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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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La participation à l’aide au développement de l’Afrique Noire
Article mis en ligne le 4 mars 2013

par Alain Florent Bikini Musini

Introduction
Nous nous proposons d’aborder dans cette réflexion la question de la participation dans les démarches de développement dans les pays du Sud. Cette question est vraiment capitale car elle met en adéquation les besoins des populations ciblées, les acteurs et les différents projets de développement. La participation est vraiment un concept clé, car personne ne peut développer un milieu donné mieux que les populations concernées. C’est une approche alternative de la culture qui fait appel à la collaboration, à l’estime, à l’appropriation et à la confiance. Notons aussi que le manque de participation a été à la base des échecs dans beaucoup de projets de développement imaginés en haut lieu, c’est-à-dire par les experts qui ne se donnent pas la peine de prendre en compte les contingences du terrain.

Transport en Centrafrique.
Photo Paul Cyriaque Semaporo

Les questions qui nous préoccupent sont de savoir comment mettre en évidence, à tous les niveaux, le degré de participation entre les différents acteurs depuis la conception jusqu’à la réalisation et l’évaluation d’un projet de développement. Qui sont les acteurs qui entrent en jeux dans une telle chaîne ? Nous ressentons le besoin de tracer un petit cadre historique afin de faire ressortir quelques mots clés et situer notre travail.

Nous sommes à la fin des années 1990. Dans les pays du sud, la pression de la société civile fait accepter les normes humanitaires [1]. La famine, les maladies, la perte des vies humaines, la pauvreté extrême, c’est la bataille en face de nous et l’histoire [2]. Pendant cette décennie, de nombreux combats et luttes pour la justice sociale laissent la place à une politique sociale que les états doivent mener, celle qui s’occupe des besoins des populations surtout les plus défavorisées.


Pauvreté, société civile et aide internationale
La revue The Independent du 10 septembre 2003 invite les décideurs à s’attaquer à la question des inégalités dans le monde : deux milliards sept cent mille habitants de la planète sur les six milliards vivent avec moins de deux dollars par jour. Les gouvernements soutirent au peuple plus qu’ils ne lui donnent.

L’agenda du millénaire commencé en 2000 pour le développement et l’éradication de la pauvreté dans le monde tergiverse. Les objectifs fixés visaient entre autre à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, le nombre d’individus vivant avec moins d’un dollar par jour, à réduire l’extrême pauvreté et la faim. Ils sont loin d’être atteints. Tous ceux que nous reproduisons dans les lignes qui suivent nécessiteront encore plus d’argent et de volonté politique :
1. Réduire l’extrême pauvreté et la faim ;
2. Assurer l’éducation primaire pour tous ;
3. Promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes ;
4. Réduire la mortalité infantile ;
5. Améliorer la santé maternelle ;
6. Combattre les maladies
7. Assurer un environnement humain durable ;
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Marché à Kévé (Togo).
Photo Robert Bucher

Il faut changer les conditions de vie des peuples là où ils se trouvent au lieu d’en faire des objets de la charité de l’occident. La pauvreté extrême est une affaire régionale avec 93% des pauvres du monde habitant l’Afrique et l’Asie. Le reste se situe en Amérique latine et en Europe de l’Est. Kothari et Minogue, en 2002, pensent que le concept de développement serait plus performant s’il dévoilait son propre secret, c’est-à-dire ce que l’on entend par développement car ce terme est ambigu. C’est une question de relation de force, pas une simple rhétorique avec des labels populistes en vogue : société civile, réduction de la pauvreté, participation. Ils reconnaissent tout de même que certaines ONG [3] menées par la société civile globale sont actives dans des communautés locales et font bouger les marges.


La société civile et les ONG entre 1990 et 2000
La société civile et les ONG se sont dans un premier temps concentrées sur des activités caritatives dans les pays du Sud. Dans un deuxième temps, elles se sont orientées vers le développement. Dans un troisième temps elles, ont pris un rôle de catalyseur pour que le peuple devienne le centre du développement sur le plan local. Dans un quatrième temps, la société civile globale s’est alignée avec les nouveaux mouvements sociaux, par exemples les environnementalistes, les droits humains et les mouvements féministes [4].

Pompe à Kombolokoura (Côte d’Ivoire).
Photo Pierre Kunegel

Nos mots clés vont donc être : la participation, le projet de développement, la pauvreté et les acteurs. Au cœur de ce travail, notre objectif est de trouver le centre de redistribution, voire de transmission, du pouvoir entre les mains des concepteurs des projets vers celles des bénéficiaires. Notre méthodologie consistera à analyser brièvement les textes suivants :
Jean-Pierre Olivier de SARDAN, Les trois approches en anthropologie du développement, in Tiers-Monde, 2001, tome 42, n°168, pp. 729-754 ;
Leroy MAYA, Méthodes participatives dans le cadre des rapports nord-sud. Une revue critique de la littérature, 2005 ;
Marilou MATHIEU, Ballade d’un expert anthropologue sur les traces de la MARP, in Les enquêtes participatives en débat. Ambition, pratiques et enjeux, Paris, Gret, Karthala, Icra, 2000 ;
Stéphane de TAPIA, Système migratoire euro-méditerranéen. Effets des transferts financiers dans le pays d’origine, Strasbourg, Édition du Conseil de l’Europe ;
Sylvie BRUNEL, L’Afrique, Éditions Bréal, 2004.

Nous définissons comme plan de notre travail les trois approches proposées par Jean Pierre Olivier de Sardan que nous analyserons en parallèle avec les autres textes :
1. la déconstruction du discours du développement ;
2. l’approche populiste ;
3. l’enchevêtrement des logiques sociales et l’hétérogénéité des acteurs.


La déconstruction du discours sur le développement
La question du développement doit être traitée le plus objectivement possible. Qu’est ce qui fait le développement ? Faut-il faire des choix économiques aux conséquences désastreuses pour les peuples ? Ces choix ont souvent été faits par des experts étrangers sans lien direct avec la population concernée. Le décalage est souvent très grand entre le discours des développeurs et les pratiques sociales sur le terrain. L’expert doit jouer le rôle de facilitateur, celui qui aide à ce que le projet aboutisse. Il ne doit pas être le seul décideur.

L’école de Monasao (Centrafrique).
Photo Grégoire Kucharski

Jean Pierre Olivier de Sardan part d’une posture anthropologique qui suppose la clarification du concept de développement. Celui-ci ne peut pas se décliner sans prendre en compte toutes les formes d’interactions et toute la complexité des pratiques sociales qui les accompagnent. Il conçoit le développement en lien étroit avec l’anthropologie : Le développement n’est en effet pour nous rien d’autre que l’ensemble des actions de tous ordres qui se réclament de lui, de près ou de loin (du côté des « développeurs » comme des « développés »), en la diversité de leurs acceptions, significations et pratiques. L’existence d’une « configuration développementiste », ensemble complexe d’institutions, de flux et d’acteurs, pour qui le développement constitue une ressource, un métier, un marché, un enjeu, ou une stratégie, suffit à légitimer l’existence d’une socio-anthropologie qui prenne le développement comme objet d’étude ou comme « entrée » [5].

Cette vision anthropologique du développement met en valeur la coexistence de plusieurs facteurs et de plusieurs acteurs dans toute pratique de développement. C’est une approche qui a le mérite de déconstruire l’hégémonie du seul discours du développeur qui venait en sauveur des pauvres. Pour nous qui venons des pays dits du sud, de l’Afrique pour notre cas, depuis les indépendances de nos pays, c’est-à-dire les années 1960 pour une grande partie de nos pays, à nos jours, un seul mot revient dans tous les débats : le développement. Que cherche-t-on exactement ? Plus on le recherche, plus le sous-développement progresse, avec des conséquences sociales désastreuses : paupérisation, chômage de masse, montée de la malnutrition, réapparition d’endémies qu’on croyait jugulées (trypanosomiase, fièvre typhoïde, choléra et toutes les maladies opportunistes associées au sida). On parle du développement depuis plus de la moitié d’un siècle, mais les sociétés africaines basculent dans la débrouillardise et le chacun pour soi. Que cherche-t-on que le développement n’a pas permis de trouver ? Pour développer, il faut à tout prix impulser la responsabilisation des bénéficiaires, l’auto-appropriation du concept de développement. L’œil de l’anthropologue sert à préciser ce qui est recherché de part et d’autre : l’anthropologue doit souvent risquer le conflit pour accéder à des informations variées lui permettant de mettre en perspective une information précise [6].

En Afrique, tout comme dans les autres pays du Sud, il faut une véritable prise en compte de la dimension sociale et culturelle avant de pouvoir parler de développement. La complexité du concept se traduit même dans les actions que les émigrés tentent d’entreprendre avec leurs pays d’origine. S’appuyant sur les experts et les chercheurs travaillant dans la liaison migration-développement, le professeur Stéphane de Tapia affirme que le développement des pays d’origine de la migration internationale est un phénomène hautement complexe, relativement facile à décrire, extrêmement difficile à modéliser et à transférer [7]. Pour lui, la liaison migration-développement suppose une meilleure connaissance et une meilleure compréhension des tous les circuits qui entrent en jeu. Développer, à notre avis, doit supposer la participation de tous les acteurs, la reconnaissance de la complexité de chaque situation, travail auquel les anthropologues s’adonnent mieux que les bailleurs des fonds. La participation sert à renforcer les capacités de tous les acteurs et à valoriser le consensus dans la réalisation du projet.


L’approche populiste
Le populisme a souvent été mêlé au déconstructionisme que nous venons de voir, simplement parce que son discours est unilatéral, c’est-à-dire fondé sur la seule pensée du développeur excluant celle des développés. Tout le savoir à mettre en œuvre se trouve emprisonné par la bureaucratie des institutions de développement. Le populisme utilise lui aussi un langage fluide sur le développement, tout est orienté vers l’économie, la technique et la gestion. Le savoir du peuple sur le terrain est soit ignoré, soit utilisé dans un but idéologique ou démagogique. On se sert des connaissances des faibles pour faire exploser dans une forme de rhétorique son art oratoire. On peut en effet distinguer un « populisme idéologique », avec lequel il conviendrait de rompre (illustré par l’ouvrage classique de Chambers, 1990-1983), et un « populisme méthodologique », nécessaire à l’investigation anthropologique. Le populisme idéologique peint la réalité aux couleurs de ses désirs, et a une vision enchantée des savoirs populaires. Le populisme méthodologique, lui, considère que les groupes ou acteurs sociaux ď« en bas » ont des connaissances et des stratégies qu’il convient d’explorer, mais sans se prononcer sur leur valeur ou leur validité [8].

Mécaniciens à Kombolokoura (Côte d’Ivoire).
Photo Pierre Kunegel

L’approche populiste utilise les pratiques populaires non pour les mettre en valeur, mais pour donner crédit au démagogue. Il y a ici prédominance d’un seul discours, au détriment du savoir de ceux que l’on veut développer. Olivier de Sardan distingue le populisme idéologique, qui idéalise les capacités du peuple, du populisme méthodologique, qui se contente de décrire les ressources pragmatiques, même les plus insignifiantes, de tout acteur. A tous les niveaux, il est nécessaire de prendre en compte le savoir scientifique des experts qui a tendance à tout prévoir, le savoir local qui a le mérite d’être pratique et informel même s’il n’a pas encore été reconnu comme scientifique, le développement étant un domaine où il est forcément impossible de tout prévoir. Ne pas combiner le savoir scientifique global et le savoir pratique local conduit beaucoup de projets à l’impasse : c’est parce que les grands schémas centralisés et planifiés de transformation sociale (urbanistiques, révolutionnaires, développementistes...) ne la prennent pas en compte qu’ils échouent toujours [9].

C’est peut-être du côté de la combinaison du global et du local qu’il faut chercher la clé de réussite des projets de développement. Il y a une véritable demande de participation et il deviendrait efficace s’il aboutissait à la réalisation des projets qui partent d’en bas, le rôle des experts étant celui de catalyseur. C’est dans ce cadre que les auteurs comme Maya Leroy vont privilégier une méthode comme la MARP [10] : La plus connue des méthodes participatives de terrain est la MARP (Méthode Accélérée de recherche participative). Il s’agit de réaliser des diagnostics rapides de terrain, avec les populations locales. Les populations sont ici « expertes » dans le système et participent fortement à l’élaboration des objectifs du projet [11].

Le processus de participation est difficile à mettre en place. Il se confronte à plusieurs facteurs : temps, argent… Mais il est l’interface par lequel on arrive à construire un minimum d’objectifs communs. Les parties prenantes sont appelées à participer à l’exécution ainsi qu’à l’évaluation du projet. Dans son article : Parks or people ? National parks and the case of Del Este, Dominican Republic [12], Donald V.L. Macleod écrit : Adams and McShane (1992) highlight the fact that much of the control over funding and decisions remains with expatriate advisers, agencies and international conservation organizations, a situation way out of proportion to the amount of money they invest. Instead, the writers argue, empowerment and participation must go to the Africans.

D.V.L Macleod met le doigt sur la situation asymétrique qui déstabilise la plupart des projets. L’apport financier vient en grande partie des experts expatriés et des agences internationales qui, naturellement, décident et faussent le débat. Pour lui, le renforcement des capacités et la participation concernent d’abord les bénéficiaires. Cette asymétrie est parfois désolante lorsque nous évaluons les sommes colossales investies dans certains projets de développement et les maigres résultats récoltés. En cherchant les véritables causes de la faillite africaine, le professeur Sylvie Brunel écrit : Dans Sahel : les paysans dans les marigots d’aide (L’Harmattan, 1998), Marie Christine Gueneau et Bernard J. Lecomte s’emportent contre les agences d’aide et les ONG, accusées d’imposer aux paysanneries du Sahel leur propre système de valeurs et leurs credos en matière de développement, sans tenir compte des priorités réelles des prétendus « bénéficiaires » (puisque c’est le terme consacré) de leurs programmes. Contrairement au discours tenu, constatent-ils, les pauvres sont rarement atteints par les programmes d’aide, d’une part parce qu’ils sont trop peu organisés collectivement, ensuite parce que leur vulnérabilité les rend réticents à prendre des risques, enfin parce que les programmes supposent souvent une « participation » des destinataires (censée faciliter la fameuse « appropriation » du projet par ses bénéficiaires), qu’ils ont rarement les moyens d’acquitter [13].

Personne n’a le monopole de la clé du développement, personne ne connait tous les besoins fondamentaux des populations. Il y a donc un réel besoin de planification pour travailler de concert avec tous les acteurs concernés, l’expertise extérieure venant pour débloquer les situations qui coincentn, comme le manque de financement, la priorisation des besoins et les moyens ou les concours techniques. Il faut éviter d’utiliser un discours dominant qui considère le savoir local comme dépassé et retardataire.


L’approche par l’enchevêtrement des logiques sociales
Cette approche, développée au cours des années 1980, suppose, selon Jean-Pierre Olivier de Sardan, la prise en compte de l’hétérogénéité de tous les acteurs qui se confrontent autour des opérations de développement. Cette approche a le mérite de faire le lien, mieux le rapprochement, entre le savoir populaire et le discours développementiste : Au lieu de se focaliser exclusivement sur les savoirs populaires, comme dans l’approche populiste, au lieu de dénoncer la configuration développementiste et son discours, comme dans l’approche déconstructionniste, l’approche centrée sur l’analyse de l’imbrication des logiques sociales étudie les relations entre ces deux univers, ou plutôt entre des segments concrets de l’un et de l’autre, et donc prend leur rencontre comme objet d’enquêtes empiriques [14].

Station d’essence au Bénin.
Photo Robert Bucher

Cette approche, Olivier de Sardan l’appelle aussi interactionnisme méthodologique, à l’opposé de l’interactionnisme idéologique. Ici, toutes les interactions sociales entrent en jeu dans chaque projet de développement. L’anthropologie du développement prend alors des couleurs variées : savoir et stratégies pratiques, contraintes de contexte, apport extérieur. Toutes ces logiques ne visent qu’à une seule chose : le consensus. Chaque contexte invite à analyser le cas en présence de façon particulière. L’imbrication des deux logiques, d’un côté la configuration développementiste et de l’autre le savoir populaire, visent à la complémentarité ; l’une ne doit pas exclure l’autre. Cette approche prône la reconnaissance de la diversité des acteurs dans tous les secteurs où interviennent des institutions ou des agents de développement. Les idéologies scientifiques et le savoir des gens du terrain, une fois mis en commun, peuvent ouvrir la voie au développement tant attendu dans les pays du Sud, et doivent aider à réparer les dysfonctionnements du passé. L’enchevêtrement des logiques sociales n’est pas encore la solution recherchée, car le développement demeure un domaine complexe, mais il nous ouvre des nouveaux espaces de recherche et d’interprétations [15].


Conclusion
Notre analyse porte sur la question de la participation dans la recherche de développement. Venant d’un pays du Sud, la République Démocratique du Congo, les dirigeants, les populations locales n’ont que ce mot à la bouche. Et pourtant, malgré toutes les richesses de son sol et de son sous-sol, la réalité économique et sociale du Congo est très négative. Selon l’indice de développement humain (IDH) publié par le PNUD [16] en novembre 2011, la Norvège est au top des pays où l’on vit le mieux et la RDC en dernière position : Les pays occupant les 10 dernières places du classement IDH 2011 se trouvent tous en Afrique subsaharienne. Il s’agit de la Guinée, de la République centrafricaine, de la Sierra Leone, du Burkina Faso, du Liberia, du Tchad, du Mozambique, du Burundi, du Niger et de la République Démocratique du Congo [17].

Récolte du coton dans le nord de la Côte d’Ivoire.
Photo Jean-Pierre Frey

Les discours sur le développement n’ont encore rien donné sur le terrain. Il est temps de ne plus regarder seulement les causes externes du retard (traite, colonisation, échange inégal…) que les autorités pointent du doigt à longueur de journée. En s’interrogeant sur la nature des causes internes, on peut arriver à remettre en question les approches utilisées qui se révèlent inefficaces. Nous en arrivons à faire le plaidoyer de la méthode interactionnelle, qui vise à l’enchevêtrement des logiques sociales : mettre ensemble le savoir, les moyens, les besoins des populations dans une logique participative de lutte contre la pauvreté. La question du développement prendra tout son sens lorsque l’on examinera toutes les causes, à la fois internes (corruption, clientélisme, tribalisme…) et externes (échange inégal, discours dominant des experts…) de nos dysfonctionnements. Nous concluons sur une note d’espoir avec Sylvie Brunel : L’Afrique est aujourd’hui un continent en réserve de développement [18]. Elle prendra son envol lorsque son dictionnaire de développement imbriquera toutes les logiques sociales et ne sera plus l’apanage des dominateurs.