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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Voyage en période de guerre
Article mis en ligne le 27 octobre 2014
dernière modification le 3 novembre 2014

par Marie-Ange Kina

En 2010, le Père Pierre Kunegel tomba gravement malade. Il était alors à de Kombolokoura, sa mission dans le nord de la Côte d’Ivoire. Le pays était au bord d’une effroyable guerre civile. Le Père Pierre devait être rapatrié en France, mais ce ne fut possible que grâce au dévouement et au courage de Madame Marie-Ange Kina. Ce ne fut pas une chose facile, la fatigue et les dangers étaient du voyage, comme nous le découvrons dans son récit. Chère Madame Marie-Ange, les saints en qui vous vous étiez remise vous ont certainement accompagnée dans cette entreprise, et nous vous remercions d’avoir pris soin de notre confrère.

Madame Marie-Ange Kina.
Photo .-A. Kina

Le 18 Novembre 2010, m’étant mis en contact téléphonique avec le Père Ramon de Korhogo, l’ancien curé de la paroisse Ste Bernadette d’Abidjan où je suis engagée dans la pastorale, particulièrement auprès des enfants CV-AV [1], j’apprends que le Père Pierre Kunegel, autrefois curé à Niakaramandougou, mon village natal, est en clinique à Korhogo. Je prends contact avec lui et il me renseigne sur les symptômes de sa maladie. Dans la soirée, avec le médecin, il décide de venir se faire soigner à Abidjan. Le lendemain, le Père Pierre Chassaigne, en charge du Centre d’Accueil de Korhogo, le conduit à Abidjan et le Supérieur Régional, le Père Dario Dozio, le fait hospitaliser.

Le 19 novembre, dès que j’apprends l’arrivée du Père à la clinique de L’Indénié, je m’y rends pour rester au chevet du malade. La nuit, je la passais couchée sur un pagne que j’avais étendu par terre sur le carrelage. A chaque fois que le Père avait des difficultés de déglutition, je me tenais auprès du lit pour lui présenter le crachoir. Les après-midi, je me faisais remplacer de 14 à 17h par ma fille Clémentine pour me permettre de manger et me reposer car je n’avais pas droit au repas à la clinique. Je ne mangeais qu’une seule fois par jour et je prenais, pour en-cas, une banane braisée chez une vendeuse, dans la rue. J’allais chaque matin lui acheter les journaux pour avoir des nouvelles de la guerre qui se préparait.

Madame Marie-Ange Kina et le Père Pierre Kunegel.
Photo M.-A. Kina

Le 8 décembre, les infirmiers sont venus le chercher pour aller l’opérer. Je les ai suivis et je faisais la navette entre la salle d’attente opératoire et la chambre d’hospitalisation. Pendant cette attente, pleine d’inquiétude, mon téléphone sonne. C’est le Père Supérieur. Il me dit : « Allo Marie Ange ! Le chirurgien me demande s’il faut continuer l’opération car elle ne peut réussir, et cela pourrait s’aggraver. Je veux avoir ton avis. Qu’en dis-tu ? » J’ai lui répondu que je préfère que le chirurgien arrête et qu’on passe par tous les moyens pour évacuer le Père Kunegel en France.

Madame Marie-Ange Kina.
Photo M.-A. Kina

Mais comment s’y prendre pour qu’il ne sache pas que l’opération n’est pas achevée et que c’était urgent qu’il rentre au pays, pour ne pas qu’il soit affecté, découragé dans sa maladie ? Nous lui avons dit, le Père et moi, qu’il serait mieux qu’il rentre pour continuer les soins, à cause de la guerre qui venait d’éclater suite à la manipulation des résultats électoraux. C’était un bon prétexte pour le convaincre. Il a accepté mais le grand problème était de chercher ses affaires et ses papiers au Nord puisque le pays était coupé en deux : le Nord occupé par rebelles et le Sud par l’armée loyaliste. Que faire ? Sans ses papiers, il ne pourra pas voyager. Le laisser là, dans l’inquiétude, la mort peut survenir… Il ne pouvait presque rien avaler. Il était affaibli et méconnaissable.

Le père Dario proposa d’appeler le Père Chassaigne, à Korhogo, pour lui demander de lui faire parvenir les papiers depuis le Nord. Mais comment procéder ? Combien de temps cela va-t-il prendre, alors que le temps presse ? Il faut faire vite car la situation au pays s’est aggravée. Il y a la guerre, le pays est coupé en deux. Par où passer ? Il n’y avait plus de zone tampon qui séparait les belligérants à Tiébissou. Tout est gâté [2]) !


Alors, comme il n’y avait plus de solution et qu’il fallait que le Père rentre en France pour se faire soigner, je me suis décidée à traverser le pays malgré ce qui pourrait m’arriver.
J’ai dit au Père Dario : « Je vais partir chercher les papiers du Père et ses affaires ».
« Non, Marie Ange, dit-il, tout est fermé à Tiébissou d’après les dernières nouvelles. »
Je lui répliquai : « A cœur vaillant rien d’impossible ! Je suis une CV-AV, et les choses dures, ça nous plaît ! »
Par la grâce de Dieu, je partirai demain matin et je reviendrai le lendemain. Plus de 600 kilomètres jusqu’au Nord, par taxi brousse, par moto ou par tout autre moyen qui me permettra d’y arriver.

La force Licorne, force d’interposition française en Côte d’Ivoire.
Photo P. Kunegel

J’ai demandé à ma fille Clémentine de veiller sur le Père… Le lendemain matin, après la messe de 6h 15 à Sainte-Bernadette de Marcory [3], j’ai confié ce voyage à Saint Michel archange, à Saint Christophe, le patron des voyageurs, à Saint Antoine de Padoue, mon Saint de dévotion, et à mon Ange gardien à qui Dieu m’a confiée depuis le 25 Décembre 1952. Après leur avoir confié ce grand voyage, je me suis fait accompagner à la grande gare routière d’Adjamé et j’ai pu avoir le taxi-brousse qui pourrait m’emmener à Niakaramandougou, mon village natal, dans le Centre Nord où le Père Pierre avait œuvré pendant 11 ans.

Depuis la sortie d’Abidjan, je ne pouvais plus compter les nombreux barrages à l’entrée et à la sortie de chaque village ou ville car les villageois eux-mêmes surveillaient leurs villages, ils étaient tous armés. Chaque fois le chauffeur devait négocier le passage avec eux en donnant des sous pour qu’ils acceptent de nous laisser passer et tous les passagers du véhicule devaient descendre et se faire fouiller jusque dans les dessous de corps. Quelle peur ! Mais il faut continuer, le Père est là et il doit partir pour se faire soigner.

Barrage de route à Taléré (Côte d’Ivoire).
Photo P. Kunegel

A Djébonoua, un village non loin de Bouaké, le voyage n’était plus possible. Les corps habillés loyalistes ont demandé au chauffeur de retourner avec nous à Abidjan, ils n’ont pas accepté la négociation ni même les sous que le chauffeur leur proposait. Le chauffeur a fait demi-tour avec nous. Il y avait là, au point stratégique du passage, des gens de la Croix Rouge qui aidaient les passagers malades, assoiffés ou affamés. Ils nous donnaient de l’eau et un morceau de pain à la sardine. Moi, j’avais des céphalées et j’ai pu avoir de quoi calmer mes douleurs.

Konaté et Fofié, des forces de sécurité de Bouaké.
Photo P. Kunegel

Un peu plus loin sur le chemin du retour, assurés que les forces militaires nous avaient perdus de vue, le chauffeur dévia sur une piste de brousse, une route des champs qui s’éloignait de la grand-route pour contourner le fameux barrage. Et nous voilà à l’entrée de Bouaké. Bientôt il faudra descendre au corridor, le poste de contrôle des rebelles, et marcher sur environ 200 mètres pour encore se faire fouiller : les hommes par des corps habillés hommes, et les femmes par des corps habillés filles, sans parler des 500 frs cfa que chaque passager devait payer chaque fois qu’il était contrôlé.


Partis depuis 8h du matin, nous voilà enfin à Niakara à 19h ! Il fallait que je continue le voyage. J’étais encore à plus de 140 kilomètres de Kombolokoura. Il faisait nuit, pas question de faire escale. Il faut que le Père puisse partir se faire soigner. Le voyage continuait. J’ai dis à ma nièce, à Niakara, que le chauffeur avec lequel je suis venue veut retourner le lendemain à Abidjan, et pour me permettre de retourner et surtout de confirmer mon retour avec lui, j’ai dû payer mon ticket d’avance.

Madame Marie-Ange Kina.
Photo M.-A. Kina

Me voici, à 20h, dans un autre transport en commun. Le véhicule est très « fatigué », et nous sommes hyper surchargés. Il faisait nuit. Je n’avais même pas une notion du nombre de passagers que nous étions dans et sur ce véhicule prévu pour 18 places. Nous étions coincés l’un contre l’autre et certains perchés à l’arrière du véhicule, sans compter ceux qui étaient assis sur la toiture. Le véhicule n’avait qu’un seul phare. Vous pouvez donc vous imaginer son allure. La route était quasiment déserte. La nuit était noire, pas comme les autres nuits. Celle-là, particulièrement, était remplie de peur, d’inquiétude à cause des coupeurs de route qui pouvaient surgir de la brousse et tirer sur le véhicule à tout moment. Nous étions aussi animés par l’espoir d’arriver sains et saufs, au fur et à mesure qu’on s’approchait de Korhogo. A l’arrivée, je demandai au chauffeur de venir me reprendre le lendemain matin. Au cours de ce long chemin, j’appelais de temps à autre le Père Chassaigne qui m’attendait à Korhogo, au « Centre d’Accueil » SMA.

A 23h 30 passées, nous voici à Korhogo où Georges, le cuisinier du Père, m’attendait pour m’emmener à moto à la paroisse de Kombolokoura. Le Père Chassaigne me proposa de dormir car il se faisait tard, proposition que j’ai systématiquement rejetée. Il fallait que je continue le voyage car je devais repartir à Niakara pour le retour avec le même chauffeur. Je n’avais donc pas de temps à perdre car le Père Pierre devait rentrer pour se faire soigner. Je dis alors au Père Chassaigne : « Mon Père, à Cœur Vaillant rien d’impossible et les choses dures ça nous plaît. Je serai là tout à l’heure. »

Il est 1h du matin, je m’assieds en califourchon sur l’arrière de la moto du cuisinier. Cette fois, la nuit est plus noire encore, et tellement calme qu’elle fait encore plus peur sur cette piste chaotique et poussiéreuse. Le vent était très sec et il faisait froid parce que l’harmattan soufflait fort. A 1h 45, j’étais dans le bureau du Père Kunegel. Il m’avait donné des instructions sur ce que je devais prendre dans sa chambre pour le mettre dans sa valise. Cela fut fait rapidement. Après avoir terminé la valise, il était 3h 35. J’ai pris une douche et je me suis étendue.

Le 15 décembre, à 5h du matin, nous voilà sur le chemin du retour. Il est 6h 30 lorsque nous arrivons à Korhogo. Il fallait que je me dépêche pour retrouver le chauffeur et regagner Niakara afin de pouvoir rattraper le taxi brousse qui devait me ramener à Abidjan. Mais lorsque j’ai appelé le chauffeur de Niakara, il m’a dit que durant la nuit ils avaient complètement fermé le passage au niveau de Tiébissou et que le départ prévu n’aura pas lieu. Il quittera Niakara à 5h du matin le lendemain, si possible. J’ai alors préféré me rendre à Niakara pour me reposer chez ma nièce. A 16h à la gare de Niakara, le chauffeur me confirme le départ de 5h de demain matin.


Le 16, à 5h 30 du matin, nous voilà sur le chemin du retour dans les mêmes conditions. A Bouaké, il nous a été rapporté que le passage était impossible à l’entrée de Tiébissou et même que des cars avaient été incendiés, que tout véhicule venant du Nord devait faire demi-tour, ainsi que ceux venant du Sud. Le chauffeur a repris la route. Certains voyageurs le dissuadaient afin qu’il s’en retourne et d’autres l’encourageaient à continuer. Je faisais partie de ces derniers puisque, quelle que soit la difficulté, j’avais décidé de tout braver pour revenir à Abidjan. Le Père devait pouvoir rentrer en France pour être soigné. Il ne fallait pas qu’il rate l’avion ce jour là, car les vols n’étaient plus réguliers.

Forces armées à un barrage de route en Côte d’Ivoire.
Photo P. Kunegel

Quelque temps après, voilà le corridor de Tiébissou, le fameux corridor. Devant nous, une queue de véhicules bloqués sur une longue distance et au loin, une fumée montait. Le chauffeur, ne pouvant plus continuer, s’arrête. Tout le monde descend pour voir ce qui se passe. Comme le nombre de voyageurs grossissait, nous avons été effrayés par un coup de fusil. A ce moment là tout le monde se mit à courir pour rejoindre le véhicule.

C’était là, pour moi, le moment de décider d’aller à Abidjan ou de me faire tuer car je ne voulais pas repartir à Niakara. Une voix me dit : « Marie Ange, continue la route tu arriveras à Abidjan. » Et tout d’un coup, je me lève et je dis au chauffeur : « M. Bako, écoute moi, je ne retournerai pas à Niakara avec vous, je vais descendre et voir les militaires pour qu’ils me laissent passer. »
Il me réplique : « Non maman, ne va pas là bas, ils vont te tuer, ils ont tiré sur ceux qui se sont entêtés, les corps sont là et le car calciné fume encore. »
Une dame dans le véhicule du nom d’Yvonne me dit : « Ange, n’insiste pas, ils vont te tuer. »
Je lui ai répondu : « Chère maman, vous connaissez bien le Père Pierre Kunegel, son état est grave, il faut qu’il rentre et il doit prendre l’avion demain, au petit matin. J’ai ses pièces [4] avec moi. C’est ce que je suis allé chercher et sans ces documents il ne pourra pas partir. »

Je m’adresse à tous les passagers : « Vous tous qui avez des chapelets chrétiens ou musulmans, l’heure est grave. Je vous demande de prier pour moi, je vais partir chez ces hommes armés pour leur demander de me laisser passer. S’ils tirent sur moi, ça sera sous vos yeux et arrivés à Niakara, toi le chauffeur, tu remettras mes bagages à ma nièce Jeanne d’Arc et vous lui expliquerez l’évènement. Restons surtout en union de prière et je sais que je vais passer, ils me laisseront partir. »
Après ces paroles rassurantes je leur ai dit au revoir et je suis descendu du véhicule sous le regard de tous les occupants. Je suis restée sourde aux appels du chauffeur et de dame Yvonne.

Forces armées à un barrage de route en Côte d’Ivoire.
Photo P. Kunegel

Alors que j’approchais du lieu, j’ai jeté un regard en arrière pour voir ce monde se soucier pour moi. A 50 mètres environ de la ligne, j’entends : « Madame, si tu bouges d’un pas nous allons tirer sur toi. »
Je me suis alors arrêtée, mise à genoux en soulevant les bras en l’air et j’ai crié ces mots : « Je vous demande pardon, vous êtes nés d’une femme chacun de vous, ne me tuez pas, quand vous voyez mon physique vous voyez bien que je ne suis pas un enfant. Avec mon âge, en ce moment précis, si je n’avais aucune raison valable, aucune urgence, je ne serai pas ici devant vous qui êtes armés. Regardez les papiers que j’ai, il s’agit d’évacuer un prêtre en urgence gravement malade, il prend l’avion tôt demain matin, c’est un serviteur de Dieu. Ne me tuez pas, au nom de Dieu. Je vous en prie ne me tuez pas et laissez moi passer. »

Ils étaient 8 au bord de la route en position de tir et leur chef dit soudainement : « Baissez les armes ! »
Il s’approcha de moi, prit les papiers, jeta un coup d’œil et me dit : « Lève-toi et passe. »
Je leur ai encore demandé la permission de retourner au véhicule pour récupérer mes bagages et il m’a dit : « Madame, si tu reviens avec quelqu’un, nous vous tuerons tous deux. »
« Merci chef ! »

Comme j’étais très loin du véhicule, j’ai marché jusqu’à la limite où les gens étaient interdits de passage, j’ai loué une moto à 2.000 frs cfa pour seulement une distance d’environ 3 km, le temps de dépasser tous ces véhicules alignés. Si je ne fais pas vite, ils risquent de changer d’avis. Je suis revenue aussitôt avec mon sac et ma valise après avoir remercié mes compagnons de voyage pour leurs prières. Le motocycliste m’a ramenée jusqu’à la ligne interdite et j’ai chargé mes bagages sur la tête pour marcher. Pendant combien de kilomètres ? Aucune notion… Toute seule me voilà sur la route… Quelle marche ! Quelle fatigue ! Quelle soif ! Je n’avais que la prière et je m’interrogeais : « Comment arriver à Tiébissou ? »

Tout était triste, silencieux, sous un soleil de plomb. Dans les arbres, les cris des grillons alourdissaient mes jambes, j’étais fatiguée, toute seule sur la route. Plus loin, devant moi, une jeune fille marchait aussi, je me suis assise pour me reposer.
Un cargo de la police venant de Tiébissou me dépasse, sûrement pour apporter du renfort au corridor. A son retour je me lève pour me signaler afin qu’ils m’amènent à Tiébissou. J’ai reçu un refus très catégorique. Par contre, la jeune qui était devant moi a été prise. Ils sont partis en me laissant avec mes bagages.

Le Père Pierre Kunegel lors de sa maladie.
Photo M.-A. Kina

Quelque temps plus tard, une voiture arrive et là, je me suis mise sur la route. Elle s’est arrêtée, une dame et un monsieur avec le véhicule chargé à bloc. La dame me demande : « Où allez-vous madame ? Vous êtes seule, c’est dangereux et il n’y a pas de place dans la voiture. »
Je leur ai raconté la raison du voyage, en parlant du Père malade. Et quand j’ai dit le nom du Père Pierre Kunegel, elle a sursauté en me disant : « N’est-ce pas le Père qui a construit l’église de Timbé ? »
« Si, c’est lui ! »
Elle me dit qu’elle le connaît et qu’elle-même est originaire de Timbé. Alors, malgré la voiture pleine de bagages, j’ai pu trouver une place en posant mes bagages sur mes pieds et mes genoux. Après à peine 15 minutes, nous sommes arrivés à Tiébissou, où j’ai pu trouver un autre taxi brousse pour me rendre à Abidjan.

Le Père Pierre Kunegel sur le départ.
Photo M.-A. Kina

C’est autour de 19h que je suis arrivée à la clinique, juste à l’heure du couvre-feu. D’une voix fatiguée et avec un sourire de malade, le Père était soulagé et heureux de me voir revenir avec tout ce qu’il avait demandé. Je suis restée avec lui à la clinique puisque je ne pouvais plus rentrer chez moi à cause du couvre-feu.

Le P. Pierre Kunegel à son arrivée à l’hôpital de Haguenau.
Photo Pierre Kunegel

Au petit matin, vers 5 h, il a été préparé par les infirmiers pour le voyage. A 6h, une ambulance l’attendait à l’entrée de la clinique. Il fallait qu’il arrive à l’aéroport avant le début des hostilités. Le Père Dario a accompagné le malade jusqu’à Strasbourg.

Voilà mon histoire vécue que je tiens à partager avec vous.