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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Vierge secourable d’Avioth

Avioth, au nord de la Meuse et tout près de la Belgique, est un important pèlerinage régional. Sa basilique est aussi appelée Notre-Dame des Champs.

Article mis en ligne le 28 juin 2011
dernière modification le 8 mars 2016

par Marc Heilig

Au début du XIIe s. on y découvrit une statue de la Vierge dans les branches d’un arbre. On la porta dans l’église voisine mais, le lendemain, elle avait regagné l’endroit où elle était apparue. Devant ce signe divin, on construisit un oratoire pour l’abriter, peut-être sous l’impulsion de l’abbaye d’Orval [1]. Des miracles ne tardèrent pas à se produire et les pèlerins vinrent en si grand nombre qu’il fallut envisager un édifice plus grand.

N.-D. d’Avioth. La façade.
Photo Marc Heilig

Les travaux commencent à partir de la 2e moitié du XIIIe s. et se poursuivront jusqu’au début du XVe. Edifice majeur de l’architecture gothique, l’église tient son élégance de l’école champenoise, de la cathédrale de Reims en particulier. Elle propose en outre un ensemble de sculptures qui composent un enseignement à la fois symbolique et initiatique, ce que le Moyen Age prisait fort [2]. La statue miraculeuse fut installée dans l’église au XVe s. Sur le lieu-même de l’apparition, on construisit un petit édifice, chef d’œuvre du style flamboyant, dans lequel on plaça une autre statue de la Vierge pour recevoir les offrandes. Cette statue, appelée Vierge de la Recevresse, donna son nom au monument.

Avioth. La Vierge Recevresse.
Photo Marc Heilig
Avioth. La Recevresse.
Photo Marc Heilig
Avioth. La Recevresse.
Photo Marc Heilig

La statue miraculeuse est une Vierge noire en bois [3]. Elle prit dès le début le nom de Patronne des causes désespérées. Les exemples de miraculés sont très nombreux : accidents évités, guérison de maladies graves (choléra, lèpre), de troubles mentaux, délivrance de prisonniers [4].

Avioth. La Vierge noire.
Photo Marc Heilig

Toutefois, la Vierge d’Avioth était surtout renommée pour accorder un « répit » aux enfants morts-nés, c’est-à-dire un retour temporaire à la vie qui permettait de les baptiser avant la mort définitive. Ils étaient exposés nus devant la Vierge, à même la pierre. Les fidèles se mettaient en prière, chantaient des hymnes en l’honneur de Marie. Certains, afin d’obtenir plus sûrement sa grâce, faisaient dire une messe, qu’ils complétaient par la confession et la communion. Lorsque des signes de vie apparaissaient [5], le prêtre donnait le baptême. L’enfant était ensuite inhumé au cimetière. Il pouvait désormais entrer au Paradis, au lieu d’errer dans les limbes. L’archevêque de Trèves, dont dépend le lieu, condamna cette pratique en 1786 et l’interdit.

N.-D. d’Avioth et le monument de la Recevresse.
Photo Marc Heilig

Le village d’Avioth doit tout à son pèlerinage. La dévotion atteignit son apogée au XVe siècle. Les pèlerins déposaient devant la Recevresse des offrandes en nature, surtout le jour de la décollation de St Jean Baptiste. Les prisonniers libérés avaient coutume d’offrir des menottes [6] ; celles qu’on voit près de la statue rappellent cette grâce particulière de Notre-Dame. Le XVIIIe s. marque un déclin certain de la fréquentation du sanctuaire. Après les outrages de la Révolution, l’église fut peu à peu restaurée durant le XIXe s. et le pèlerinage reprit.

N.-D. d’Avioth. Le portail sud.
Photo Marc Heilig
N.-D. d’Avioth. La nef et le choeur.
Photo Marc Heilig

L’église avait été construite et entretenue grâce aux dons, aux messes et aux aumônes. Il en va encore ainsi aujourd’hui. Le pèlerinage a lieu chaque année le 16 juillet, fête de N.-D. du Mont Carmel, sous l’égide de l’évêque de Verdun et de l’abbé d’Orval. En 1993, le pape Jean-Paul II accorda le titre de basilique à N.-D. d’Avioth. De nombreux Lorrains, Belges et Luxembourgeois [7] s’y rendent pour prier et participer à la procession de la statue miraculeuse. Les pèlerins espèrent retrouver la paix de l’âme. Leurs prières portent le plus souvent sur des guérisons ou des réussites d’examens.


Quelques vues du programme de sculptures de N.-D. d’Avioth

N.-D. d’Avioth. Le portail sud.
Photo Marc Heilig
N.-D. d’Avioth. Le tympan du portail sud.
Photo Marc Heilig
N.-D. d’Avioth. Sculptures du portail sud.
Photo Marc Heilig
N.-D. d’Avioth. Le Christ en majesté du portail nord.
Photo Marc Heilig
N.-D. d’Avioth. Sculptures des contreforts et des toitures.
Photo Marc Heilig
N.-D. d’Avioth. Gargouille.
Photo Marc Heilig