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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Mertzwiller et les communautés de paroisses du secteur célèbrent les Pères des Missions Africaines
Article mis en ligne le 6 mars 2009
dernière modification le 7 mars 2009

par Valérie Bisson

A l’occasion de cette journée de fête et de mémoire, un hommage a été rendu aux Pères des Missions Africaines qui ont œuvré pour le développement de l’Eglise en Afrique et plus particulièrement au Togo, mais aussi à la promotion de l’éducation et de l’autonomie des peuples. Toutes les paroisses rassemblées autour de Mertzwiller ont célébré, en ce 26 octobre 2008, les Pères Hebting, Strebler, Bardol, Gasser, Muckensturm et Eschenbrenner qui ont laissé de vifs souvenirs à ceux qui les ont croisés aussi bien en Afrique qu’en Alsace. Ce livret vous procurera un bref aperçu de leurs vies de missionnaires.

Mgr Joseph Strebler

Mgr Joseph Strebler.
Photo sma Strasbourg

Joseph Strebler est né le 12 septembre 1892 à Mertzwiller. Ses parents ont une petite ferme et son père est magasinier à l’usine De Dietrich. Il suit ses études secondaires à l’école apostolique SMA de Cadier-en-Keer jusqu’en 1912 et revient à Chanly pour étudier la philosophie et commencer son noviciat.

La maison SMA de Cadier-en-Keer (Pays-Bas).
Ancienne carte postale
Mgr Strebler au Togo.
Photo sma Strasbourg

Il suit les cours de théologie au Grand Séminaire SMA de Lyon, mais en 1914, il est appelé à servir l’armée allemande. Afin d’échapper à ce recrutement, la SMA le reçoit en délégation spéciale et Mgr Fritzen l’ordonne sous-diacre le 30 novembre 1914. L’abbé Joseph Strebler est infirmier militaire à la garnison de Haguenau. C’est à ce moment qu’il fonde et rédige en Alsace, avec l’aide du Père Vogel, un bulletin de liaison interne à la SMA, le Brüderstimmen, qui sera publié de 1915 à 1918. En novembre 1918, il repart au Grand Séminaire des Missions Africaines de Lyon afin de terminer sa théologie. Le 10 juillet 1921, il est ordonné prêtre par Mgr Moury, Vicaire Apostolique de Côte-d’Ivoire.

Le collège St-Joseph à Lomé.
Photo J.-M. Guillaume

Le 30 octobre suivant, il part pour la Côte-de-l’Or, territoire de mission SMA. A son arrivée, il est nommé responsable de l’imprimerie de la mission. Ses premières tâches sont d’apprendre la langue locale et de faire connaissance avec la ville et les villages. Il fera ensuite un travail considérable au Togo [1].

Fixé à Saint-Pierre à la fin de sa vie, il prend part aux tournées de confirmation en Alsace et effectue de nombreuses recherches historiques sur la SMA et les missions. Il meurt le 12 mars 1984. Ses obsèques, célébrées dans la cathédrale de Strasbourg, sont présidées par le Cardinal Gantin.

Le Père Joseph Bardol

Le Père Bardol.
Photo sma Strasbourg

Joseph Bardol est né le 26 février 1900 à Mertzwiller dans une grande famille de treize enfants. A 14 ans, il demande à partir pour l’école apostolique que la Société des Missions Africaines possède à Cadier-en-Keer en Hollande. Il fait ensuite son noviciat à Chanly et prononce le serment d’appartenance à la SMA le 31 juillet 1921. Après quatre années de théologie à Lyon, il est ordonné prêtre le 29 juin 1925. Il est professeur dans les écoles SMA de Pont-Rousseau, de Saint-Pierre, puis directeur du noviciat des Frères d’Offémont. Il est nommé pour la mission du Togo, territoire de mission SMA, en 1928 et affecté comme vicaire à Atakpamé. Il rentre en France en 1935 et demeure un an directeur spirituel du noviciat des Frères de Vigneulles. Il est ensuite nommé Supérieur du district de Tsévié au Togo en 1935 et jusqu’en 1958, sauf une interruption pour cause de santé de 1945 à 1947. Le Père Bardol accomplit une oeuvre immense dont l’élément le plus marquant est l’école de Tsévié qui va grandir en importance et en qualité.

L’ancienne église de Tsévié (Togo).
Photo sma Strasbourg
Tsévié (Togo) dans la première moitié du XXe siècle.
Photo sma Strasbourg
La cour et les bâtiments de l’école de Tsévié (Togo).
Photo sma Strasbourg

Il entreprend de construire une église qui finira par devenir une des plus grandes et des plus belles églises du Togo. Mgr Strebler, également originaire de Mertzwiller, en fait la bénédiction solennelle le 29 mars 1948. Le Père Bardol s’occupe également des villages de brousse et y multiplie les écoles. Pendant ses dernières années à Tsévié il initie à la pastorale les deux futurs premiers évêques du Togo : Mgr Dosseh et Mgr Atakpah.

Le Père Bardol avec un groupe de jeunes filles de sa mission de Tsévié.
Photo sma Strasbourg

En 1958, il tombe gravement malade et se fait rapatrier sans revoir sa mission ni faire ses adieux à la paroisse. Avec une grande nostalgie il reprend du service à Vigneulles puis au Zinswald. A nouveau hospitalisé en 1969, il se retire à Saint-Pierre où il meurt le 16 août 1973.

La maison SMA de Vigneulles.
Ancienne carte postale

Le Père Émile Hebting

Le Père Émile Hebting.
Photo sma Strasbourg

Émile Hebting est né à Mertzwiller le 23 janvier 1888. Il est le fils d’une famille foncièrement chrétienne dont le père était cantonnier et préposé à l’entretien de la route nationale de Haguenau. Emile quitte son village au mois d’octobre 1902 pour entrer à l’école apostolique de Cadier-en-Keer. Il y fait toutes ses classes secondaires jusqu’à sa prise de soutane le 2 août 1908. Il fait ses classes de philosophie et de théologie à Lyon. Il est ordonné prêtre le 13 juillet 1913.

Le Père Hebting (à gauche) et Mgr Strebler.
Photo sma Strasbourg

Peu de temps après il embarque pour Lagos au Nigeria où il va rester jusqu’en 1919 malgré les difficiles conditions de vie et la guerre qui va éclater. Il retourne au Nigeria mais va être transféré au Togo le 20 janvier 1922. Il prend en charge la mission d’Atakpamé. En mai, il a déjà visité toute la région de l’Akposso et s’est arrêté à Tomégbé où l’on n’avait pas vu de prêtre depuis 8 ans. Il est le premier à visiter le Litimé, région située autour de Tomegbé sur la frontière de la Côte-de-l’Or, territoire de mission SMA. C’est grâce au voyage du Père Hebting que le Litimé est attribué à la France lors du partage du Togo. Après quatre ans à Atakpamé, il est responsable de la mission d’Assahoun jusqu’en 1940, à l’exception d’un bref intermède à Mango. Il fit de nombreuses constructions dont l’église définitive d’Assahoun. Il doit rentrer en France en 1940, usé et presque aveugle. De 1942 à 1966 il est aumônier chez les Filles de la Charité à Largentière en Ardèche. Il décède le 12 septembre 1966.

Visite de Mgr Cessou (au centre) à la mission du Père Hebting (à gauche).
Photo sma Strasbourg

Il avait fait sa dernière visite à Mertzwiller le 18 août 1963 à l’occasion de ses Noces d’Or sacerdotales.


Le Père Joseph Muckensturm ou le « Schlappenpater »

Le Père Joseph Muckensturm.
Photo sma Strasbourg

Joseph Muckensturm voit le jour le 1er mars 1900 à Mertzwiller. Tout jeune, il décide d’être missionnaire. Le curé de la paroisse lui propose d’apprendre avec lui le français et le latin. Le jeune Joseph part pour l’école de Cadier-en-Keer en Hollande, le 5 mai 1914. De 1919 à 1921, il effectue son noviciat à Chanly, prononce le serment d’appartenance à la SMA le 31 juillet 1921 et part étudier la théologie au Grand Séminaire SMA de Lyon de 1921 à 1925. Il est ordonné prêtre par Mgr Hauger, SMA, le 29 juin 1925. Joseph Muckensturm est d’abord enseignant à Whiston-Court, au Pays de Galles. En mars 1928, il est hospitalisé à Londres pour subir une opération de l’estomac et c’est là qu’un médecin original lui apprend à diagnostiquer les maladies en observant la chaussure du patient…

La maison SMA de Haguenau.
Photo sma Strasbourg

Il est nommé professeur à l’école apostolique SMA de Haguenau, puis, en 1931, économe de l’établissement. En 1935, il est chargé de la propagande et du recrutement. En 1936, il est nommé Supérieur et chargé de gestion du Zinswald. Il y fait construire l’actuelle chapelle. En 1939, le Père Muckensturm est à Sarrebourg, mais, en 1940, réformé et mobilisé, il reprend la direction du Zinswald. Le 28 juillet 1941, la Gestapo donne l’ordre d’évacuer les lieux. Le Père Muckensturm est emmené à Épinal où 37 autres prêtres ont été évacués. L’Institut Saint-Joseph d’Épinal leur donne l’hospitalité. Quinze jours après, il est nommé par Mgr Blanchet, évêque de Saint-Dié, aumônier à l’hôpital de Thaon-les-Vosges et auxiliaire à la paroisse ainsi qu’à celle de Grimont.

La maison SMA du Zinswald.
Photo sma Strasbourg

Le 28 septembre 1942, il est arrêté par la police allemande, inculpé d’aide aux prisonniers français et aux Alsaciens évadés. D’abord prisonnier à Épinal, il est transféré à Fresnes le 10 novembre et déporté en Allemagne le 4 décembre. Il connaît la prison de Trèves, le SS Sonderlager de Hintzert et la prison de Cologne où on le conduit pour être jugé. Il comparaît devant le tribunal du peuple le 14 mai 1943, se défend lui-même, et entend, avec surprise, que le Procureur demande l’ajournement sine die pour insuffisance de preuves. Mais il reste déporté. Evacué de Cologne bombardée, il est transféré à Wittlich où il reste 14 mois. On l’emmène ensuite à Darmstadt, à Dieburg, et au camp de Rollwald. Il y sera libéré par les Américains le 26 mars 1945, mais ne sera rapatrié que le 25 avril. Le jour même, il retourne au Zinswald.

En 1954, le Père Muckensturm s’établit à Saint-Pierre et devient Économe Provincial. En 1958, il est élu Vice-Provincial et Supérieur du Grand Séminaire SMA, fonction qu’il exerce pendant six ans. En 1965, le Père Muckensturm devient Supérieur de Saint-Pierre, devenue maison d’accueil et de repos. Il prend à cœur de transformer la maison tout en lui gardant une ambiance familiale. Il fait construire la grande chapelle.

La maison SMA de Saint-Pierre.
Photo sma Strasbourg

Le 19 novembre 1974, un accident de voiture lui est fatal : le Père Muckensturm meurt à l’hôpital le 27 novembre suivant. A son enterrement, sont présentes de très nombreuses personnalités civiles, militaires et religieuses. L’inhumation a lieu au cimetière privé de Saint-Pierre qu’il avait fait réaliser, à proximité de la chapelle. Là, veille un beau calvaire en grès des Vosges de 1826 qu’il avait fait venir de Mertzwiller.

Le Père Muckensturm.
Photo sma Strasbourg

Le Père Savate ou « Schlappenpater »
Le Père Muckensturm, a un talent exceptionnel : il peut lire dans les chaussures les maladies et infirmités d’après une méthode apprise auprès d’un pasteur protestant lors de son hospitalisation à Londres. Sentant sa mort approcher, le pasteur lui confie la globalité de sa méthode de « lecture des maladies ».

Le Père Muckensturm étudiant des chaussures.
Photo de presse.

Très rapidement, le Père Muckensturm devient le célèbre « Père Savate », il est assailli par une armée de patients. Les hommes apportent la chaussure droite, les femmes apportent la gauche... Des colis s’entassent à Arzviller, jusqu’à trente par jour... L’adresse mentionnée ? Père Savate à Muckensturm (France) ou Père Savate, Supérieur d’une maison à l’orée d’une forêt près de la frontière allemande

Le Père Eugène Gasser

Le Père Eugène Gasser.
Photo sma Strasbourg

Eugène Gasser est né à Wintershouse le 13 avril 1886 dans une famille de huit enfants. Il fait d’abord ses études primaires dans son village natal puis rejoint, à l’âge de 16 ans l’école apostolique de Cadier-en-Keer en Hollande. En 1906, il entre au séminaire des Missions Africaines à Lyon. Il y fait ses études philosophiques et théologiques et il prononce son serment d’appartenance à la SMA le 17 octobre 1909. Il est ordonné prêtre à Lyon par Mgr Pellet le 9 juillet 1911.

Le Père Gasser en mission.
Photo sma Strasbourg

De santé fragile, il fait d’abord un séjour à Cadier-en-Keer jusqu’en 1912 puis est enfin nommé à Lagos au Nigeria. Il se retrouve finalement à Oyo, une petite station plus au nord où l’acclimatation se fait tant bien que mal. Il commence alors une belle carrière missionnaire qu’il poursuit jusqu’en 1930. Il se fait surtout aimer par sa grande bonté de cœur et son entier dévouement.

Vue de Lagos au début du XXe siècle.
Ancienne carte postale

De retour en France il est nommé professeur et surveillant à l’école apostolique de Haguenau jusqu’en 1935, date à laquelle il est nommé directeur spirituel du noviciat des Frères de Vigneulles. A partir de 1938 il est adjoint à Mgr Waller pour l’assister dans ses fonctions d’aumônier de la Clinique du Saint Sauveur à Mulhouse. Lors du décès de Mgr Waller, Eugène Gasser remplit seul cette charge et s’en acquitte avec une charité délicate pendant 28 ans. Il lavait plus de 80 ans quand, le 25 novembre 1967, affaibli par l’âge et par une récente intervention chirurgicale, il quitta la clinique et se retira à la maison d’accueil de Saint-Pierre. Il y vécu dès lors une vie de repos et de prière. Dans l’été de ses 90 ans, il faiblit peu à peu et mourut finalement le 6 décembre 1976.

Le Père Raymond Eschenbrenner

Le Père Raymond Eschenbrenner.
Photo sma Strasbourg

Raymond Eschenbrenner est né le 27 juillet 1923 à Montbronn. En 1933 sa famille vient habiter Niederbronn-les-Bains où sont père est nommé employé de poste. En 1934, il entre à l’école apostolique de Haguenau ; il y achève ses études secondaires en 1942. Incorporé de force dans l’armée allemande, il est envoyé sur le front russe où il est blessé au poumon. Après la guerre, il fait son noviciat à Chanly et quatre ans de séminaire à Lyon. Il y prononce son serment d’appartenance à la SMA le 27 octobre 1947 ; il est ordonné prêtre le 6 juillet 1950.

De 1952 à 1958, il est professeur à l’école apostolique de Haguenau à la suite de quoi il est nommé au Togo comme professeur au collège St-Joseph de Lomé. Il ne reste malheureusement qu’une seule année en Afrique, après trois séjours à l’hôpital, les médecins le jugent inapte à travailler en milieu tropical, il doit être rapatrié. Il revient en Europe et reprend ses fonctions d’enseignant au Zinswald de 1959 à 1963.

Le Père Eschenbrenner au Togo.
Photo sma Strasbourg

En 1963, il accepte d’être au service du diocèse de Strasbourg et prend l’administration de la paroisse de Blienschwiller ; il y fait preuve de savoir-faire et montre un solide dévouement et gagne l’estime et la confiance des paroissiens. Il y fait embellir l’église paroissiale et rénover une petite chapelle à l’entrée du village.

Malheureusement, son activité sacerdotale fut arrêtée prématurément ; la maladie sournoise et épuisante oeuvrait et il mourut le 14 avril 1967. Ses obsèques furent célébrées à Blienschwiller le 17 avril et la messe fut présidée par le Père Muckensturm.

Le Père Louis Ritter

Le Père Louis Ritter.
Photo sma Strasbourg

Louis Ritter est né le 20 février 1891 à Mertzwiller. Il est le sixième de onze enfants nés de Joseph Ritter et de Catherine Ritt. Les Pères du Saint-Esprit venaient d’ouvrir une école apostolique à Saverne, en 1902, mais quand Louis se présenta, l’école était déjà complète ; les parents se décidèrent alors pour les Missions Africaines. Au printemps 1903, Louis part pour la nouvelle école apostolique de Chanly, en Belgique, pour y commencer l’étude du français [2].

La maison SMA de Chanly (Belgique).
Ancienne carte postale

Il est ordonné à Lyon le 12 juillet 1914. La joie fut de courte durée car le 2 août, la première guerre mondiale éclatait. Exempt de service armé en tant que prêtre, il fut mobilisé comme infirmier militaire à Haguenau. Dès le retour à la paix, il se rendit à Andlau et occupa successivement plusieurs postes de professeur aux Roches, à Andlau, à Bischwiller, à Saint-Pierre et à Haguenau. Il entre au diocèse de Strasbourg en 1947. Il décède le 22 mars 1977.

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