ont bien dansé pour manifester leur joie et remercier leurs bienfaiteurs. Cette année encore le secteur d’Adamavo et d’Afanoukopé a été touché par les inondations qui sont venues non pas en octobre mais fin juin. Les deux écoles que nous avions construites dans le secteur ont permis d’accueillir de nombreuses familles en difficultés.
Avec l’aide de cette association nous venons de lancer un centre d’apprentissage à Avépozo : le Centre Gracia. Les responsables s’engagent à donner une for-mation gratuite aux jeunes déshérités et orphelins du secteur. Une aide est apportée également aux victimes du SIDA qui sont suivis par une équipe de la paroisse.

Materne HUSSHERR à Lomé.

Merci à ceux et celles qui m’ont envoyé leurs vœux pour mes 75 ans en juin dernier. Je suis toujours semi-actif, mais après 48 années de présence et de travail au Togo, j’ai besoin de m’asseoir et de voir pour la suite. Je viendrai en France au printemps et prendrai mon temps pour faire faire un bilan de santé dans les domaines où je suppose que c’est nécessaire.

La maison régionale sma de Lomé-Bè.
Photo J.-M. Guillaume

Notre équipe sacerdotale se compose de cinq prêtres (plus un demi : c’est moi), deux Français et trois Africains. Nous sommes en charge d’un secteur de six villages dans la grande banlieue est de la capitale : Lomé. Les célébrations sont nombreuses et très matinales. Les dimanches à 6h, il y a toujours foule. En semaine à 5h45, on compte en moyenne 80 personnes. La catéchèse, la formation, les sacrements, les enterrements et l’administration sont un domaine plus que lourd et en grand format, difficile à soigner comme il le faudrait… Mais dans toutes nos communautés nous avons des noyaux solides composés de gens qui en veulent et qui collaborent avec conviction et efficacité dans les différents domaines des activités paroissiales et pastorales.
Pour le commun du peuple, il y a le problème de l’augmentation des prix des denrées de première nécessité. Et comme les familles ont souvent pas mal de bouches à nourrir, vous voyez la situation. La scolarité des en-fants et la santé familiale pèsent également lourdement sur le budget. (D’après le J.O. du 14 août 2008, le SMIG est de 42,70 € au Togo !)

Alphonse KUNTZ à Saoudé (Togo).

A la croisée de deux années, n’est-il pas bon de recueillir en une seule action de grâce au Seigneur tout le bien dont nous avons bénéficié en l’an 2008 et de vous en remercier aussi ? Votre générosité a permis à des élèves nécessiteux et à des malades d’être secourus à hauteur de 1645 euros et de 927 euros sans compter 1070 euros pour divers secours.

Ces derniers mois les prix courants ont tellement grimpé que tout ce qui reste au grand nombre c’est un dénuement encore plus grand… Comme l’a écrit, il y a un an déjà, un confrère de Côte d’Ivoire, « la montée des prix va encore enfoncer un peu plus ceux qui n’ont pas grand chose… » A la montagne, bien des jeunes doivent abandonner des activités qui étaient intéressantes, telles le maraîchage et d’autres.
On dirait que l’Afrique se vide de sa substance, détournée au profit d’un petit nombre qui n’est déjà plus d’ici, un peu comme dans la tradition les « sorciers » s’emparent de la substance de leurs victimes pour en nourrir leurs démons. Pas étonnant que nous soyons journellement assaillis par ceux qui peinent à survivre.
D’un certain côté, le pays ressemble à un bateau qui aurait fait naufrage, dont les épaves dérivent. Nous avons la chance d’être dans des canots de sauvetage auxquels tentent désespérément de s’agripper des grappes de naufragés.

L’église de Saoudé.
Photo J.-M. Guillaume

Le diocèse de Kara a eu la délicatesse de nous demander d’organiser une eucharistie en mémoire du Père Charles Cuenin qui a débuté son ministère en Afrique à Saoudè, comme vicaire du Père Albert Reiff. Nous avons retenu la date du 7 mars 2009. Nous avons pensé vous informer pour que ce jour-là vous puissiez vous unir à notre prière.
Après la messe, dans la tradition de la montagne, nous danserons le Père Charles. La bière de mil coulera. Vous ne pourrez sans doute pas la partager avec nous à moins que vous ne fassiez le voyage ; ce qui nous comblerait. Sinon, vous pourrez partager avec nous d’une manière que votre cœur vous dictera. Merci d’avance de vous joindre à nous.

Pierre KUNEGEL à Kombolokoura (Côte d’Ivoire).

La situation de crise qui dure depuis plus de six ans maintenant est en train de s’éterniser. Les hommes qui sont en charge de la nation ont l’air de s’y complaire. Les rebelles et les milices gouvernementales n’ont toujours pas déposé les armes. Le parti présidentiel et les rebelles qui ont pris la décision de régler le problème entre eux deux sont plutôt d’accord pour retarder la solution parce qu’ils ne sont pas sûrs de l’issue d’une élection sous contrôle international. Le chef rebelle devenu Premier Ministre se trouve à l’aise dans son fauteuil. A croire que les deux camps ont tout intérêt à ce que la crise perdure. Les autres partis politiques sont apathiques et aphones. Non seulement ils ne prennent pas d’initiatives, mais en plus ils sont bridés à la télé et dans les medias gouvernementaux.
L’administration commence enfin à pointer le bout de son nez. Le sous-préfet est venu, fin novembre, dans notre village pour un premier contact ! Mais les fonctionnaires continuent à traîner les pieds en faisant de la surenchère sur les primes qui leur étaient promises. Les écoles ouvrent timidement mais souvent avec un manque de personnel.

La mission de Kombolokoura.
Photo P. Kunegel

En ce qui concerne les faits marquants de l’année, il y a d’abord l’accident de voiture que j’ai eu le 1er février 2008 alors que je rentrais d’une rencontre avec les confrères à Abidjan. Parti très tôt le matin, j’étais bloqué dans des files de camions, arrêtés aux nombreux barrages des forces de l’ordre qui « contrôlent » les camions qui ont déjà été contrôlés plusieurs fois et qui bloquent la circulation.
Tout au long de la route dont le bitume est défoncé, les camions slaloment dangereusement pour éviter les nombreux trous. Ce n’est que vers 17h30 que j’arrive enfin à l’entrée de Korhogo. La tension nerveuse tout au long de la route a eu raison de ma vigilance qui a fait relâche et je me suis assoupi à moins de 2 km de l’arrivée. J’ai cogné dans le trottoir d’un pont et j’ai dû faire remorquer le véhicule, bien abîmé, jusqu’au garage.

Le 4 mars 2008 nous avons appris le décès de mon prédécesseur à Kombolokoura, le Père Henri Peter, prêtre Salésien. Quelques jours plus tard, nous avons organisé une grande et belle veillée de prières qui s’est terminée le lendemain matin par la bénédiction et la procession des Rameaux.
Le 6 avril j’ai été invité à Kabolo, un village qui fait partie de la paroisse de Timbé (diocèse de Katiola) et que je visitais déjà en 1963. J’ai eu la joie d’assister à la première messe du 4ème prêtre de cette mission.
Depuis le départ du Père Gino, le 23 avril, je me retrouve seul à la mission avec 37 villages à desservir. Grâce à la compréhension de la population et avec l’aide des catéchistes, j’ai pu réorganiser le fonctionnement de la paroisse.
Le 29 juin, j’ai eu la joie de baptiser 26 adultes, dont 24 femmes dans la petite église de Pygnon, tous étant déjà mariés. Ce fut une très belle cérémonie et le chef du village, musulman, nous a épatés une nouvelle fois en venant, avec ses notables, encourager les chrétiens à la fidélité.
Suite à cela, en juillet, et en l’absence de l’Archevêque empêché, j’ai béni les deux chapelles que j’avais terminées fin avril. Ce furent deux belles fêtes pour tout le secteur, avec une grande affluence venant des villages environnants.

Le 27 octobre nous avons commencé la fabrication des agglos pour la construction d’une église de 21 mètres sur 10. Ce sera la 1ère pierre d’une nouvelle mission dédiée à St Joseph, à Dassoumgboho, village destiné à devenir paroisse dans un proche avenir. Elle englobera tous les villages du secteur que je visite depuis mon arrivée à Kombolokoura.
La construction avance vite et s’il n’y a pas d’imprévus, on posera la toiture avant la fête de Noël. C’est une grande satisfaction pour moi de voir la population de la région participer avec entrain à cette œuvre. Chaque jour, le village met 3 ou 4 jeunes à la disposition du chef de chantier et les villages des environs apportent, à tour de rôle, la nourriture pour tous les travailleurs. Jusqu’à présent nous n’avions pas trop d’influence dans ce village. La communauté était très réduite. Mais depuis le début des travaux, beaucoup de personnes, particulièrement les notables, viennent me saluer, lors de mes passages, pour me remercier. Déjà un petit comité se met en place pour faire fonctionner le secteur. Cela peut être l’embryon d’un futur Conseil Paroissial.
En même temps que cette construction, j’ai demandé au chef du chantier de réhabiliter une salle de classe à Pygnon, le village de la petite opérée Tièwa. Je sais que déjà des bonnes volontés (en particulier l’Association « Une Goutte d’Eau ») se mobilisent pour la réparation de cette classe. La tornade avait gravement endommagé une classe dans le 1er bâtiment et les trois classes du 2ème bâtiment. Cela permettra au village d’avoir la place nécessaire pour relancer l’école avec les six cours jumelés, en attendant la réfection du bâtiment de trois classes.

L’église de Pignon.
Photo P. Kunegel

Comme chaque année, j’ai célébré la messe de la nuit de Noël, à la lueur des étoiles. Cette année, c’était à Kabévogo, un des nombreux villages de la Mission.
Ce 11 janvier nous avons fêté, avec 2 ans de retard, les 30 ans de la paroisse. Pour la première fois les gens se sont mis vraiment en mouvement et ils ont pris cela au sérieux. La plupart des petits villages étaient bien représentés et la communauté a "sacrifié" un bœuf pour accueillir les gens. Les jeunes protestants du village sont venus, dans la nuit du samedi à dimanche, pour prendre leur part à l’animation de la veillée.
Le lendemain, après la messe, le chef et les chefs de quartiers sont venus saluer à la mission, suivis par les responsables de la communauté protestante. Ils ont tous été invités par le président du conseil paroissial à participer au repas. Les travaux de l’église de Dassoumboh avancent. Ils ont commencé à couler la dalle. Nous avions déjà célébré dedans le dimanche après Noël.

Bernard RAUCH à Tioro (Côte d’Ivoire).

Depuis quelques jours, nous avons le téléphone et Internet ici, à la mission. C’est vraiment pratique de pouvoir correspondre sans être obligé d’aller à Korhogo. Depuis un mois nous avons repris les visites des villages. C’est notre principale occupation en ce moment. Il faut profiter de la belle saison pour faire le maximum de visites, car quand les pluies viennent, les gens sont pris par les travaux des champs.
A mon retour, fin août, nous avons repris la construction de la nouvelle église. Nous allons jusqu’au chaînage et l’an prochain nous mettrons le toit. C’est un grand bâtiment qui pourra contenir 650 places assises. Il était nécessaire de construire cette église, car celle que nous utilisons en ce moment est trop petite et a été construite en partie sur une route. Tôt ou tard, il faudra détruire la partie qui se trouve en dehors des limites du terrain de la mission.
Les malades sont toujours aussi nombreux Nous en envoyons un grand nombre au dispensaire de Koni à 30 km d’ici. Ce dispensaire est tenu par des sœurs Colombiennes. Les autres sont soignés au dispensaire de la ville ou ici à la mission.

Nous sommes encore quelques prêtres des Missions Africaines dans le diocèse et nous nous retrouvons chaque jeudi à Korhogo pour le repas de midi. Les banques se réinstallent progressivement ainsi que certains services administratifs. Prochainement je vais même pouvoir faire passer le contrôle technique à la voiture. Cela fait six ans que tout était suspendu dans la région. Il faudra ensuite que je paie la vignette et je pourrai circuler dans tout le pays. Nous continuons à faire une grande partie des tournées dans les villages à mobylette, car de nombreuses pistes ne sont pas accessibles aux voitures. On entretient cinq mobylettes, car nous sommes toujours à quatre ou cinq personnes pour faire nos tournées dans les villages.
Les groupes de catéchumènes sont toujours aussi vivants. C’est encourageant de voir toutes ces personnes se rassembler rapidement pour écouter l’ensei-gnement du jour et participer à la prière. Chaque matin à 6 heures nous prenons la route pour revenir entre 8 et 9 heures. Le soir, c’est le même scénario, vers 16 heures nous partons pour revenir au plus tard à 20 heures. Il n’est pas recommandé de s’attarder sur certaines routes. C’est une chance pour nous que les villages soient relativement proches les uns des autres, si bien qu’en quelques heures nous pouvons en visiter trois ou quatre. Voilà un petit aperçu de la vie ici à Tioro.


Robert Wolff à Mwanza (Tanzanie).

A force de jouer à saute mouton sur les pistes cahotantes de Tanzanie, mes vertèbres ont commencé à gémir. Après des examens en France, on m’a conseille de venir en ville à Mwanza, où il y a plus de routes goudronnées. Mais avec les bump-ralentisseurs, il n’y a pas beaucoup de différence !
L’année dernière, la région n’a pas été touchée par la grippe aviaire. Par contre, venue du Kenya, la fièvre de la Riff Valley a tué bovins, ovins, caprins, et aussi les humains, contaminés par le sang frais. C’est pourquoi, plus de viande grillée, plus de marché aux bestiaux, plus de transhumance des troupeaux, et le prix du poulet a grimpé. Ceux qui voulaient se marier devaient repousser la cérémonie : impossible de livrer la dot, en moyenne une douzaine de bêtes !

Mwanza et le lac Victoria.
Photo J.-M. Guillaume

Je réside à la maison régionale sma, entre autre comme Père hôtelier. Avec les missionnaires laïcs nous formons une communauté sma de vingt-trois membres de douze nationalités différentes, venant de cinq continents. Au bord du lac Victoria, Mwanza est une grande agglomération de plus d’un million d’habitants, à 1h30 de Dar-es-Salaam par avion. Après une bonne pluie, dans les fossés le long des routes, les grenouilles et les crapauds se donnent la sérénade. Les Sukumas ne pouvant vivre sans élever au moins une vache ou des cabris, comme notre voisin, souvent, la nuit, le bouc terrorise les chèvres… sans compter les chiens… Si l’un d’eux se met à aboyer, tous ceux du quartier s’y mettent. Vous me direz : au moins, en ville, il y a l’électricité… Oui, mais avec les coupures intempestives… Avec le solaire, on était plus tranquille.

Grégoire Kucharski à Monasao (République Centrafricaine).

Christophe et moi, nous sommes arrivés à Bangui le 16 octobre 2008, Bangui dont je me souviens encore un peu car j’ai fait mon stage pastoral dans ce pays en 2002/2003. Depuis deux mois j’habite à la mission de Monasao, à 450 km au sud-ouest de la capitale. Pour le moment j’essaye de regarder ce qui se passe autour de moi, pour me rendre compte de ce qu’est devenu le village pendant les cinq années de mon absence. Et j’essaye aussi de comprendre les gens, leur culture, leurs coutumes, leur comportement. Je suis de nouveau à l’école pour apprendre la langue sango. Un maître vient régulièrement pour m’enseigner cette langue qui est à la base de toute la conversation ici.
J’écris au singulier car Christophe, qui a été envoyé comme moi pour travailler à Monasao, est resté à Bangui après notre arrivée en Centrafrique. Il apprend le sango là-bas. On se reverra de nouveau au mois de janvier, quand lui et le nouveau curé viendront à Monasao pour de bon. En attendant nous vivons dans une période de transition.
Le curé de la mission de Monasao, le Père Marek Balawender partira au mois de juin 2009 pour travailler en Pologne, ainsi que le couple de jeunes volontaires français Aurélie et Michel qui sont ici depuis deux ans. Au mois de janvier viendront le Père Christophe Pachut et le Père Wojciech Lula qui a fini son mandat de Supérieur en Pologne.
Tous les trois nous allons alors travailler ici en espérant que les nouveaux volontaires laïcs arriveront bientôt pour nous aider dans le travail qui ne manque absolument pas.

Ici nous nous approchons de la fin de la saison des pluies, même s’il y a encore de temps en temps des orages qui passent. Je profite de mon temps libre pour gratter un peu dans notre jardin pour qu’on puisse avoir des légumes pour notre cuisine. Actuellement je passe pas mal de temps pour préparer la messe de Noël et de nouvelle année, car je voudrais bien commencer à entrer un peu dans le travail pastoral à partir de Noël. Cela sera dur surtout au début pour les homélies en sango, mais je pense qu’avec un peu de bonne volonté cela ira quand même. Le bureau de poste le plus proche de chez nous se trouve à 450km à Bangui et il est difficile de communiquer autrement que par Internet.

Christophe et Grégoire.
Photo P. Dobrzynski

Christophe Pachut à Bangui (République Centraficaine).

Je suis actuellement à la paroisse Saint-Pierre de Gobongo. C’est un quartier populaire de Bangui. Pour le caractériser, je ne peux utiliser qu’un seul mot : bruit ! C’est le propre de tous les quartiers populaires, je sais, mais ici c’est exagéré. Ma chambre est à deux mètres de l’église. Et on commence à 5h ! Le bruit commence à cette heure-là et finit à 3h du matin (on a tout plein de petites buvettes). La notion de tapage nocturne n’existe pas ici. A long terme, c’est fatigant… mais je pense que cela m’aidera à mieux apprécier le calme de la brousse.
Je suis ici avec deux confrères sma : Przemek Majchrowski, un confrère polonais, et Francis Athimon, de la Province de Lyon. C’est le début de la saison sèche, donc la température commence à monter, et avec une humidité assez élevée, c’est un peu difficile. Cette semaine, j’avais dans ma chambre autour de 30°. J’ai du mal à m’habituer, mon acclimatation se passe moyennement.
Fin octobre, j’ai commencé le cours de sango. La langue paraît peu compliquée, mais il faut s’y mettre. Mes activités se limitent pour l’instant à cela, je ne peux pas faire grand chose sans la langue. Ce qui me console, c’est qu’elle est assez facile à lire, et je pourrai célébrer prochainement la messe en sango. J’attends avec impatience de pouvoir communiquer avec les gens. Je me sens un peu comme il y a quelques années en France. Dernièrement, je suis allé rendre visite à Aloïs Kituba. Sa paroisse est une vraie usine, mais je vois qu’il s’y trouve bien.

Michel LOIRET à Tanéka (Bénin).

Quoi de nouveau à la Mission Tanéka ? Nous venons de lancer une équipe de cinq prêtres et un peu plus de laïcs pour aider les catéchistes à préparer l’homélie du dimanche en langue Yom. De quoi s’agit-il ? Nous avons plus de vingt-cinq communautés chrétiennes de village à Copargo. D’autres paroisses en ont autant ou plus : dans le diocèse, nous atteignons 120 communautés chrétiennes de langue Yom.

L’Afrique. Patchwork béninois.
Photo M. Heilig

Les animateurs ou catéchistes ou présidents de la prière dominicale sans prêtre doivent donc expliquer l’Evangile chaque dimanche. Autant dire que ce n’est pas toujours facile pour eux. Mais c’est tellement important de monnayer le message de Jésus, de le mettre à la portée de tous pour qu’il soit nourriture. Pour les aider, nous leur envoyons trois petites pages d’idées qu’ils peuvent utiliser à leur manière. Je coordonne la parution régulière de ces feuilles. Nous avons commencé l’année B, aurons-nous la patience d’aller à la fin de cette année, puis de rédiger l’année C et d’aller jusqu’au bout de l’année A ? Patience !

Claude NACHON (Niger).

Noël à Niamey : nous nous réjouissons que dans ce pays, le Niger, à plus de 90 % musulman et comptant 0,3 % de chrétiens, Noël soit une journée fériée et que la messe de minuit à la cathédrale de Niamey soit télévisée et diffusée dans tout le Niger par la télévision nationale. La speakerine musulmane du Journal Télévisé avait bien annoncé : "Les chrétiens fêtent ce soir la naissance du prophète Jésus." C’est évident qu’elle ne peut pas le nommer le Messie ou le Sauveur, et encore moins le Fils de Dieu.

La maison régionale sma de Niamey.
Photo J.-M. Guillaume

Mais écoutez ceci : le 24 décembre, j’étais dans une administration nigérienne, dans un bureau où il y avait quatre secrétaires voilées, assurément musulmanes. Arrive le chef de service (exceptionnellement chrétien), et il les salue ainsi : « Salam Halaykoum, joyeux Noël, que la naissance du Christ soit pour chacun de nous une nouvelle naissance ! » Qui oserait dire encore que les chrétiens en pays musulman sont timorés parce qu’ils sont minoritaires ? Depuis de nombreuses années, les évêques de ce pays n’ont pas manqué de montrer tout leur respect pour la communauté musulmane et ils ont envoyé des messages aux grands imams à chacune de leurs fêtes.

La cathédrale de Niamey.
Photo J.-M. Guillaume

Aujourd’hui ils récoltent ce qu’ils ont semé, et ce 23 décembre l’archevêque a reçu un long et sympathique message du premier ministre. Il lui écrit : « C’est pour moi un motif de grande joie d’exprimer à la communauté chrétienne du Niger ma très haute appréciation pour les marques d’affection, de solidarité et d’intelligente collaboration qu’elle a su instaurer avec les autres communautés religieuses de notre pays, créant ainsi les conditions d’un dialogue interreligieux confiant. »
Le guide spirituel Khalifa Cheick Ibrahim Chaibou, personnage musulman très influent, a également envoyé un message de félicitations et de vœux à notre archevêque. Détail piquant : il s’adresse à celui-ci, qui s’appelle Mgr Cartateguy, en écrivant son nom Kartagueye. Le nom basque a pris des consonances nigériennes ! C’est un beau signe d’intégration… » (dans la Croix du 12 janvier 2009)

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