Nouvelles de famille

Bernard Rauch
à Sarhala, diocèse d’Odienné (Côte d’Ivoire)

Depuis le 26 Mai, je suis dans le Jura pour 10 semaines après un deuxième séjour à Sarhala, diocèse d’Odienné, dans le Nord-Ouest de la Côte d’Ivoire. J’ai donc retrouvé le petit appartement tout neuf qu’un de mes neveux a mis à ma disposition. Je me trouve un peu plus loin de mon village, dans le fond de la vallée, à Blois-sur-Seille.

J’ai laissé pour quelque temps la paroisse de Sarhala. Deux confrères africains des paroisses voisines viendront de temps en temps le Dimanche pour célébrer la messe. Pour les villages, mon absence ne les pénalise pas trop, car la plupart sont difficiles d’accès dès qu’il pleut et les villageois sont occupés aux travaux des champs.

Dans l’immédiat, avec mes frères, on travaille au village à l’entretien des prés des uns et des autres. Le 19 Juin, j’irai à la retraite organisée par les Missions Africaines à l’Abbaye cistercienne de Notre-Dame des Neiges, dans l’Ardèche. Ensuite j’aurai, un peu de temps pour faire quelques visites et le retour sera vite là. Je rejoins la Côte d’Ivoire en Août, avant la date d’expiration de la carte de séjour, cela m’évite de prendre un visa.

Même si je suis absent, je dois continuer de m’occuper des nombreux malades que j’envoie par groupes de deux ou trois au dispensaire de Koni tenu par des religieuses colombiennes. J’ai passé 8 ans à la paroisse de Koni, de 1997 à 2005, et j’ai pu apprécier le travail des sœurs. Ce sont elles qui m’ont sauvé lorsque j’ai eu la typhoïde, alors que je croyais avoir le palu. Le catéchiste de la mission les a fait venir et elles m’ont mis sous perfusion pendant 72 heures. Sans elles je partais de la même manière que notre ami René Fournier, qui était missionnaire au Mali, non loin de la frontière ivoirienne et de Tingréla, où je me trouvais alors. Pendant deux semaines, on l’a soigné contre le palu et il est mort de la typhoïde.

Quand j’étais à Tioro, de 2006 à 2012, j’ai fait soigner 64 femmes qui ne pouvaient plus avoir d’enfant. Sur les 64 que j’ai envoyées à Koni, 63 ont pu accoucher. A mon arrivée à Sarhala, en Août 2015 , j’ai envoyé plusieurs femmes qui toutes ont pu accoucher alors qu’elles n’avaient plus d’enfants depuis des années. Malheureusement, l’an dernier, en Février 2016, les sœurs ont été tuées dans un accident de la route en allant à Abidjan. La veille, elles avaient soigné trois femmes d’un village de Sarhala que je leur avais envoyées. Après leur mort, tout s’est arrêté mais, grâce à Dieu, deux autres religieuses sont venues de Colombie prendre le relais au début de cette année. C’est ainsi que j’ai déjà pu leur envoyer une dizaine de femmes. Actuellement, 35 autres attendent de pouvoir aller se faire soigner. Koni se trouve à 150 kms de Sarhala, derrière Korhogo. Je donne à chacune l’équivalent de 50 euros : ce qui leur permet de payer le transport aller-retour, la première visite et les médicaments. Elles restent une ou deux semaines chez un tuteur à Korhogo, le temps que tout soit terminé.

L’an dernier les femmes de plusieurs communautés chrétiennes ont voulu construire une chapelle. La plupart des communautés des villages de Sarhala sont exclusivement composées de femmes. Elles sont fatiguées de faire de 10 à 15 kms chaque Dimanche pour aller prier. Elles ont donc cotisé de l’argent pour faire les fondations et monter les murs des chapelles. Ensuite, je prends le relais et je leur paie la toiture (les tôles et le bois), les fenêtres et les portes en fer. Je leur donne encore 100 euros pour le dallage et le crépissage. Toutes les chapelles font 10 x 5 m. Avant mon départ, le Samedi 13 Mai, jour du centième anniversaire des apparitions de Fatima, nous avons bénit la première de ces chapelles. Trois autres sont presque finies. Si le temps nous est donné, six autres doivent être construites dans les mois qui viennent. Espérons que le pays restera calme et qu’on ne connaîtra plus ce qu’on a vécu par le passé.

Publié le 4 octobre 2017 par Bernard Rauch