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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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L’expérience d’un Recteur en formation sacerdotale
Article mis en ligne le 1er mars 2012

par Fabian Gbortsu

J’ai retrouvé Nairobi, après un court séjour en France [1], et la maison de formation SMA dont j’ai la responsabilité. Voici en quelques lignes en quoi consiste mon travail.

Vivre ensemble
Toute formation est une tâche difficile. Celle qui conduit à la prêtrise n’y échappe pas. Au contraire, elle exige sans doute plus encore, en raison des nombreuses facettes des connaissances sacerdotales et religieuses. Cela commence par recruter des jeunes gens dont on a pu apprécier la prudence. Durant leur formation, il leur faudra examiner leur vie sous divers aspects : spirituel, psycho-social, humain, intellectuel, pastoral… Ils devront, en outre, considérer leur aptitude à vivre dans une autre culture que la leur au sein d’une communauté internationale. Le séminariste SMA doit être d’autant plus disposé à affronter cette diversité que notre mission est tournée vers d’autres traditions, principalement celles du continent africain.
En tant que Recteur et Supérieur, je suis quotidiennement confronté à cette complexité car notre communauté rassemble 13 nationalités [2]. Equilibre et modération sont donc des vertus à cultiver, et combler le fossé des valeurs culturelles devient une tâche primordiale. Prenez le déjeuner, par exemple : un Irlandais préférera du poulet avec une purée de pommes de terre, un Indien du riz accompagné d’un ragoût de légumes au curry ; un Zambien demandera de la semoule de maïs et du poisson, un Africain de l’Ouest de l’igname pilé agrémenté d’une sauce à la viande. Quel casse-tête pour un simple repas ! Ces singularités se retrouvent partout dans la vie en collectivité.

Séminaristes de 1e et 2e années de Philosophie avec le P. Emmanuel Andoh et le P. Fabian Gbortsu.
Photo sma

Discernement et recrutement
Une tâche de haute importance revient au directeur des vocations : sélectionner avec sagacité un candidat qui souhaite entrer dans la vie religieuse et le proposer au recteur et à son équipe. Pour nous qui travaillons au Kenya, le recrutement comprend des vérifications dans la famille et les relations de l’étudiant, une étape cruciale qui détermine toute autre considération. Est-il capable de gérer son affectivité et de se plier à la discipline ? Aime-t-il prier et veut-il se vouer à Dieu, à l’Eglise et à la SMA ? Ou sa démarche n’est-elle qu’une tentative de fuir la réalité ou la pauvreté ? Si l’équipe d’admission que dirige le recteur est convaincue qu’il est digne de confiance et peut envisager le sacerdoce, le postulant est invité à une retraite d’une semaine. Après quoi il entreprend une préparation pour 6 mois, quelquefois un an. Il est accompagné dans les exercices spirituels et, lorsque cette base est bien établie, il peut progresser avec assurance dans son initiation. La réalisation satisfaisante de ce programme le conduit en philosophie à l’université ou dans un grand séminaire.
Le processus de discernement qui accompagne le postulant nous permet d’évaluer les raisons qui motivent sa réponse à l’appel de Dieu. Elles peuvent être de deux sortes, toutes deux aussi valables : se joindre à la formation religieuse du séminaire jusqu’au sacerdoce, ou choisir une vie laïque qui conduit à diverses professions. Une fois accepté, l’étudiant reste dans cette phase de formation pour au moins 7 ans [3].

Photo sma

Les défis de la formation
Avant tout, bien sûr, il faut trouver un bon candidat, capable de suivre l’enseignement du troisième cycle et fort d’une foi sincère et vivante dont sa communauté puisse témoigner. La limite d’âge se situe entre 17 et 26 ans. Le postulant doit être prêt à se détacher de sa famille et de ses amis pour des périodes assez longues [4], à s’engager pour la vie et à se montrer énergique. Les prêtres qui évaluent ces capacités sont expérimentés et de bonne foi. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.
Le deuxième défi est de nature économique. Si vous avez de bons candidats, vous devez prendre soin d’eux. Pour cette année universitaire, qui a commencé pour nous en août, 15 nouveaux étudiants ont remplacé les 9 précédents, faisant passer le nombre total de 41 à 47. Cet accroissement demande une gestion plus serrée de nos finances. Un séminariste coûte environ 4 600 € par an à la SMA. Pour alléger ce coût, nos étudiants cultivent des légumes au jardin, font le ménage, évitent de gaspiller l’électricité…
L’évaluation de fin d’année représente notre troisième défi. Nous la faisons à partir d’une grille de 17 points sur les bases qui prévalent dans le monde entier. Lorsqu’un séminariste ne nous semble pas convenir, nous devons lui recommander de nous quitter. C’est toujours une expérience douloureuse, mais nous avons l’obligation d’être francs et clairs, pour son bien comme pour celui de l’Eglise et de la SMA.

Le 21 mai 2011, nous avons eu la joie d’ordonner 4 séminaristes au diaconat et un au sacerdoce. Six sont prévus pour les ordinations diaconales de l’an prochain. Quinze prêtres ont été ordonnés ces trois dernières années et travaillent déjà dans diverses missions. Il est toujours agréable de voir grandir les jeunes séminaristes et de suivre leur formation jusqu’à leur ordination. Pour un recteur, il n’y a pas de plus grande joie que cela.

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