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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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Les mémoires du Père Charles Roesch (23e partie)
Article mis en ligne le 25 novembre 2013
Dernière modification le 10 septembre 2014

par Charles Roesch

Le Père Charles Roesch à Tomegbé  [1]

La visite pastorale de 1985 à Tomegbé
31.10.1985. A 16 heures, arrivée de notre évêque, Mgr Kpodzro, pour une visite pastorale de la paroisse durant neuf jours. C’est la première paroisse de son diocèse que notre évêque visita ainsi. A l’entrée d’Akloa l’attendaient le clergé et les sœurs, le comité paroissial, les confirmands, les chorales et la fanfare, les élèves des écoles primaires catholiques et beaucoup d’autres fidèles faisant la haie d’honneur.

Monseigneur fut conduit, après les salutations, à l’église. Le Père Roesch, curé, lui adressa une allocution de bienvenue et lui présenta la communauté de Tomegbé-Akloa dans un tableau d’ensemble. Monseigneur répondit puis s’adressa aux seuls confirmands, cette visite étant combinée avec plusieurs confirmations. Il examina les connaissances des confirmands longuement.

1er novembre. Ce jour fut une grande fête de confirmation. Quelques 350 néophytes reçurent ce sacrement. L’après-midi à 15 heures, bénédiction du Saint Sacrement, suivie d’une procession aux cimetières d’Akloa puis de Tomegbé. Tout cet office a été présidé par Mgr notre évêque. Il fit comprendre aux gens l’importance d’entretenir les tombes de leurs défunts.

Le 2 novembre : La matinée est consacrée à la rencontre de Monseigneur avec la communauté de Kpeté-Bena, la seconde en importance. Après l’accueil à l’entrée du village, on se rend à la chapelle-école en banco. Présentation de la communauté par le Père Curé avec les deux prêtres, messe pour tous les défunts. Après la messe, Mgr est conduit devant la maison de M. Assogba, le nouveau chef chrétien. Là, on lui présente le nouveau comité, les chorales et les C.V. - A.V. [2] Repas dans la maison de M. Assogba. Puis visite du terrain de la mission.

L’après-midi : visite de Bibi, l’une des stations les plus anciennes, à 3km. Les chrétiens attendent Monseigneur au bord de la route à 15 heures. Sous un apatam : présentation de la communauté. Puis ce fut le dialogue de l’évêque avec les 202 confirmands venant de Bibi, Itimogo, Mangouassi, Guinkopé, Gobé-Egbo. Présence d’une grande foule et du chef d’Anfoin-Gan, localité du Ghana voisin dont sont originaires beaucoup d’habitants de ces lieux, village natal du Père Bédiakou. Après le repas pris à l’école, présentation ou plutôt prestation de différentes chorales des villages mentionnés et aussi de la chorale évangélique de Bibi. Moment de détente et d’allégresse populaire. Enfin présentation de l’école, du comité et des congrégations de Bibi.


10. 11. 1985. Fête de la confirmation à Zogbe. Mgr notre évêque arrive vers 9h30. Il est satisfait de l’examen qu’il fait subir aux confirmands. Ils étaient 174 confirmands venant de Zogbé, Dzigbodi, Atikpa, Aboré, Onyinassi. Après le repas, visite des terrains acquis par l’Eglise récemment.

Lundi le 11 novembre, visite de la communauté de Kpeté-Mpassem. Un apatam avait été aménagé devant la chapelle. Accueil enthousiaste, dans lequel les chorales rivalisèrent. Après la messe, présentation de la station par le Père Curé, puis Monseigneur s’adresse à la communauté en langue akposso. On lui présente le comité et les chorales. Souhaits exprimés : la fondation d’une paroisse pour les trois Kpeté, ce qui s’est réalisé seulement dix ans après par la création de la paroisse Ste Cécile.

Mardi le 12 novembre : La matinée est réservée à Kpeté-Maflo, la plus ancienne communauté du Litimé, avec la plus ancienne école également. Ceci dans le cadre de l’église, dont on a enfin achevé le gros œuvre et le crépissage. Présentations des aspects positifs et négatifs de cette station, présentation du nouveau comité. Après le mot de Monseigneur, on se rend chez M. Philippe Bouka pour le repas. On décide de séparer le terrain de l’église et celui de l’école. L’après-midi est consacrée à la visite des écoles, du Collège Don Bosco et du dispensaire. Monseigneur a tenu à passer dans toutes les classes.

Mercredi le 13 novembre. Matinée à Wobé. Après la messe, réunion sous l’apatam dressé devant la maison du dévoué catéchiste Jean-Marie. Présentation du comité, de la chorale, de la Légion de Marie, des responsables et membres des CV-AV. Repas chez le catéchiste, puis inspection du terrain pour la future nouvelle église qui devra remplacer la petite chapelle en banco au bord de la route Babou-Tomegbé. Pour terminer, Monseigneur procède à la bénédiction spéciale de quatre aspirantes à la vie religieuse qui devront être soutenues par toute le communauté. L’après-midi est consacré à la visite de la petite communauté de Dzigbodi, principalement des immigrés. Elle nous attendait au carrefour de Adomi-Abra et Bethel. Mais elle n’était pas seule ! Les autres croyants du lieu : protestants, musulmans, animistes les accompagnaient dans une ferveur commune.

La réception se fit dans leur trop vaste église en banco, délabrée, qui un beau jour s’est complètement effondrée. C’est une dame qui a prononcé le discours de bienvenue. Les chants furent surtout assurés par la chorale évangélique de Bethel, mais aussi par la chorale catholique du village voisin d’Adomi-Abra. On clôtura par la visite du terrain et un rafraîchissement avec les différents chefs (éwé, akposso, kabié et kotokoli) chez un enseignant protestant.

Le 14 novembre. La matinée est pour Menou, celui de nos villages qui est le plus enfoncé dans la cacaoyère, une enclave dans le Ghana, inaccessible par voiture, où aucun administrateur, policier, ni même douanier ne se fait voir. C’est là que notre évêque a été accueilli avec le plus d’enthousiasme. On nous attendait à Lom-Nava, sur la grande route, avec croix, fleurs et pétards. Puis la chorale nous conduisit sur le sentier, devenu un large chemin pour la circonstance. Les chrétiens avaient édifié une ingénieuse passerelle sur la rivière Ménou. On dut passer sous huit arcs de triomphe. L’école vint à notre rencontre. A cent mètres de la chapelle, les fidèles avaient fait un chemin avec leurs pagnes. C’est pourquoi on lut l’évangile de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Sous le grand apatam, la foule était nombreuse, venue de tout le secteur : de la nouvelle station de Guinkope, fondée il y a un an, à 2 km dans la même enclave, et de Bibi, Itimogo et Mangoassé. Après la messe, la visite de l’école à trois classes, en banco et dans un état délabré, avec le chef coutumier du secteur.

Sur le chemin de retour, arrivée à Abore au milieu des cacaoyers Discours du catéchiste. La « Hamedada » Thérèse veut absolument nous faire manger bien qu’il soit 16 h. Nous arrivons en retard à Atikpa, quelques kilomètres plus loin sur une piste de montagne. Nos catholiques y ont invité la chorale évangélique. Accueil bon enfant et départ dans la nuit pour rejoindre Tomegbé, à 7 km.


Vendredi le 15 novembre. Matinée à Adomi-Abra. Là aussi, ce sont tous les croyants du village qui nous reçoivent, catholiques, protestants et musulmans, voire animistes. Un chef musulman se présente à la quête du Dzigbezan [3]. Monseigneur évoque quelques souvenirs de son enfance, sa famille possédait des champs de culture dans ces parages. Après le repas, nous quittons ces braves gens.

Vers 15 heures, nous arrivons à quelques centaines de mètres de Mangoassi. Accueil délirant ! La chorale de Menou était venue, ainsi que la chorale évangélique et même l’école coranique en bel uniforme jaune. Arrivée à la chapelle sur un chemin de pagnes. Il faisait chaud, mais plusieurs jeunes filles étaient chargées de la ventilation. La communauté avait eu l’idée de faire cet accueil dans un cadre de prières. Le catéchiste lut des prières de dévotion dans le Dzipomo. On présente le comité, ou plutôt un essai de comité car l’accord du curé n’a pas encore été obtenu. Présentation des chefs de la Congrégation Saint Antoine, qui compte un cinquantaine de membres.

Le soir, présentation de l’église de Tomegbé constituée de la communauté de Tomegbé et d’Akloa, 3 congrégations, 4 mouvements d’action catholique et 5 chorales dont l’une était complètement ignorée des Pères. Monseigneur donne des directives à chaque groupe. La veille, il avait parlé au comité de l’autonomie financière à acquérir.

Le 16 novembre, dernier jour de la visite. Le matin, rapide visite à Onyinassi, la plus petite communauté. Après la messe, repas puis visite du terrain que M. Irénée Nyakossi, chef chrétien, laisse à l’Eglise. L’après-midi, réunion des catéchistes de toute la paroisse à Tomegbé. Cette visite pastorale s’achève ensuite par l’examen des registres. Seul un registre des défunts est défectueux. Monseigneur exprime sa satisfaction et fait deux remarques. Il faudra donner un vocable marial aux communautés qui n’ont pas encore de patron. D’autre part, il faudra former des enfants de chœur dans les stations secondaires.

Dieu soit loué pour cette belle manifestation de la Sainte Eglise dans notre paroisse !

9 janv. 1986 : le P. Soussia en flamme !

A Zogbé, le P. Soussia était en train de prêcher devant l’autel de l’ancienne petite chapelle en terre de bar, sans prendre garde qu’une bougie allumée avait été placée par terre devant l’autel. Le feu a atteint la chasuble, l’aube, la soutane et a commencé à noircir le pantalon. Mais le feu a été étouffé à ce moment-là, sans que le Père René n’ait senti aucune brûlure.

La communauté a demandé une messe d’action de grâce, parce que le Père était sorti sain et sauf de cet incendie. Elle n’avait pas oublié que sœur Maxime, du dispensaire de Tomegbé était morte en pareilles circonstances.

à suivre