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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Le P. Eugène Woelffel, un artiste en mission
Article mis en ligne le 17 mai 2007
dernière modification le 8 février 2009

par Marc Heilig

Eugène Woelffel est un artiste du District SMA de Srrasbourg.

Eugène Woelffel est né en 1910 à Stutzheim, mais il a passé son enfance à Molsheim. Ordonné prêtre en 1934, il est nommé pour la mission au Togo et part à la fin de cette même année. Il travaille d’abord à la paroisse de la cathédrale de Lomé, et devient en janvier 1935 vicaire de la nouvelle paroisse de St-Augustin d’Amoutivé. Puis, vicaire à la mission d’Atakpamé en 1937, il en devient Supérieur en 1939. La guerre le mobilise à Ouidah, mais les missionnaires sont rapidement démobilisés. Il rejoint Atakpamé, puis Amoutivé, et devient Supérieur de la mission de Tsévié en 1946. Deux ans plus tard, il reprend la direction de la mission d’Atakpamé, mais il tombe malade en 1952 et doit renoncer à l’Afrique. En 1958, il prend la charge d’aumônier de la maison Ste-Richarde à Andlau. Il meurt à Sélestat en 1992.

Les peintures

Le P. Woelffel a décoré les murs de la nouvelle église d’Amoutivé. Lors de son séjour en Alsace en 1948, une lettre de Mgr Strebler l’invite à collaborer à une exposition qui doit se tenir à Rome. Le P. Woelffel offre quelques tableaux au Secrétaire de la Sacrée Congrégation de la Propagande ; ils seront présentés lors de l’exposition d’Art Sacré Missionnaire qui se tint à Rome en 1950. A l’occasion du 80e anniversaire de Paul VI, en 1977, l’un de ses tableaux figure parmi les œuvres d’art exposées. En 1988, les Postes Vaticanes ont émis un timbre représentant une Annonciation peinte en style africain par le P. Woelffel.

Le timbre du Vatican.

D’une vaste culture artistique, sa curiosité d’esprit le poussait à s’intéresser à tous les styles. Dans ses peintures, sa manière, entre impressionnisme et fauvisme, exploite les riches couleurs de l’Afrique et ses contrastes [1]. Le pointillisme lui permet de rendre comme une vibration de l’air sous la chaleur. On sent que l’artiste appréciait Gauguin. Comme chez ce grand maître, l’exotisme n’est jamais le prétexte, mais il transcende l’œuvre, il la traverse et lui donne sa couleur particulière [2].

Scène africaine.
Photo M. Heilig
Photo M. Heilig
Scène africaine.
Photo A. Guiilotin

Dans la crypte de l’abbatiale d’Andlau, Eugène Woelffel a réalisé des peintures qui retracent la vie de Ste Richarde. Cette fois, il adopte un style qui rappelle l’art médiéval des enluminures.

Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume
Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume
Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume
Vie de Ste Richarde. Andlau.
Photo J.-M. Guillaume

Quelques peintures du P. Woelffel

Aquarelle.
Aquarelle.
Scène africaine.
Photo A. Guiilotin
Marché africain.
Photo A. Guiilotin

Les dessins

En dehors des commandes officielles, le P. Woelffel trouvait dans son art un refuge qu’il ne rencontrait pas ailleurs. Il aborda différents genres : paysage, portrait, scène de genre, thème religieux… Différentes techniques aussi : dessin au crayon ou à la plume, sérigraphie, linogravure, peinture etc.

Eugène Woelffel est avant tout un acharné du dessin. Ses carnets fourmillent de croquis plus ou moins achevés. Il a le don de brosser un paysage ou d’esquisser un portrait en quelques traits. Il aime ce côté enlevé et concis, mais peut aussi bien pousser plus avant, comme sur le portrait à la plume de Mgr Diss.

Le P. Diss


Quelques dessins...

Chez moi. Un coin de Molsheim.

Abd-el-Krim

Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.

Excellent dessinateur, il se plut à exercer son regard enjoué dans le dessin humoristique. Cela correspondait parfaitement à son tempérament. Il stigmatise d’un trait rapide et vif le burlesque d’une situation.

Si le sel de ces événements ponctuels nous échappe souvent aujourd’hui, il est un domaine où l’humour du P. Woelffel reste encore acéré. Il excelle en effet dans la caricature et, tout en restant bon enfant, tire en quelques traits le portrait comique d’un collègue… ou de lui-même. Il approche de la ligne de la bande dessinée franco-belge des années d’avant guerre, celle d’Alain Saint-Ogan, de Hergé ou de Jijé.

Le P. Bardol.

Le P. Durrheimer.

Le P. Woelffel par lui-même.

Le P. Woelffel par lui-même.

Ses paysages sont plus réalistes, parfois empreints du pittoresque cher aux romantiques. Ailleurs, dans ses dessins religieux surtout, il donne dans le modern-style en vogue dans les années 20-30.
Après son retour définitif, dans les années 60, le P. Woelffel collabore à Ralliement par des articles et des illustrations. Ses dessins peuvent alors montrer une touche teintée de cubisme ou de surréalisme.

Illustration pour Ralliement.
Illustration pour Ralliement.

D’autres aspects de son œuvre

Le Père Woelffel ne s’est pas intéressé qu’aux arts graphiques. Il réalisa aussi des tableaux en silhouettes de bois découpé, et c’est un de ses dessins, publié en 1966 dans Ralliement, qui servit de modèle pour la statue de la Vierge à l’Enfant de Saint-Pierre.

Vierge à l’enfant.
Bois découpé.
Photo M. Heilig
La vierge à l’enfant de la chapelle de Saint-Pierre.
Photo C. Rémond
Nativité.
Bois découpé.
Photo M. Heilig

Terre d’Afrique, juin 2007