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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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La RD Congo, victime de ses propres ressources ?
Article mis en ligne le 21 août 2015

par André N’koy Odimba

La République démocratique du Congo est le troisième plus vaste pays d’Afrique, derrière le Soudan et l’Algérie. Il est grand comme 4 fois la France, 80 fois la Belgique, 33 fois plus grand que le Benelux. C’est le 12e État du monde par sa taille avec ses 2 345 409 km².
De 1908 à 1960, cette ancienne colonie était appelée Congo-belge. Il devient République du Congo de 1960 à 1965, puis République Démocratique du Congo jusqu’en 1971. Avec la zaïrianisation, le pays s’est appelé Zaïre de 1971 à 1997. La RD Congo est le pays le plus peuplé d’Afrique centrale et de toute la francophonie, avec une population estimée à plus de 70 millions d’habitants.

Écoliers en R. D. du Congo.
Photo André N’Koy Odimba

Un calme apparent
Le pays regorge d’énormes richesses minières qui attisent la convoitise des voisins. Vu sa taille, il reste peu peuplé, avec 20 habitants au km². L’exode rural et les déplacements massifs des populations dus aux guerres à répétition ont gonflé les villes, surtout Kinshasa, la capitale, qui compte aujourd’hui 15 millions d’habitants selon les estimations. La grande majorité de la population est jeune, 60% ayant moins de 20 ans.
Le christianisme est la religion dominante : 40% de la population sont catholiques, 25% protestants, 10% kimbanguistes [1] et 12% musulmans. On note, depuis les années 1990, un développement croissant des groupes de réveil et des mouvements protestants issus du pentecôtisme américain.

Lycéens en R. D. du Congo.
Photo André N’Koy Odimba

De nos jours, la situation politique est relativement calme. Cependant les tentatives du gouvernement à vouloir modifier la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat présagent des tensions. La nouvelle loi électorale votée par le Parlement en janvier conditionnait la tenue des élections à un recensement général de la population. Cette disposition a été rejetée par le sénat sous la pression populaire. Adoptée moyennant modifications, promulguée par Joseph Kabila en février, la loi électorale ne nous dit pas s’il se représentera ou non. Le peuple se pose la question. Mais la Constitution ne l’y autorise pas.

Scène de la vie quotidienne en R. D. du Congo.
Photo André N’Koy Odimba

Une poudrière
A vrai dire, ce n’est pas tant sur ce terrain politique que se joue aujourd’hui la question du bien-être du citoyen congolais que sur la sécurisation du pays et la lutte contre la pauvreté. La situation sécuritaire demeure préoccupante en RD Congo. Depuis 1996, les populations sont victimes de guerres répétitives et incessantes. Ce refrain n’est pourtant pas dévalué. Aujourd’hui encore, l’est du pays est une véritable poudrière. Il comprend les provinces du nord et du sud Kivu limitrophes du Rwanda et de l’Ouganda, deux nations impliquées dans le conflit congolais. De nombreuses « forces négatives » connues et inconnues, officielles et officieuses, sévissent et commettent des atrocités diverses : viol des femmes, pillages des ressources, saccage des villages et des champs, racket des populations...

Scène de la vie quotidienne en R. D. du Congo
Photo André N’Koy Odimba

Lorsque je parle des « forces négatives », je ne pense pas qu’aux forces armées rebelles. Il y a aussi l’armée régulière, dont les officiers profitent de la passivité des populations pour s’enrichir, alors qu’ils sont censés les protéger. Ils participent au pillage des ressources agricoles et minières, instaurent des taxes et des droits de passage à l’entrée des villes et des villages. Parmi ces criminels de guerre se trouvent aussi des hommes politiques. Certains mouvements rebelles disposent des branches politiques. Des politiciens de divers bords signent des alliances et touchent des cachets. Et que dire des ONG qui sont devenues de véritables fonds de commerce, certaines profitant de la pauvreté des populations pour s’enrichir ? Cette situation des régions orientales du pays est d’une certaine manière générale à la RD Congo. Des pilleurs et des pillards, on en trouve partout, même au plus haut sommet de l’État.

Scène de la vie quotidienne en R. D. du Congo
Photo André N’Koy Odimba

Lutter contre la pauvreté
Cet état de guerre a plongé la population congolaise dans une grande pauvreté. Celle-ci se manifeste par la précarité observée en milieu urbain : pas d’emploi, horizon du lendemain bouché, jeunesse sacrifiée et livrée à la débrouillardise... Des familles entières démissionnent de leurs responsabilités, des enfants non scolarisés se retrouvent dans la rue, se livrant à la mendicité, au banditisme et au vol à la sauvette. De nombreux groupes vulnérables se sont formés (réfugiés, orphelins, enfants déscolarisés ou enfants soldats) qui manquent de soins et de nourriture. Tout ceci est dû à l’incapacité de l’État à fournir de l’emploi pour tous et à accorder aux fonctionnaires une rémunération décente. Même si, ces derniers temps, la paie est devenue régulière, sa consistance n’arrive pas à remplir le panier de la ménagère.

Réunion d’association de lute contre la pauvreté en R. D. du Congo.
Photo André N’Koy Odimba

Dans tout le pays, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) s’adressent aux populations pour les aider à lutter contre la pauvreté. Elles initient à la création d’activités génératrices de revenus ou productrices de denrées alimentaires. Certaines sont engagées dans le domaine de l’agriculture, tandis que d’autres sensibilisent au petit élevage parcellaire. A Kinshasa par exemple, il n’est pas rare de trouver dans une famille une plate-bande de légumes, un clapier de lapins, un cochon ou une basse cour.
Les mêmes initiatives se créent dans le domaine de l’éducation. Du fait de la carence de l’État, le système éducatif est essentiellement financé par les parents. La scolarisation primaire a diminué à cause de l’isolement des régions, de l’incapacité croissante des parents à payer les frais scolaires, du mauvais entretien des infrastructures, du manque de manuels scolaires et de la baisse de la qualité de l’instruction. Les instituteurs perçoivent un salaire de moins de 50$ par mois. Une prime « conjoncturelle », instaurée dans les écoles catholiques et actuellement applicable partout, permet heureusement de rehausser le niveau de vie.

L’union dans la prière est une source de rassemblement et de solidarité.
Photo André N’Koy Odimba

Malgré tout cela, la vie continue son rythme. Les effets de la guerre n’ont pas altéré la convivialité et l’hospitalité. La solidarité légendaire à l’Africain ne laisse pas mourir de faim le voisin. Lorsqu’on évoque la guerre aujourd’hui avec certains, ils vous disent : « Que pouvons-nous faire d’autre ? Nous sommes habitués. » En effet, de 1960, année de l’accession à l’indépendance, à nos jours, la RD Congo a connu 32 ans de mauvaise gestion et 23 ans d’instabilité politique. Le pays ne serait-il pas victime de ses propres richesses ?

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