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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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R.P. Eugène Woelffel, l’art et la mission
Article mis en ligne le 9 mars 2010
dernière modification le 12 mars 2010

par Jacques Varoqui

Les Missions Africaines ont ouvert le 11 octobre 2009 une rétrospective de l’œuvre du Père Woelffel. Cette exposition itinérante, après avoir séjourné à Saint-Pierre et à Haguenau, elle ira au Zinswald en mars 2010, puis à Marmoutier, et se terminera à Molsheim en fin d’année.

Nous avons édité un catalogue en couleurs des œuvres exposées. Réalisé par le Père Jacques Varoqui, il est disponible dans nos maisons au prix de 10 €.


Préface

Est-il vraiment indiqué de parler de Dieu, de religion et d’évangélisation en terme de beauté ? St Augustin nous y autorise, à la suite de St Jean, qui désigna déjà Jésus comme le « beau (kalos) berger. » Augustin écrivit notamment dans les Confessions : « Je t’ai connue bien tard, Beauté ancienne et Beauté toujours nouvelle, je t’ai connue bien tard. » La beauté a donc toute sa place dans l‘expérience religieuse. Eugène WOELFFEL l’a pressenti et mis en œuvre à sa manière. L’exposition et le présent catalogue voudraient en témoigner.

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Eugène WOELFFEL naquit le 2 mai 1910 à Stutzheim (Bas-Rhin). Dès l’âge de 10 ans, il entra en formation aux Missions Africaines, d’abord à l’école apostolique d’Andlau, puis à Saint-Pierre et enfin à Bischwiller. Après le noviciat à Chanly (Belgique) et ses études de théologie à Lyon, il fut ordonné prêtre le 6/01/1934. Il rejoignit rapidement Amoutivé, son premier poste à Lomé (Togo), puis la mission d’Atakpamé. La guerre le rattrapa et il est enrôlé dans l’armée en septembre 1939, mais démobilisé dès le 1er octobre. Après un séjour en France, il partit à nouveau pour le Togo et servit à Atakpamé, Tsévié, Lomé. En 1952, il est atteint par la tuberculose, qui l’obligea à un long séjour au sanatorium de l’Altenberg (Ht Rhin). De là, il se retira à la Maison Sainte Richarde d’Andlau, où il assuma le poste d’aumônier jusqu’en 1992.

En 1928, dès son arrivée à Chanly (Belgique), il se mit à peindre et apprivoisa les Ardennes belges comme s’il était en Alsace. C’était une période romantique pour sa façon de traiter les paysages. Ses aquarelles et ses dessins à la mine de plomb sont parfaits. Il s’est aussi essayé à la linogravure, technique pure, dure et froide, qu’il abandonna très vite, mais dont les leçons lui serviront lorsqu’il collabora aux publications de Ralliement. En 1938, il illustra de façon moderne et très sûre les 9 stands de la mission catholique de Cotonou. En 1939, pendant la durée de sa mobilisation à Ouidah, il produisit une série de caricatures que seuls les survivants de l’époque peuvent comprendre. En 1948, à la demande du P. Laugel, il remit quelques gouaches (25x30) à Mgr Constantini, Secrétaire de la Congrégation de la Propagation de la Foi. Les tableaux furent présentés à l’exposition d’Art Sacré Missionnaire de Rome en 1950. Comme il le dit lui-même : on l’a beaucoup félicité, mais rien donné pour sa mission ! En 1958, Lecuyer et Fils réalise un calendrier pour le compte des Missions Africaines, avec des productions du P. Eugène. Entre 1966 et 1970, il collabora à l’édition de Ralliement avec des graphismes d’une rigueur surprenante. Alors que l’intéressé avait mis fin à sa production artistique, en 1977, la Poste vaticane imprima en 1988 un timbre, reproduisant un original de 1948.

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Au terme de cette présentation, je tiens à remercier très chaleureusement les familles WOELFFEL et alliées, qui nous ont ouvert les trésors des œuvres qu’elles conservent précieusement, le Père Jacques VAROQUI, SMA, pour son travail patient et minutieux de collecte des œuvres et de mise en forme de l’exposition et de son catalogue, enfin le P. Gérard ESCHBACH, dominicain, neveu du Père WOELFFEL, qui a bien voulu rédiger un témoignage émouvant évoquant la personne de son oncle Eugène.

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« Il habitait un « autre » monde. C’est là, dans son art, qu’il semblait réellement chez lui et puiser aux ressources créatrices intérieures. Il pouvait apparemment rester inactif durant de longues heures. Mais il ne devait jamais s’ennuyer. L’essentiel de son activité se déployait dans ses nappes phréatiques. » (G. Eschbach).

Au visiteur et au lecteur de déguster, à présent, ce qui surgit de ces profondeurs jusqu’à lui.

Jean-Paul ESCHLIMANN. sma


Editorial

L’œuvre du Père Eugène pourrait être considérée comme une sorte d’art de toucher à tout. Il n’en est rien. Ayant personnellement cheminé dans les mêmes brisées et au regard du peu de moyens dont il disposait, il faut lui reconnaître une capacité particulière à assimiler le contexte des arts et de la culture de son temps. Il a su à chaque moment de sa vie se forger une écriture iconographique en parfaite adéquation avec les exigences esthétiques d’actualité.

C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans ces pages.

Nous ne voulons pas développer de thèse sur l’art du père Eugène mais simplement vous offrir le temps d’en découvrir quelques secrets.

Sauf exception, pour des raisons de discrétion nous adoptons pour chaque illustration un code référentiel d’origine :
Pour les Missions Africaines : Sma et localisation départementale.
Pour les héritiers de Molsheim : 67 Mol.
Pour les héritiers de Marly : 59 Mar.
Pour les héritiers de Haguenau : 67 Hag.

Il s’agit de Woelffel Louis et son épouse, Mme Agnès Guillotin et des frères Eric et Hervé Moschler. Nous les remercions chaleureusement pour leur généreuse participation à ce projet de présentation de la vocation artistique de leur oncle et grand oncle. Ils sont de ce fait partenaires de cette aventure missionnaire un peu spéciale.

Nos salutations s’adressent aussi à Marc Heilig, rédacteur de Terre d’Afrique, qui a bien préparé le terrain pour réaliser l’inventaire iconographique.

Jacques VAROQUI. sma

La Bonne Nouvelle à Marie au regard des maternités africaines

Correspondance 1987 :
C’est avec un grand plaisir que je viens de recevoir votre mot avec une image qui m’est particulièrement chère : L’Annonciation ! Pour moi c’est comme l’injection intraveineuse d’une bonne dose de joie et de fierté. Pensez donc, mon nom et mon œuvre vont faire le tour du monde. Au fond je n’en reviens pas qu’à Rome ils aient retenu des choses que je croyais vouées à l’oubli… E.W.

Timbre.
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Timbre.
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Timbre.
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Timbre.
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Timbre
Doc Sma67

L’année 87-88 avait été voulue par Jean-Paul II comme année mariale. Il avait souhaité que cela soit manifeste dans tous les pays du monde.

Timbre d’E. Woelffel
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Aux postes vaticanes, le Père Woellfel a représenté l’Afrique. C’était une œuvre longuement méditée sous l’influence de l’art traditionnel ashanti du Togo-Benin.

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Aquarelle de l’album Blondé.
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Aquarelle de l’album Blondé.
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Croquis pour la statue de St Pierre, paru dans Ralliement.
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Statue de la chapelle de St Pierre.
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Illustration pour Ralliement.

Paysages

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Les paysages sont pour Eugène un moyen d’évasion, de mémoire et de fidélité.

Pratiquement tous les paysages datent des années d’études et de confinement dans les séminaires et plus relativement en aumônerie. En 1928, il est à Chanly en Belgique, pour le noviciat et la philosophie scolastique. Il redessine l’Alsace ou peint ce qu’il voit au loin par sa fenêtre et ce qu’il contemple lors de promenades hors les murs, comme le gouffre de Belveaux où la rivière Lesse disparaît pour resurgir dans les grottes de Han. En 1932 il est à Lyon.

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Le gouffre de Belveaux.
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Le gouffre de Belveaux.
Photo sma
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La mare du noviciat de Chanly.
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67 Hag
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Andlau.
67 maison Ste Richarde Andlau

A la fin de sa vie, il a peint Andlau dans la grande tradition alsacienne. Les fresques, dans une petite crypte de l’église, sont comme un paysage de son âme alsacienne. Il y a peint sur un support ingrat, à la manière du Hortus Deliciarum de Hérrade de Landsberg, un aperçu de la vie de Sainte Richarde.

Crypte d’Andlau
Abbatiale 67 Andlau

Humour potache et clérical

Le noviciat est un lieu de confinement spirituel propre aux études du « thé au logis ». Hansi s’y serait trouvé à l’aise avec notre artiste.

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67 Hag

En 1939, la mobilisation des missionnaires en Afrique est une farce. Comme tous les autres, ils ont gagné la guerre.

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Les confrères sont une source intarissable d’histoires drôles et de portraits de tempérament…

Sma Togo Atakpamé
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Le P. Bardol
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Les Pères Schahl et Diss sont Laurel et Hardy, le Père Bardol pause pour le film ROMA de Fellini, et les philosophes sont tous des Charlots.

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67 Hag

Splendeurs africaines

Les images parlent d’elles même et ne réclament aucun commentaire. On peut y reconnaître des influences fauves, tachistes ou impressionnistes dans le prolongement des oeuvres de Gauguin, Matisse et parfois Rouault.

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Sma éditeur
Sma éditeur

Eugène ne s’est pas beaucoup livré à ce sujet. Il s’était forgé son propre style de peintre qui date de 1958. Huit de ces œuvres ont illustré un calendrier de la SMA à cette époque.

Sma éditeur
Sma éditeur
Sma éditeur
Sma éditeur

C’est dans la pratique de la gouache sur papier « canson » noir qu’il excelle. Les autres supports, comme l’isorel pour la peinture à l’huile, lui réussissent peu et l’usage des vernis au pinceau encore moins.

Sma éditeur
Sma éditeur
67 Mol
67 Hag

Mais l’âme africaine dont il témoigne est bien présente.

67 Mol
67 Mol
67 Mol
59 Mar
59 Mar
59 Mar

Les arts modernes

Eugène n’a rien ignoré des arts modernes. Lorsqu’il veut faire plaisir à une de ses nièces, il le fait à la manière des pastels de Renoir, pour une autre à la manière de Manet.

59 Mar
67 Mol

Mais il n’a pas ignoré les Delaunay, Kandinsky ou Miro. Son œuvre en Afrique est la décoration de l’église d’Amoutivé, au Togo, qui est de style art moderne proche de l’école du « Bauhaus de Weimar ». C’est dans cet esprit théorique que Jean Arp avait conçu la décoration de l’Aubette de Strasbourg. Eugène y a tout de même mêlé les allégories religieuses de l’époque.

67 Hag
Eglise d’Amoutivé (Togo).
Sma Amoutivé Togo
67 Hag
67 Hag

La complicité de ses dernières années avec les séminaristes de St Pierre qui éditaient la revue Ralliement, l’a entraîné dans la pratique des « arts plastiques » avec un tirage d’une série de cartes sur papier gaufré réalisée à la « ronéotypie » électronique… Le trait est sans reproche.

Illustration pour Ralliement
Sma 67
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Post-face
Mon oncle Eugène

Ce fut une journée d’exception. Un air de fête partout perceptible. Ce dimanche de juillet 1934 oncle Eugène célébrait sa première messe à Molsheim. Nos parents étant pris par les préparatifs, nous fumes confiés à tante Suzanne qui jouait les baby-sitter. Le déjeuner festif eut lieu dans la salle de fête de la maison paroissiale. Les tables étaient bien garnies avec beaucoup de monde autour. Enfin le dessert. Perché sur une chaise, tenant le dossier comme font les prédicateurs appuyés sur le rebord de leur chaire, je déclamai devant cette illustre assemblée le premier « discours » de ma vie. C’est Papa qui l’avait composé et me l’a appris. Je sens encore la chaleur et la conviction qui m’animaient. Pouvait-il en être autrement chez ce petit garçon de trois ans qui rêvait d’accompagner son jeune oncle missionnaire en Afrique ?

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II est des souvenirs d’enfant qui restent vivants comme au premier jour et qui vous marquent. II est difficile pour moi de m’imaginer sans oncle Eugène. II fut pour nous, pour moi surtout, l’Oncle, l’oncle par excellence, l’oncle absolu. Sa très grande taille et sa maigreur filiforme lui prêtait une silhouette quasi immatérielle, le posant comme un trait d’union entre terre et ciel. II était l’Afrique en personne, l’Afrique telle qu’elle pouvait chanter à nos imaginations à travers la sonorité des lieux de son apostolat : Togo, Lomé, Amoutivé, Atakpamé, Tsévié...

C’est plus tard, lors de trop rares et trop brefs congés, que j’ai commencé à le connaître en chair et en os. Mais il gardait toujours ce quelque chose d’aérien et de transparent qui inspirait respect et distance. II n’était pas fait pour les frivolités. On pouvait simplement l’admirer. d’être avec lui.

II avait son jardin secret où il devait trouver refuge devant les incompréhensions et d’une façon générale devant les difficultés de l’existence. L’expérience de la souffrance, la sienne et celle des autres, ne lui fut pas épargnée. Ses longues années de sanatorium et de maison de repos, après son retour d’Afrique en 1952, ont marqué son corps et son coeur. Sa créativité également. On la sentait profonde, sa souffrance, et en même temps, encore plus profondément, on le sentait faire face. Cet optimisme qu’il savait partager malgré tout ne coulait pas de source. Cela ne pouvait être qu’une incessante conquête.

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II savait ne pas succomber au chant de sirènes pessimistes de son tempérament. Comment faisait-il ? II avait sa manière à lui de s’en moquer gentiment. L’humour crée une distance salutaire qui rend plus légères les choses. C’est l’humour qui sans cesse le sauve de lui-même et des aspérités de l’existence. D’un trait de plume il rend la drôlerie d’une situation ou croque le portrait comique d’un personnage ou de lui-même.

Sa personnalité était loin d’être tonitruante. Ses joies étaient simples. II savait rire comme un enfant. Une éruption sonore mais brève venant du fond de son coeur et plus profond encore... II n’était pas bavard, c’est le moins qu’on puisse dire. Vous pouviez cheminer des heures à ses côtés en un long silence ponctué seulement par quelques monosyllabes. Un silence qui n’avait rien de pesant, au contraire. Sa simple présence parlait. II était très heureux de vous accueillir en visite. II n’était pas fâché de vous voir prendre congé. On sentait vite quand le moment était venu de le quitter et de le laisser à sa rumination. Lui-même ne maîtrisait-il pas l’art de « filer à l’anglaise » ?

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Comment une telle sensibilité a-t-elle fait pour se lancer dans l’aventure missionnaire en terres lointaines ? Les départs le mettaient à l’agonie. Devoir faire ses adieux lui déchirait le coeur. Le jour venu, simplement, il n’était plus là. On savait qu’il venait de partir et que cela était au-dessus de ses forces de dire ’au revoir’.

Sa sensibilité était plutôt ’classique’ et avait horreur des redondances. C’est la litote qui marquait sa parole, son écriture et ses gestes. Et c’est à travers le silence qu’il traduisait l’essentiel qui l’habitait. Comme si la parole allait détruire l’oeuvre en gestation. Vous ne l’entendiez jamais parler de quelque projet de création. Simplement, le moment venu, parfois de façon extrêmement imprévue, le voilà devant un papier qui ne restait pas blanc longtemps ou une toile qui prenait très vite des couleurs, laissant libre cours à son crayon ou à son pinceau.

Pionnier anti "saint-sulpicien", si on ose dire, de l’expression artistique religieuse en Afrique, il n’a jamais été esclave d’un style arrêté. II s’intéresse à tous les styles, les copie au besoin, et reste malgré tout lui-même, loin des académismes, très personnel et toujours original. Comme si la forme devait sans cesse se dépasser dans l’expression de quelque chose de plus essentiel.

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Sa déclaration d’amour à l’Afrique passe par son art et occupe l’essentiel de son oeuvre. Cet art c’est d’abord la justesse et la finesse avec lesquelles il sait exprimer le ’geste’, c’est-à-dire la vie africaine. Voyez sa représentation de la Vierge de l’Annonciation, présente à l’exposition d’Art Sacré Missionnaire à Rome en 1950 et figurant sur un timbre de la poste vaticane en 1988, Toute l’annonce tient dans le geste de l’ange et tout le fiat dans celui de Marie.

II habitait un ’autre’ monde. C’est là, dans son art, qu’il semblait réellement chez lui et puiser aux ressources créatrices intérieures. II pouvait rester apparemment inactif durant de longues heures. Mais il ne devait jamais s’ennuyer. L’essentiel de son activité se déployait dans ses nappes phréatiques. II lui suffisait ensuite de creuser un petit puits ou de faire couler une petite source...

II lui arrivait d’expérimenter avec l’insolite. Cela tentait également le petit élève de cinquième que j’étais. On a donc testé un mode de ’télécommunication’ par radiesthésie entre Tsévié et Haguenau. C’est ainsi que je devins médium d’un jour. Hélas, l’expérience fut loin d’être probante. Au jour et à l’heure fixée, les pendules de notre communication intercontinentale voulaient obstinément rester immobiles.

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II ne sautait pas par-dessus son ombre. D’une infinie discrétion, il disparaissait en quelque sorte derrière sa mission ou derrière l’oeuvre en gestation. Comme s’il n’avait lui-même qu’une importance très relative. Sa foi était sans doute trop profonde pour avoir besoin de démonstrations bruyantes dont sa pudeur naturelle ne pouvait qu’avoir horreur.

II pouvait rester en admiration devant un insecte ou une fleurette. Les choses simples lui permettaient de découvrir la richesse du monde et d’accéder à l’âme des êtres et des choses. Un de ses modèles favoris : le Dompeter perdu au milieu des champs entre Molsheim et Avolsheim. 11 n’aurait échangé pour rien au monde cette humble église, la plus vieille d’Alsace, contre les splendeurs de la basilique Saint Pierre à Rome que pourtant il admirait. On touche ici un trait fort de sa sensibilité profonde et qu’on rencontre chez lui de mille manières, à savoir une perception de l’extrême relativité de l’échelle des grandeurs. Comme pour dire qu’une herbe sauvage, elle aussi resplendit à sa manière.

II devait s’identifier lui-même à une petite herbe sauvage dans le jardin du Bon Dieu.

Gérard ESCHBACH. op

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