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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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En communion avec tous les saints
Article mis en ligne le 27 octobre 2014
dernière modification le 28 octobre 2014

par Jean-Pierre Frey

Toussaint et Mémoire des Défunts

La Toussaint

Première lecture
Lecture de l’Apocalypse de saint Jean
La foule immense des rachetés. (Ap 7, 2-4.9-14)

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau ! »

Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »

L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »

Je lui répondis : « C’est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau. »

Psaume
(Ps 23, 1-2, 3-4ab, 5-6)

R/ Voici le peuple immense de ceux qui t’ont cherché.

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent,
qui recherchent la face de Dieu !

Deuxième lecture
Lecture de la première lettre de saint Jean
Nous sommes enfants de Dieu et nous lui serons semblables. (1 Jn 3, 1-3)

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu — et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Évangile
Les Béatitudes. (Mt 5, 1-12a)

Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Venez au Seigneur, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau : il vous donnera le repos. Alléluia [1].

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. »

Textes liturgiques © AELF
AELF

Homélie
En communion avec tous les saints.

Fin du marathon… Impressionnante énumération de tous ceux qui sont venus de tous azimuts et de tous horizons et qui « voient » l’Agneau dans sa gloire pour le remercier d’avoir ouvert la route en entrant librement dans la mort afin que nous, nous ayons la vie… éternelle

Fin de marathon, mais pourquoi un marathon ? Parce que vivre prend souvent des allures de marathon… Une course pour la victoire finale ou le cadeau de Dieu. Et ce trophée qu’il va nous donner c’est son royaume. C’est Paul qui dit cela.

Ce qui est intéressant pour un marathon, c’est que tu cours et tu cours, mais tu es dépouillé de tout ce qui est inutile, même l’indispensable bidon d’eau. En somme, tu cours en pauvre. C’est exactement ce que nous disent les Béatitudes de l’Évangile d’aujourd’hui : bienheureux le pauvre qui s’est allégé des inutilités et des futilités de la vie pour mieux partager et participer.

Pour gagner le marathon, il faut avoir de la trempe et il n’y a hélas qu’un seul trophée…

Et ben pour le marathon d’une vie, il y a un trophée au bout pour chacun, un podium pour chacun. C’est ce que nous décrit la première lecture, un vrai jamborée… Dieu n’est pas chiche. Il donne et il rassemble pour mieux donner !… Pourvu que tu arrives allégé, le sourire aux lèvres et la douceur au cœur.

Vous me direz : mais ne faut-il pas être saint ? Mais c’est quoi, être saint ? C’est être à la disposition de celui qui a besoin de toi au moment voulu… C’est être disponible aux écorchés de la vie… Ils appellent cela, dans les Écritures, être en tenue de service.

Quelque part, Matthieu nous dit : J’avais faim et tu ma rassasié. Attention ! Rassasié, pas seulement faire hériter d’un quignon de pain ou de la dépouille d’un sandwich. La personne qui a fait ce geste d’un grand cœur regarde le juge et lui dit : Mais je ne t’ai jamais vu… Et c’est là que tout se révèle : l’affamé que tu as rassasié, le dénudé que tu as habillé, c’était moi, le Dieu qui s’est fait homme pour te permettre, par de simples gestes, de devenir Dieu… Alors entre dans la maison du Père.

C’est cela, le christianisme selon l’Évangile. C’est simple, non ? Il suffit d’y croire et de faire confiance au juge qui s’appelle Jésus le Christ, l’Agneau qui enlève le péché du monde, et de ne pas oublier le geste qui sauve.

Une remarque : demain, c’est le jour des morts ou des trépassés. C’est la même démarche que pour les saints, sauf qu’ils sont encore dans la salle d’attente. Mais ils ont le billet pour le super-jet qui va les conduire au royaume de Père. Ce n’est qu’une affaire de temps… et de foi.


Mémoire des défunts

Première lecture
Lecture du livre de la Sagesse
La vie de tout homme est dans la main de Dieu. (Sg 2,23 ; 3,1-6.9)

Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même.
La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux.
Celui qui ne réfléchit pas s’est imaginé qu’ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu’ils sont dans la paix.
Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l’immortalité.
Ce qu’ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l’épreuve et les a reconnus dignes de lui.
Comme on passe l’or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur ; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis.
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde.

Psaume
(4, 2, 7, 9)

R/ Garde mon âme dans la paix près de toi, Seigneur.

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice !
Toi qui me libères dans la détresse,
pitié pour moi, écoute ma prière !

Beaucoup demandent :
« Qui nous fera voir le bonheur ? »
Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !

Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d’habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance.

Deuxième lecture
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Passer par la mort avec le Christ pour vivre avec lui. (Rm 6, 3-9)
Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l’impuissance, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir.

Évangile
Voici l’heure d’entrer dans la vie. (Jn 5, 24-29)

Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Le Christ est ressuscité, par sa mort il a détruit la mort : à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient — et c’est maintenant — où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même ; et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas surpris ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés. »

Textes liturgiques © AELF
AELF

Homélie
En Dieu nos défunts vivent parmi nous.

Toutes les cultures ont une forme de culte pour honorer leurs morts et assurer leur présence bienveillante parmi les familles des vivants. La mort met notre espérance à l’épreuve et nous plonge dans une véritable solitude. Saint Paul nous rassure cependant : nous trouverons la consolation dans la foi que nous partageons en Jésus, le Ressuscité, et dans le réconfort de l’attention que nous portons à nos frères.

Le mort inspire le regret de la disparition de l’être que l’on a aimé mais également le respect face au mystère de la mort. Cela s’accompagne d’une certaine incertitude. Où est-il ? Est-il loin de nous ou proche ? Quels liens avons-nous encore avec ceux que nous avons portés en terre, enfermés en quelque sorte ?

Pour les chrétiens que nous sommes, celui qui est décédé est allé vers une autre vie, une nouvelle vie en Jésus qui nous dit sans cesse : Je suis la résurrection et la vie. Pierre, tout comme Paul, a fortement insisté sur cette présence du Ressuscité parmi nous et en nous. « Ce Jésus de Nazareth, nous dit Pierre, que vous avez couché dans la mort après l’avoir crucifié, Dieu l’a relevé trois jours après, comme il avait relevé Adam de sa forme grossière de glaise pour lui insuffler une vie qui ne disparaîtra jamais ».

Paul ajoute que si Dieu n’est pas ressuscité, notre foi est vide parce que notre Dieu est un Dieu de la vie : « Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. Retenez ce que je viens de dire, et réconfortez-vous les uns les autres [2]. »

Ainsi, nous vivons, nous mourons et nous ressuscitons en Dieu. Nous sommes avec lui, et comme il est partout, nos défunts aussi sont partout. Toutefois, ils restent surtout liés aux lieux où ils ont vécu et qu’ils ont aimés. Et puisque Dieu est proche de nous, nos défunts eux aussi restent proches de nous, invisibles mais réels. Tout comme le Ressuscité avec les apôtres. Il se rendait visible pour un moment devant eux en leur disant : « La paix soit avec vous… n’ayez pas peur ». Mais, en réalité, il était là dès le début.

Nos défunts vivent donc parmi nous en ce Dieu qui a retiré son Fils de la mort, et c’est lui qui les accueille tous dans son Royaume. Parce qu’Il est un Père de miséricorde qui nous attend, chacun d’entre nous sans exception.

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