Les obsèques du Père Félix Lutz

Les testaments spirituels du Père Félix

Le Père Félix nous a laissé deux testaments spirituels – l’un en allemand et l’autre en français - qui sont complémentaires. Il naviguait facilement d’une culture à l’autre. Je vais donc vous lire l’essentiel des deux comme un dernier témoignage de sa part et un viaticum pour chacun d’entre nous.

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Le Père Félix Lutz (à gauche) avec les PP. Jacques Varoqui et Jean Perrin.
Photo sma Strasbourg

Mein geistliches Testament

Ich armer Sünder Félix Lutz bin am 12. Mai 1924 geboren und am 5. Oktober 2013 im Alter von 89 Jahren gestorben.
Wer beneidet mich jetzt noch ?
Ich bin nicht unerwartet gestorben, denn in der Kriegszeit 1943-45 und in den letzten Jahren habe ich öfters an den Tod gedacht und mich darauf vorbereitet.

Warum muss ich sterben ? Warum müssen wir alle sterben ? Ich glaube, dass sich in allen Fügungen des Lebens, die Liebe und Güte Gottes offenbart, auch im Schlussakt, dem Tod. Mit den Zeugen der Auferstehung Jesu, mit den Aposteln glaube ich an den Sohn Gottes und an seine Auferstehung. Ja diese ist und war immer für mich die tiefste Wurzel meines Glaubens, so wie Paulus im 1. Korintherbrief schreibt : wenn Christus nicht auferweckt worden ist, ist unser Glaube umsonst ! Nein aber es steht fest, dass Christus von den Toten auferweckt worden ist als der Erste der Entschlafenen (1 Kor.15, 17-20). So glaube ich an die Auferstehung der Toten, und somit an das Hochzeitsmahl im Himmel, an die ewige Herrlichkeit in und bei Gott. „ Was kein Auge gesehen und kein Ohr gehört hat, was keinem Menschen in den Sinn gekommen ist, ist folgendes : Wie, Großes, Gott denen bereitet, die Ihn lieben ! (Kor. 2, 9)

Mein geistliches Testament, das ich für meine Mitbrüder, meine Verwandten und Bekannten zurück lasse gipfelt in dieser vom grossen Gelehrten Teilhard de Chardin persönlich verfassten Lebensregel, die da heißt : glaubt an Gott, den höchsten Wert und Prüfstein aller Dinge. Glaubt an Gott, den lebenden und liebenden Gestalter der Welt.

Möge Gott der Herr allen, die mich irgendwie in meinem priesterliche Wirken begleitet und unterstützt haben seinen reichlichen Segen spenden für Zeit und für Ewigkeit.

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Le Père Félix Lutz lors d’une réception à l’Institut Goethe de Lomé en 1962.
A partir de la droite : le Père Guy Kraemer et le Père Félix Lutz.
Photo sma Strasbourg

Mon testament spirituel

Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. J’ai lu cela une fois et je sais que cela est vrai.
Je remercie tous ceux qui dans mon existence m’ont fait du bien ou aidé à faire le bien ; tous ceux également qui, de quelque façon que ce soit, m’ont témoigné leur confiance, leur sympathie ou amitié – durant mon enfance, ma jeunesse, durant les dix années passées en Afrique et dans divers lieux et paroisses où j’ai œuvré, comme dans le monde scolaire et militaire. Quel qu’ait été le travail pastoral, d’enseignement ou rédactionnel dont j’aurai été chargé, j’ai toujours tout aimé et aimé passionnément.

Adieu, ma très chère famille, grands et petits, que j’ai tant aimés.
Adieu, mes chers confrères, mes connaissances et mes amis.

Il ne faut jamais pleurer à l’enterrement d’un prêtre comme pour de tout chrétien et croyant. La mort représente un avancement, l’arrivée au but, la victoire finale, l’apogée de toute son existence humaine. C’est pourquoi, il faut mourir pour vivre. C’est ce que je crois et j’espère. Quant à savoir ce qui m’attend dans ce monde autre où je suis présentement, je n’en sais rien. Mais j’ai une confiance totale. La préface de la messe des funérailles ne dit-elle pas : « car pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prendra fin leur séjour sur terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux. »
Puisse en ce jour notre Père du ciel m’introduire dans sa cité sainte et m’accueillir dans son royaume où il n’ya plus de larmes, ni de souffrance. Je vous dis donc A-DIEU, auprès de Dieu, chez qui nous nous retrouverons pour ne plus jamais être séparés.

Félix fut un prophète souvent itinérant mais ouvert au monde et à ses problèmes. Il fut un humaniste qui accueillait toutes les cultures. Il fut proche et tous et toujours intéressé à ses frères les hommes. Enfin, il fut un témoin du Christ avec une profonde foi, incarnée dans sa vie quotidienne et chevillée au corps. Le Père Lutz, a eu un rayonnement formidable sur notre zone pastorale, et bien au-delà - je cite là le faire-part de la zone pastorale.

A-Dieu, Félix et au revoir dans l’autre monde mais je sais que tu resteras présent parmi nous.

Jean-Pierre FREY

[1] Après le Père Jean-Pierre Frey, le Père Claude Rémond de 1995 à 2000, puis Marc Heilig.

Publié le 16 janvier 2014 par Collectif