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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Échos du Conseil Plénier
Article mis en ligne le 31 mars 2015

par Jean-Marie Guillaume

à Rome du 26 mai au 5 juin 2014

Le conseil plénier fait partie des structures habituelles de la SMA. Il se réunit au minimum quatre fois durant le mandat de six ans. Les participants sont au nombre de vingt deux : les quatre membres du conseil général, les neuf provinciaux et supérieurs de districts, les six supérieurs des districts-en-formation et trois supérieurs régionaux venant des trois-districts-en-formation d’Afrique. Mais Jean-Baptiste Musa, supérieur du district-en-formation des Grands Lacs n’a pas pu venir. Parmi les 21 membres présents, neuf n’avaient pas participé à l’assemblée générale et treize participaient pour la première fois à un tel conseil, les autres étant de vieux routiers. Comme de coutume, l’ambiance était fraternelle, la parole circulait facilement, les questions posées aidant sans doute à faire ressortir des éléments plus délicats à exposer [1].

Les sessions de travail étaient ajustées au rythme de la maison dont l’accueil est superbe, au rythme aussi de la liturgie eucharistique et de la prière. La prière du matin a été le plus souvent avantageusement remplacée par la « Lectio Divina » en petits groupes sur certains textes du temps pascal, comme appui pour nos travaux. Le dimanche 1er juin, nous avons participé à la sortie annuelle de la communauté et visité le monastère de Subiaco où Saint Benoît a débuté sa vie monacale, dans une nature majestueuse, une atmosphère de paix et de découvertes. Le samedi suivant le conseil plénier, veille de la Pentecôte, était la fête de Notre Dame des Apôtres, occasion pour ceux qui étaient encore sur place de se joindre aux sœurs NDA pour leur célébration et pour confier encore notre Société et les travaux du Conseil Plénier à Notre Dame.

Quelques ouvertures sur « la mission »

Nous n’avons guère parlé de la mission proprement dite, le Conseil Plénier étant surtout un organe de planification et de décisions pratiques. Cependant, dans son mot d’ouverture, Fachtna O’Driscoll, supérieur général, a souligné quelques points, j’aimerais citer deux de ses réflexions.

1. Le témoignage de la mission
« Notre rassemblement, comme beaucoup de ces rencontres au cours des dernières décennies, est situé dans le contexte des réalités politiques turbulentes en beaucoup de nos pays de mission. Je viens de terminer une visite en Centrafrique : la situation politique demeure périlleuse là-bas et on ne peut pas être bien sûr de la volonté des forces internationales de parvenir à un impact positif. Le témoignage de nos missionnaires est impressionnant – on peut évoquer avec une fierté mêlée d’humilité l’enlèvement traumatisant de Mgr Nestor Nongo-Aziagbia (un ancien membre du Conseil Plénier lors du mandat précédent dans son rôle de supérieur de Strasbourg) et sa bravoure persistante en dépit de tout, de même que le témoignage de Mgr Dennis Kofi Agbenyadzi, qui a ouvert son évêché à plus de 600 familles musulmanes en fuite, et le témoignage de chacun des membres et laïcs associés. Ce témoignage va de pair avec d’autres actes de bravoures accomplis dans des missions au nord Nigeria, en Égypte et autres endroits qui ne retiennent pas l’attention des media en ce moment.
Qu’il suffise de dire que nos missionnaires continuent de témoigner de jour en jour, en Afrique et ailleurs, dans les maisons de retraite, le ministère paroissial, l’animation missionnaire et vocationnelle et dans diverses fonctions administratives, de l’espérance qui est en eux engendrée par leur la foi en la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts. Ceux d’entre nous dans des rôles de leaders peuvent souvent se rendre compte que c’est la foi convaincue de ceux que nous essayons de servir qui nous soutient dans notre propre ministère particulier ».

2. La mission depuis la périphérie
« Il y a quelques semaines, j’ai participé à une réunion du MISAL [2] à Londres. Nous avons eu d’excellentes conférences sur la Mission aujourd’hui. Le point qui m’a le plus touché provient d’un récent document sur la Mission issu du Conseil Œcuménique des Eglises [3], qui parle de la mission à partir des périphéries. Nous sommes très familiers avec le concept de mission pour les marginalisés, mais la notion de mission à partir de la périphérie pourrait être un peu nouveau. À la lumière de l’AG 2013 qui appelle le Supérieur Général et son Conseil à continuer la réflexion et la recherche d’un consensus sur la mission SMA, je pense que ce concept de mission à partir de la périphérie mérite une réflexion profonde de notre part. C’est une autre façon de regarder la mission et je me demande si nous pouvons l’adopter pour la mission au sein de la SMA ».
Voici une citation du document du Conseil Œcuménique des Églises [4] « La mission depuis la périphérie cherche à faire obstacle aux injustices dans la vie, dans l’Église, et dans la mission. Elle cherche à être un mouvement missionnaire alternatif contre la perception que la mission puisse être faite seulement du puissant à l’impuissant, du riche au pauvre, ou du privilégié au marginalisé. De telles approches peuvent contribuer à l’oppression et à la marginalisation. La mission depuis la périphérie reconnaît qu’être au centre veut dire avoir accès à un système qui garantisse les droits, la liberté et l’individu comme reconnu et respecté ; vivre à la périphérie veut dire être privé de justice et de dignité. Vivre à la périphérie, cependant, peut fournir ses propres leçons. Les gens en périphérie ont l’agir, et peuvent souvent voir ce qui, du centre, est hors de vue. Les gens en périphérie, vivant des situations vulnérables, savent souvent quelles forces d’exclusion menacent leur survie et peuvent discerner au mieux l’urgence de leur lutte ; les gens en situation de privilège ont beaucoup à apprendre des luttes journalières des personnes qui vivent dans les conditions périphériques. »


Conversation avec l’archevêque d’Abuja

Dans ces ouvertures sur la mission je placerais la rencontre que nous avons eue avec le cardinal John Onaiyekan, archevêque d’Abuja, qui était hébergé au généralat alors qu’il était sous traitement médical de longue durée. Le 30 mai, avant la célébration eucharistique qu’il a présidée, il a répondu à quelques questions.

Qu’en est-il de l’aumônerie des Africains en dehors de leur pays ?
C’est un devoir pour les Églises africaines de s’occuper des immigrants africains hors de leur pays. Dans certains pays il y a une multiplicité d’aumôneries orientées vers les différentes nationalités, ou même ethnies, mais il paraît nécessaire de parvenir à une coordination des aumôneries et une approche d’ensemble.

Position de l’Église dans les situations de conflits.
L’Église et les agents pastoraux en situation de conflit doivent s’efforcer de considérer la situation avec du recul et d’être neutres sur les plans politique et économique, donc de ne pas nécessairement prendre parti pour son propre groupe religieux, ou pour son ethnie, ou son pays.

Les Églises d’Afrique et la mission ad extra.
Toute Église doit être missionnaire. Les Églises d’Afrique doivent être responsables des missionnaires issus de leur sol. La Société Saint Paul, fondée au Nigeria en 1976, a son siège dans le diocèse d’Abuja. Le diocèse, comme toute l’Église du Nigeria, soutient cette Société. Les Missionnaires SMA d’origine nigériane sont aussi nos missionnaires et nous devons les soutenir. N’ayez pas peur de bousculer les évêques sur ce point.

Le dialogue avec Boko Haram est-il possible ?
Tout dialogue est possible à condition que les partis en cause aient un minimum de bonne volonté pour dialoguer. Les adeptes de Boko Haram ont les mêmes plaintes que nous et que la plupart des gens au Nigeria : la dénonciation d’un gouvernement corrompu, le chômage, en particulier des plus jeunes, l’inefficacité de l’éducation dans les écoles et universités... Cela peut certainement être la base d’une réflexion et d’une lutte communes. Mais ce que nous ne pouvons pas admettre, ce sont les méthodes radicales de violence utilisées par Boko Haram et leur volonté d’installer un gouvernement islamique basée sur la charia.


Déroulement des travaux

La première partie du Conseil a été une écoute longue et parfois fastidieuse des rapports des différentes entités. Les membres du Conseil général ont ensuite présenté quelques documents concernant les points qu’ils ont particulièrement à suivre :
-le point sur la formation dans la SMA ;
-le Centre International SMA des media à Lyon et les archives ;
-un projet de document sur les situations d’insécurité ;
-les laïcs dans la SMA ;
-les modalités pour le transfert de personnel d’une entité à une autre…
C’est à partir de cette écoute que fut dressée la liste des sujets à étudier. Chaque groupe a ensuite produit une première ébauche de texte qui fut examinée par les autres groupes et retournée au groupe originel pour une rédaction définitive. Le document final inclut vingt textes de longueur et d’importance inégales auxquels est ajouté le message spécial de soutien adressé à nos confrères en Centrafrique

Solidarité financière et futur de la Société

Comme en chaque Conseil Plénier, les finances, ou mieux « la solidarité financière », ont été l’un des sujets les plus marquants. L’économe général a pris son temps pour exposer les divers budgets qui ont ensuite été approuvés : budget du Généralat, fonds pour la formation initiale, fonds pour le budget ordinaire des districts-en-formation, fonds pour le prorata (destiné aux régions au prorata des membres venant des districts-en-formation travaillant dans la région), fonds de solidarité, fonds de première évangélisation, budget du Centre des Media International à Lyon, fonds d’entraide, budget des archives, fonds de construction et fonds spécial de formation, ces deux derniers étant couverts sur base volontaire des provinces et districts. À ces budgets et fonds réguliers, le conseil plénier 2014 a ajouté deux autres petits budgets, un budget pour la cause du Fondateur et un budget pour les publications.

Les finances conditionnent la formation, l’activité missionnaire sur le terrain, le développement de la Société dans les régions et les districts-en-formation. Les budgets, déjà bien lourds, délimités par l’assemblée générale, ne suffisent pas pour les besoins de formation qui augmentent avec le nombre d’étudiants et des foyers d’accueil à entretenir ou même à construire : on a parlé de l’éventualité d’une nouvelle maison pour l’année spirituelle à Arusha. Il faut trouver un lieu d’accueil pour les candidats au programme d’initiation pour le DFGG, probablement Winneba, au Ghana, et aussi pour le Bénin. Face à la nécessité d’honorer les budgets revient la question de savoir si la SMA doit continuer d’accueillir les candidats tout azimut, ou si elle doit cadrer leur accueil et limiter le développement de la SMA à ses possibilités financières raisonnables.

Dans le passé, chaque entité parvenait à accueillir tous les candidats qui se présentaient, les exigences en formation étaient moins lourdes, de même que le soutien des missionnaires sur le terrain qui généralement se débrouillaient par eux-mêmes, et la participation des fidèles à l’œuvre missionnaire était plus abondante. Les anciennes provinces et districts continuent à être les pourvoyeurs presque exclusifs en finances. Certains districts-en-formation sont plus imaginatifs que d’autres et plus productifs.

Le conseil Plénier a rappelé le principe que chaque district-en-formation, dans les six ans du mandat, devait parvenir graduellement à contribuer à hauteur de 75% de son budget de fonctionnement ; il demande aussi que les Régions et Districts-en-formation « assurent 25% des frais de scolarité pour les étudiants en philosophie provenant de leur lieu avant l’année 2016 ».

Le fonds de construction ne suffit plus face aux nombreuses demandes formulées, dont la plupart ne peuvent être honorées et sont reportées à plus tard : achèvement de la maison régionale à Accra, réfection de la maison SMA d’Ibadan, siège du DFBB, projet d’un centre SMA (année d’initiation et animation missionnaire) à Calavi, projet de maison régionale au Liberia, d’une maison SMA et sanctuaire en Sierra Leone, rénovation de la maison de formation à Kimwenza (Kinshasa), rénovation de la maison de Choubra (Le Caire), construction d’une dépendance à la maison Brésillac de Manille, construction d’une chapelle à Karumathur-Madurai (Inde) dans le cadre de la maison pour la philosophie du DFI, réfection et clôture de la propriété de Mangadu-Chennai, dans le cadre de la maison de théologie.

Mission et personnel

Un autre point qui revient de façon percutante dans les Conseil pléniers est celui de la distribution du personnel. Dans le domaine de la formation, le personnel est encore rare, et il est toujours difficile de constituer des équipes efficaces et stables pour les différentes maisons. En outre, les supérieurs régionaux sont toujours en recherche de membres pour maintenir les missions confiées à la SMA et répondre aux demandes locales nouvelles des communautés et des évêques. Cependant, de façon globale, le personnel est en légère augmentation, ce qui donne plus de possibilité à la « mission en dehors de l’Afrique », d’où la proposition suivante :


Mission en dehors de l’Afrique

1.1 L’AG 2013 nous invite à nous engager ensemble et d’une façon coordonnée « dans les domaines de la première évangélisation, du dialogue, de JPIC et du ministère auprès des plus abandonnés » [5].
1.2 Cela répond à l’appel du Pape François qui nous convie non seulement à aller vers les pauvres, mais aussi à partager leurs conditions de vie en témoignant de l’Évangile avec eux.
1.3 Le Conseil Plénier 2014 demande au Conseil Général et aux responsables des entités de prévoir le personnel et les moyens pour des équipes missionnaires internationales dans nos entités en dehors de l’Afrique.
1.4 Le Supérieur Général et son conseil coordonneront les engagements déjà existants dans nos anciennes entités et exploreront de nouvelles possibilités autant pour un ministère paroissial que pour un ministère parmi les marginalisés.
1.4.1 Ces équipes répondront à des projets missionnaires bien préparés et présentés par les responsables des entités concernées. Elles prévoiront des modes de coopération avec d’autres Églises et des instances non gouvernementales (ONG).
1.4.2 Ces équipes travailleront en priorité dans les milieux périphériques : les migrants, les sans papiers, la prostitution, les plus abandonnés, surtout ceux d’origine africaine.
1.4.3 Elles témoigneront de leur appel missionnaire, favoriseront une atmosphère d’hospitalité, reflèteront l’universalité de l’Église et vivront en proximité avec les gens.
1.4.4 Elles contribueront à revitaliser nos anciennes Entités et Églises et, en même temps, à valoriser notre patrimoine de sympathie et de soutien.
1.4.5 Elles pourront nous aider à entrer en contact avec des collaborateurs parmi les jeunes et pourront susciter des vocations missionnaires.


Le futur du 150 Cours Gambetta

Un sujet nouveau et surprenant a été soumis au Conseil plénier, celui de l’avenir du 150 Cours Gambetta à Lyon. Jusqu’à maintenant en effet la province de Lyon négociait le maintien, la restauration ou la vente de ses propriétés de façon autonome, sans référence à l’ensemble de la SMA. Dans le passé récent, la propriété du 150 a subi quelques restructurations pour les besoins de la Province. Mais une prise de conscience se fait jour que la propriété du 150 ne serait pas un bien provincial mais un bien sma. Faisant écho à cette situation, le Provincial de Lyon a présenté quelques pistes pour que la propriété, qui accueille déjà un organisme sma international, le centre des Media, soit davantage disponible à toute la SMA et à sa mission. Reprenant ses idées, le Conseil Plénier 2014 a adopté la proposition suivante :
1.1 Le Conseil Plénier est conscient que 150 cours Gambetta est une propriété historique et maison mère de la SMA pouvant être mise à la disposition de la mission de la Société.
1.2 Le Conseil Plénier 2014 apprécie le plan de la Province de Lyon concernant le musée pour les deux prochaines années.
1.3 L’Association AMAL [6] cherchera des sponsors afin de trouver les fonds nécessaires pour localiser le musée au sous-sol du bâtiment selon les normes législatives de l’État.
1.4 Dans l’espoir que les efforts de l’AMAL pour attirer les sponsors aboutissent, la Province de Lyon créera un fond de 1.000.000 € pour la continuation du musée.
1.5 Le Conseil Plénier 2014 soutient le plan d’utiliser le 150 Cours Gambetta comme centre de formation permanente pour la Société. Une description plus précise de l’utilisation future de la maison est nécessaire pour qu’un plan détaillé de rénovation soit préparé. Le Conseil Plénier 2016 pourra alors approuver le plan final.
1.6 Une fois le plan opérationnel, la Société trouvera le personnel nécessaire pour le fonctionnement du Centre Cours Gambetta.
1.7 Dans le cas où la rénovation du Cours Gambetta progresse de façon positive, la possibilité d’utiliser une partie du bâtiment pour les archives des Provinces et des Districts qui ne pourront plus maintenir leurs archives sera explorée.

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