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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Nouvelles de famille
Article mis en ligne le 6 mai 2015

Jean Perrin, Sotouboua (Togo)

« Bonne et Heureuse Année ! » c’est ce que vous souhaite un jeune homme de 90 ans. Vous décrire mon parcours serait trop long : au moins quelques dates. Je suis né le 18 janvier 1925 à Fouchy. A onze ans, je perds ma maman ; cris d’angoisse à la tombe, ma marraine m’emmène chez elle pour me distraire. A douze ans, direction petit séminaire sma de Saint-Pierre, classe de septième. J’ai beaucoup pleuré par mal du pays. Au bout de trois semaines, vu le surnombre, on envoie les plus âgés en sixième à Haguenau. J’en fais partie. J’aurais bien voulu être parmi ceux qui apprennent à jouer de l’orgue, c’est déjà complet, on me met parmi les enfants de chœur. En 1939, le séminaire est évacué sur Chamalières (Puy de Dôme) où je fais la quatrième. On n’aimait pas la soupe le matin.

En 1940, l’Alsace est annexée. Issu d’un village francophone, je dois faire une année de perfectionnement en allemand avant d’être admis à l’Oberschule de Barr comme Gastschüler à la fünfte Klasse, j’y ferai la Sexte. En 1943, RAD en Yougoslavie, puis la Wehrmacht alors qu’il me restait une année pour avoir l’Abitur. On me promet que j’aurai des avantages après ; en fait, j’ai reçu la dispense de la 1ère partie du Bac, mais ça ne compense pas les études perdues.
En 1945, blessure au-dessus du genou droit par un éclat d’obus, pas assez grave pour un Heimatschuss. Je suis prisonnier pendant huit mois, dont cinq à Tambow ; les gens mourraient par manque de soins. Libéré en octobre, je dois me refaire une santé. Papa avait fait le vœu que si je revenais, il m’enverrait à Lourdes. Ce qui fut fait avec le pèlerinage des prisonniers et des déportés. 1946 -1948, noviciat à Chanly (Belgique). 1948-1952, Grand séminaire à Lyon. 1952, Nomination pour le Togo avec le mot d’ordre : « adaptation ».

Comme je n’avais rien eu dans ma jeunesse, surtout avec ces études bâclées, j’ai voulu que les enfants d’ici aient autre chose. D’où mon orientation vers les mouvements de jeunes, scouts, majorettes, et vers la création d’écoles. Après les écoles primaires et collèges, je me suis attaqué à un gros morceau : une université. Ce n’est pas simple. J’en suis au début. Il y a quand même trois classes avec salles des profs, secrétariat et direction. Le Gouvernement togolais a tenu parole et est en train d’installer le courant sur 1 km 500 pour un montant de 90.000 euros. C’est beau. Nous avons pu creuser un puits et construire un château d’eau. Dans sa dernière lettre, l’évêque me demande si, avec les dons de Noël, j’arriverai à construire l’amphi et le resto pour qu’il puisse demander l’« agrément ». Ce qui reste à faire est encore grand !… Il me faudra encore au moins trois ans ! Mais peut-être qu’à l’occasion de mon 90ème anniversaire vous pourrez faire « un plus » et qu’ainsi l’université puisse ouvrir l’an prochain... Ne me laissez pas seul !

Le sanctuaire marial a connu une grande affluence avec le pèlerinage diocésain des légionnaires. Plus de mille personnes ! L’évêque était là. Les majorettes avaient animé la procession du Livre et des oblats à la messe et joué Ave maris Stella... Nous avons une fanfare de filles.


Pierre Kunegel, Kombolokoura (Côte d’Ivoire)

Après un temps de congé en France, Pierre est reparti en Côte d’Ivoire, dans le nord du pays où il y a encore des régions non christianisées. Il brûle de zèle et se réjouit de ce que vit la population.

« J’ai beaucoup d’activités pour redémarrer l’année pastorale depuis mon retour. Ce qui fait mon admiration en ce moment, c’est la nouvelle paroisse que je suis en train de fonder sur le territoire de celle où je suis affecté depuis janvier 2001. La communauté de la nouvelle paroisse est en train de faire creuser un puits pour avoir l’eau nécessaire à la construction des bâtiments. Nous allons commencer par construire une grande salle de réunion qui, dans un premier temps servira d’entrepôt pour les matériaux de construction.
Je suis vraiment surpris du fonctionnement et du développement de cette communauté qui, à l’initiative d’un enseignant du « public », ancien catéchiste, a pris un bon départ depuis que ce secteur a été officiellement déclaré « paroisse », en 2012. Il a pris les catéchistes en main, ainsi que les responsables chrétiens. Je n’y suis présent que pour les célébrations, mais il y a toujours du monde, même en l’absence du prêtre. Les activités des Communautés chrétiennes de base ont une réelle influence sur les quartiers des gros villages. Régulièrement, on me présente de nouvelles personnes à accueillir officiellement dans la communauté. Le dimanche 2 novembre, j’en ai accueilli 23 à Dassoungbo et le dimanche, 16 novembre, j’en ai accueilli 19 à Dassoumblé.

Comme tous les ans, la fête du Christ-Roi est l’occasion de la bénédiction des récoltes. Les denrées offertes sont destinées aux malades mentaux du Centre St Camille de Korhogo. Samedi le 15 novembre, j’ai eu la visite du catéchiste de Pygnon, accompagné du chef de village, un musulman. Le chef voulait venir me saluer parce que les deux pistes, pour atteindre son village, sont impraticables pour les véhicules. Lorsque j’ai rappelé la bénédiction des récoltes au catéchiste, le chef a demandé de quoi il s’agissait. Je lui ai expliqué le sens de la bénédiction et l’offrande aux malades mentaux. Il a aussitôt insisté auprès du catéchiste pour qu’il le lui rappelle en arrivant au village : « C’est une très bonne action, je vais demander à tout le village de participer. »
C’était pour moi l’occasion. d’expliquer que dans la religion chrétienne, ce qui est le plus important c’est l’amour du prochain par amour pour Dieu. Il faut rappeler aussi que le prédécesseur du chef, musulman également, était à l’origine de la construction de la première chapelle (sur les 9 que j’ai construites) et que lui-même supervisait le chantier. »


Antoine Thomas, membre sma honoraire, Dannelbourg (Moselle)

« C’est un vieillard qui a du mal à utiliser l’ultime outil de ses mains qui vous remercie de l’envoi du Ralliement. La S.M.A. reste ma seconde famille. Merci à tous les prêtres que j’ai pu rencontrer dans ma longue vie de 90 ans et 5 mois, une vie enrichie par chaque rencontre et pendant laquelle j’ai pu recevoir et donner. Voici Noël 2014. Dieu s’est fait homme en Jésus. Quelle grâce pour toute l’humanité ! Je vous prie de transmettre mes sentiments et mon union de cœur à tous les prêtres de la SMA du district et aux laïcs engagés à vos côtés. Quant à moi, j’ai encore le bonheur d’être avec vous par la prière. Que le Seigneur vous accompagne pendant la nouvelle année. De cœur et en prière avec vous. »


Arrivée de Bernardin Kinnoume

Bonne arrivée au Père Bernardin Kinnoume, sma, originaire du Bénin, appartenant au District-en-formation de la Baie du Bénin, qui est arrivé le 10 décembre 2014. Il est affecté à la communauté sma de Haguenau, appelé à collaborer avec les Pères Jacques Noirot et Justin Kette dans leurs engagement pastoraux. Bernardin est né le 19 mai 1978. Il a émis son serment perpétuel le 8 mai 2008 et a été ordonné prêtre le 11 juillet 2009. Après deux ans de ministère avec la SMA à Kinshasa, il a été rappelé au Bénin comme directeur des vocations et animateur missionnaire.


Un livre de Florent-Alain Bikini-Musini, sma

Félicitation à Florent-Alain Bikini-Musini, sma, actuellement à la communauté de paroisses de Barr, qui vient de publier un livre intitulé L’Afrique saigne. Entre misères et espoirs [1]. Pour situer la réflexion exposée dans cet ouvrage, nous citons simplement un passage de sa présentation, couverture page 4 :
« Ce travail est une ébauche qui n’a pas la prétention d’être exhaustive. Le sentiment qui nous habite est celui d’une discussion entamée qui mérite d’être poursuivie, réactualisée en Afrique. Notre rêve c’est de voir prochainement en Afrique, surtout à Lagos, à Dakar, à Bamako, à Yaoundé, à Kinshasa, à Abidjan, pour ne citer que des pays qui fournissent de gros contingents à l’exil des jeunes, des États généraux sur la jeunesse sacrifiée par l’immigration clandestine. Que la voie africaine se fasse enfin entendre pour proposer aux jeunes d’autres alternatives que le désaveu du continent ou les pirogues de fortune vers le mirage européen. Cette voix doit rejoindre le peuple embourbé dans une histoire de dépendance et lui crier haut et fort qu’il est temps de redresser la tête. Les jeunes nous interpellent, il faut écouter leur peine. L’Occident ne s’est pas construit en un jour, sa richesse vient du travail. Nous ne devons plus prendre plaisir à vivre sous tutelle. Notre détermination à sortir de la pauvreté et du sous-développement nous redonnera la parole dans le concert des nations. L’essence de toute culture est d’être dynamique et d’avoir la capacité d’engranger des éléments nouveaux ». (Jean-Marie Guillaume)

René Soussia, captivé par l’ouvrage du Père Alain Bikini

J’ai lu deux fois l’ouvrage d’Alain Bikini, L’Afrique saigne. Entre misères et espoirs. On m’a demandé d’écrire mon opinion à ce sujet. La lecture de cet « essai » est importante pour nous. D’abord pour les Européens. L’Europe de l’Ouest a porté une grande responsabilité dans la traite et la colonisation en Afrique. En tant que Français, nous pouvons regretter les graves lacunes du discours adressé aux Africains par le Président Sarkozy en 2007. Cette lecture est importante aussi pour nous, en tant que membre de la SMA. L’Afrique est au cœur de notre vocation missionnaire. Son histoire et sa situation dans le monde doivent nous préoccuper.
C’est pourquoi, je formule des propositions précises. D’abord, que ce livre soit traduit en anglais, de préférence par un anglophone possédant bien le français. Puis que le thèmes principaux de l’ouvrage fassent l’objet de nos débats, de formation continue comme de formation initiale, en surmontant les tabous. Car ces thèmes concernent la Mission. Que l’on débatte, en particulier, de la proposition de réunir des États Généraux de la Jeunesse Africaines, en vue de combattre la tentation de l’immigration clandestine. Ceci à tous les niveaux de notre Société, y compris au Conseil Plénier et à l’Assemblée Générale.