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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Nouvelles de famille
Article mis en ligne le 3 avril 2014
dernière modification le 6 avril 2014

Gérard Bretillot Adamavo (Togo)

L’année 2013 a bien démarré au niveau pastoral, avec cinq prêtres sma de différente nationalité et un stagiaire de Tanzanie. Nous avons pu ainsi accompagner nos quatre communautés dont la population avoisine 150 000 habitants. Personnellement j’ai été invité à accompagner les groupes vocationnels et à réfléchir avec les Communautés de base.
J’ai été chargé également de suivre les chantiers de la paroisse. Pour Pâques, nous avons pu poser la toiture de l’église Notre Dame de la Trinité à Afanoukopé. C’est une église de 1500 places. Après Pâques, nous avons commencé l’électricité et le crépissage de l’église Notre Dame du Perpétuel Secours d’Agodékè. Elle est très grande, comme celle d’Afanoukopé. Ce qui fait plaisir, c’est que les communautés chrétiennes s’engagent de plus en plus. A Agodékè, toute la main d’œuvre de l’électricité et du crépissage a été prise en charge par les chrétiens eux-mêmes. Au retour de congés, j’étais émerveillé de voir comment les associations d’Afanoukopé s’étaient mobilisées pour terminer les claustras de l’église.
Le fait marquant de cette année fût le 10 août l’ordination de cinq diacres sma togolais. Ils ont célébré leur première messe dans l’église Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus d’Adamavo. J’ai eu la chance d’avoir l’un d’entre eux, Julien Esse, qui ma accompagné durant deux mois et demi. J’ai beaucoup apprécié sa simplicité et son don des langues. En plus du français et de l’anglais, il parle trois langues togolaises.
Le 7 juillet, j’avais la joie de partir en congés avec mon ami Patrice et le Père Séverin Kinga, de la république du Congo, qui a pris ma place comme responsable de la paroisse en 2008. Il était très heureux de découvrir la France, et tout spécialement la Franche-Comté. Ce congé m’a permis aussi de fêter mes 75 ans avec Madeleine, ma sœur jumelle. Ce fût une très belle fête de famille, simple et joyeuse.
Actuellement les chrétiens de la paroisse Ste Thérèse d’Adamavo se mobilisent pour mettre la dernière main à leur église et ils aimeraient qu’elle soit consacrée le plus vite possible. Il y a encore un peu de peinture à mettre, à finir les escaliers, à améliorer la sonorisation et à poser le vitrail de Sainte Thérèse et la Croix. Un appel est lancé à toutes les bonnes volontés de la paroisse.
Les Amis de la Fête des Légumes nous ont permis de monter un projet pour sortir de la pauvreté les femmes de la banlieue d’Adamavo. Nous leur allouons un crédit qui leur permet de vivre et qu’elles remboursent régulièrement. Nous avons également aidé à se prendre en charge un groupe de filles d’Afanoukopé atteintes du VIH.


Jean Perrin Sotouboua (Togo)

Je suis toujours à Sotouboua, qui va sortir de l’ombre après le lycée N.D. de la Paix, le Sanctuaire N.D. de la Merci, et bientôt l’Université, non encore baptisée mais que j’aimerais nommer du nom du premier prêtre de Sotouboua, le Père André Neth. Oui, elle est sortie de terre, au moins trois classes, la salle des professeurs, la salle de la direction et celle du secrétariat. Il y manque l’électrification, l’adduction d’eau et bien sûr le mobilier. Nous avons dépensé 27 000 euros pour le terrain et 48 000 pour le bâtiment actuel. Aucune ambassade ne s’est encore montrée « partie prenante » ; nous espérons une aide du Gouvernement togolais pour l’extension du réseau.
Le sanctuaire n’a pas été négligé pour autant : réparation de l’orgue donné par l’association Amour Sans Frontière, sonorisation, des cloches de Cologne sur cassette, et bien sûr entretien du parc. Les images du parcours du chemin du Rosaire sont aussi en réfection. Les pèlerinages se sont succédés. Une Sœur togolaise y a émis ses vœux solennels.
L’école primaire s’est vue ouvrir le CE1 et la réouverture de l’école enfantine. Les enfants sont au nombre de 17 ; ils demandent un toboggan, une balançoire etc.
J’ai perdu un grand ami, le Père Lutz Félix, de même ordination. Les dons qu’il recevait, il me les repassait. Et aussi un cousin. Qu’ils reposent en paix !

Bernard Bardouillet « Village renaissance » Yaokopé (Togo)

Dès mon retour de congé, je me retrouvai à Lomé pour participer à la première Assemblée Générale du District en Formation du Golfe de Guinée, comprenant le Liberia, la Sierra-Leone, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo. Un signe que la relève africaine sma se met en place et s’organise.
Si la première équipe sma partant pour l’Afrique de l’Ouest (au Dahomey, en 1861) était déjà internationale, elle le devient aujourd’hui de plus en plus. Ainsi, sur les vingt participants à cette Assemblée, nous étions de neuf nationalités différentes. Pendant dix jours, les travaux furent denses et les échanges confiants, mais de nombreux défis sont vite venus au jour (personnel, finances, insécurité…) Proches de nous, plusieurs pays viennent de connaître le drame de la guerre. Alors comment donner un témoignage dans un tel contexte ? « Nos communautés sont à présent composées de différentes cultures, générations et tendances idéologiques. Elles sont un précieux témoignage du Royaume de Dieu comme témoins de réconciliation et de paix dans des pays divisés par les luttes ethniques et les écarts économiques, offrant souvent une présence pacifique dans des situations très dangereuses [1] ». Notre Fondateur voyait loin en précisant : « Allez vers les plus abandonnés de l’Afrique ! »
Ici, au village « Renaissance », fondé par le Père Charles Cuenin il y a bientôt 25 ans, des ex-détenus nous arrivent pour une durée de six mois afin de se refaire et de prendre confiance en eux-mêmes avant de s’orienter vers la vie professionnelle. « Il y a une vie après le prison », tel est le slogan qui anime cet engagement. « Tout ce que vous faites », disait mère Teresa à ses sœurs missionnaires, « ce ne sont que des gouttes d’eau ! » Oui, mais des « gouttes d’eau » qui remettent la joie et le soleil dans les cœurs !


Alphonse Kuntz Saoudè (Togo)

Saoudè, une légende ? Cela est dû à la situation exceptionnelle de la paroisse, en plein dans un massif montagneux où les sommets avoisinent les 800 mètres. Cette montagne est le berceau de l’ethnie kabye, très importante dans le pays. C’est en même temps une acropole et une nécropole. Y reposent les grands ancêtres et une grande majorité de défunts qu’on ramène de loin. Comme ailleurs dans le monde, les gens de la montagne émigrent pour trouver des conditions de vie plus favorables. Les montagnards restent cependant attachés à la montagne. Les enfants nés au loin en rêvent et n’ont qu’un seul désir : s’y rendre. Saoudè est aussi une légende pour ceux qui en ont entendu parler de loin et ceux qui viennent visiter. Pour eux, la mission a improvisé un mini-musée avec des objets anciens de la vie courante. Comme ailleurs aussi, le patrimoine tend à disparaître, le plastique remplace la poterie qui était réputée pour sa beauté.
Cette légende a été forgée par les pionniers. Tout un chapelet de morts : des prêtres, des religieuses, des catéchistes, des fidèles laïcs, qui étaient de vrais apôtres. Saoudè, une paroisse qu’on continue à appeler la « mission ». Dans le langage courant, on parlait de la montagne de Saoudè, bien que les 10 000 habitants (et plus) qui y vivent soient partagés en quatre cantons, avec un lac tout proche, une retenue artificielle de 4 millions de m3 d’eau qui fait penser au lac des Quatre-Cantons en Suisse.

Saoudè est un lieu-dit, le centre de la religion traditionnelle avec les tombes des grands ancêtres. Dix mille personnes qui luttent pour survivre dans un bel environnement au regard des visiteurs. Avec peine, elles arrachent leur nourriture aux pierres : les terrasses de culture, de minces bandes entre des murets de pierres, étaient célèbres. Ces gens survivent grâce à la culture de la tomate, du piment, qui demande beaucoup de soins, du gingembre, culture plus facile, et grâce au petit élevage. Les volailles et autres animaux sont leur sécurité sociale. Ils atterrissent souvent à la mission, en cas de coup dur imprévu, par exemple une maladie.
Survivre à la maladie est difficile, tant les médicaments sont devenus chers. Alors les gens vont à Saint Fridolin, avec un bol de maïs dans un plastique pour recevoir en échange de précieux médicaments. Saint Fridolin, toute une histoire... je revois la tête de ces deux chefs d’entreprise retraités qui ont débarqué un jour à la mission à bord de deux véhicules spécialement équipés pour traverser le Sahara. En ce moment, une missionnaire laïque polonaise tient la pharmacie villageoise. Les malades sont de plus en plus nombreux, en moyenne une vingtaine par jour, et nous peinons à trouver les médicaments. Certains sont achetés à l’OCDI (Caritas diocésaine), à un prix relativement élevé, ce qui est symptomatique des temps actuels.

Bien que la montagne, comme ailleurs dans le monde, tende à se vider (de nombreuses ruines de maisons en terre crue en témoignent), le nombre des habitants reste stable. Il est fait surtout de personnes âgées et d’enfants. Grâce à un lycée sur place, ceux-ci peuvent rester jusqu’à l’entrée à l’université. Ils sont souvent confiés aux grands parents, alors que les parents sont partis ailleurs chercher du travail. Pour les plus petits, la Mission a ouvert un jardin d’enfants, avec 34 marmots, tenu par deux femmes formées sur le terrain. Leur qualification : l’amour des enfants. L’ambiance du jardin s’en ressent. Tout à côté se trouve un mini-centre pour aveugles (tout est décidément mini ici !) baptisé « chez Bartimée ». Y vivent en permanence deux aveugles qui tressent des cordes pour empailler chaises et tabourets. Les bâtiments ont été construits en partie par des jeunes venus de la région de Saint-Etienne appartenant à l’association « Sainte Famille-Horizon ».
Saoudè, une paroisse d’un peu plus de 1 000 fidèles repartis en 14 communautés souvent petites et faibles. Les renforts en agents pastoraux, prêtres et laïcs, tardent à venir ! La montagne a appelé, comme naturellement, quatre lieux de prière : quatre ermitages virtuels dont deux ont été occupés pendant cinq ans par de vrais ermites bénédictins. Avec la nouvelle église paroissiale octogonale, dont les visiteurs disent beaucoup de bien, ces ermitages sont des curiosités à visiter. Ils sont petits mais beaux, selon le dicton allemand. Petits et sans aucun confort, ce qui est excellent pour qui rêve de retourner aux sources. Au total, une trentaine de lits pour lesquels certains matelas ont été fournis par ASF. Ceux qui sont venus à Saoudè ne le regrettent pas (à part quelques exceptions). La preuve : ils aiment y revenir.

Ce texte a été rédigé par le Père Alphonse pour le bulletin « Amour Sans Frontière » n° 156, décembre 2013. Voici encore quelques extraits de sa belle circulaire du 24 décembre 2013.

« Tu couronnes une années de bienfaits ». Sans doute pouvons-nous chanter ensemble ce psaume 64, au-delà de toutes les détresses que nous avons pu connaître, ou plutôt grâce à ces détresses ! Sans elles, peut-être ne remarquerions-nous pas que le Seigneur intervient pour nous. Plus d’une fois, je me suis retrouvé à bout de ressources alors que me talonnaient les malades, les élèves ou d’autres nécessités encore. Et à chaque fois les secours sont venus. Avec vous, je peux prier le psaume 33 « Malheur sur malheur pour le juste, mais à chaque fois le Seigneur le délivre ! » N’est-ce pas un grand bienfait du Seigneur que de pouvoir passer de l’inquiétude à la paix ? C’est ainsi que pour l’église de Kulundè, dont les murs sont montés après bien des difficultés, je ne veux pas m’inquiéter, bien qu’il manque encore le toit, même si je ne sais pas « comment cela se fera (Lc 1,34). Quand ces mots vous parviendront, les anges et les bergers seront repartis chez eux, mais « l’enfant » sera toujours là. Que sa présence vous comble de joie !


Pierre Kunegel Kombolokoura (Côte d’Ivoire)

Cette une année, j’ai eu la joie célébrer mon Jubilé d’Or au milieu de tous ceux qui me tiennent à cœur. Je pense particulièrement à ma famille, à ma paroisse d’origine, à mes paroissiens, à mes confrères de Côte d’Ivoire et de France et aussi la grande famille et tous les nombreux amis qui me soutiennent et m’encouragent dans mon ministère et mes œuvres auprès des plus déshérités.
Pour les moments importants qui ont marqué la vie de la paroisse de Kombolokoura, il y a eu tout d’abord le contact avec les protestants que j’ai sollicités pour la distribution de vivres envoyés par le PAM (Programme Alimentaire Mondial) via la Caritas. J’ai demandé qu’ils fassent une liste des plus nécessiteux, incluant les Protestants, les Catholiques et les Musulmans. Celui qui fait office de Pasteur a eu la charge d’organiser la distribution. Ce geste a été apprécié et a eu comme conséquence que j’ai pu aller au Temple pour m’adresser à leur communauté. C’était pour moi l’occasion de faire un geste d’ouverture pour dissiper la méfiance entre nous.
A partir du 25 janvier 2013, j’ai sollicité Laurent Gnou, séminariste « Missions Africaines », originaire du Togo et stagiaire chez le Père Ramon à Korhogo, pour qu’il vienne visiter un certain nombre de villages et exposer le projet missionnaire de notre Société en Afrique. Son exposé était pertinent et les gens, qui ont apprécié ses explications, se sont montrés généreux.
Le 24 février, grand branle-bas à la Mission, C’est le jour anniversaire de mon ordination. Déjà, la veille au soir, les gens des villages les plus éloignés s’étaient présentés et le tam-tam a résonné toute la nuit. Puis arrivent les invités de Korhogo et d’ailleurs, parmi eux quatre prêtres du diocèse de Katiola, le Vice-Régional d’Abidjan, les Pères de Korhogo, les chefs de village et bien d’autres invités. Tout l’espace de la mission était « envahi ».
Le mercredi après Pâques, le Père Dario Dozio, notre Supérieur Régional d’Abidjan a organisé la fête des Jubilaires. Le Père Rapetti, qui a quitté la Côte d’Ivoire pour un poste en Italie, est revenu pour célébrer avec moi au milieu d’une foule de chrétiens du quartier. Ce fut une célébration très animée et joyeuse. A cette occasion, le responsable de la communauté du quartier nous a offert à tous deux une belle statue sculptée de la Sainte Vierge, que j’ai ramenée en France comme souvenir.
Le jeudi 10 avril, le Député de Korhogo et un Conseiller Régional sont arrivés à Nidyon pour l’inauguration de la salle de classe que j’ai construite pour le village, en attendant que le gouvernement prenne la relève. J’ai commencé par la prière et par la bénédiction du bâtiment. Puis, vinrent les discours « officiels »...
Le samedi 27 avril, je me suis rendu à Dassoungboh, la nouvelle paroisse, pour donner le baptême à 63 adultes qui ont, dans la foulée, reçu leur première communion. Ce fut une belle célébration, fervente., joyeuse et animée, malgré la chaleur. Quant à moi, je suis rentré, fatigué mais heureux de voir cette communauté qui se développe. …

A mon retour de congé, je me suis rendu à la paroisse de Dassoungboh. Quelle surprise devant la foule qui m’attendait ! La chapelle de 350 places était comble, des gens attendaient dehors. Il y a eu 80 communions de distribuées. A la fin de la messe, j’ai accueilli près de 60 nouvelles personnes qui désirent faire partie de la communauté. On m’a présenté également une bonne vingtaine de bébés pour que je les bénisse.
A la sortie de la messe, une autre surprise de taille ! Le maître musulman de l’école de Nidyon, où j’ai construit une salle de classe, se présente à moi : « Mon Père, je suis venu ici pour la messe. Tous les dimanches je vais avec les enfants dans la chapelle de Nidyon. J’aimerai que vous me donniez des prières à faire apprendre aux élèves. » Je lui ai promis de lui en fournir rapidement.
Comme l’école a repris le lendemain matin, je me suis rendu à Nidyon pour aller porter des crayons, des gommes, des crayons de couleur, des bics... pour les enfants, ainsi que les prières que le maître m’avait demandées. En arrivant, je les ai trouvés sagement assis sur leurs bancs. Ils étaient moins nombreux car certains, parmi les plus petits, ont dû redoubler. Ils se retrouvent dans le magasin d’entrepôts d’une maison avec quelques nouveaux élèves. Le maître en question, qui fait maintenant office de Directeur, m’y conduit. Il y a là un jeune homme qui enseigne bénévolement. Le « Directeur » me signale que le maître vient de chez les protestants Baptistes, mais qu’il a, lui aussi, décidé de venir à l’église avec les enfants depuis la rentrée scolaire. Il désire, lui aussi, enseigner les prières aux enfants.

Voilà quelques unes des merveilles que le Seigneur accomplit au milieu de son peuple. J’en suis émerveillé et je le remercie chaque jour de m’avoir choisi comme témoin de son action dans le cœur des hommes. Je tenais à partager cela avec vous pour que vous aussi vous gardiez espoir en ce Dieu qui nous aime et qui agit quand il veut et là où souvent nous ne l’attendons pas.


Ernest Klur Zakoua (Côte d’Ivoire)

Les occupations ne me manquent pas : on vient de me confier encore quatre autres villages à desservir, respectivement à 4 km, à 14 km, à 21 km et à 22 km. Un total de 6000 âmes avec des communautés à faire grandir dans la foi… Ainsi, deux dimanches par mois, il me faut trouver un prêtre qui me remplace à Sainte Rita.
L’association « Une Goutte d’Eau » vient d’organiser un « jambon vigneron » au Zinswald en faveur de la future école maternelle qui doit débuter en octobre 2014. Je suis en train de faire le plan de base et d’implantation sur le terrain. Je projette de venir en congé en mai. Mais il faut qu’il m’arrive un remplaçant sma.

Pierre Roustan Foyer SMA Ebimpé (Côte d’Ivoire)

La vie au foyer SMA d’Ebimpé se déroule paisiblement, la jeunesse nous entraîne, nous pousse vers l’avant. En dehors des rencontres avec les étudiants et un petit cours de français, il y a toujours quelques travaux d’aménagement ou de réparation pour me distraire. Le service des communautés de base me prend pas mal, d’autant plus qu’en cette année de la foi et de la nouvelle évangélisation, plusieurs diocèses insistent sur la place et l’action de ces petites communautés. Au cours de ce trimestre, en dehors des rentrées pastorales des diocèses de Bouaké et de Yopougon dans les premiers jours d’octobre, je suis allé pratiquement tous les dimanches dans l’une ou l’autre paroisse des diocèses de Yopougon ou d’Abidjan, avec présentation des CEB au cours des messes et souvent rencontres avec les responsables et animateurs après la messe. Le deuxième trimestre sera normalement moins occupé. Toujours quelques rencontres aussi avec les membres du groupe pour préparer les Cahiers des CEB et la rencontre annuelle de février. Il faut préparer mon départ : en 2014, j’aurai 80 ans et presque 50 ans d’Afrique ! Ce retour est désormais décidé pour la fin juin.

La situation du pays reste fragile. L’insécurité, même si elle a beaucoup diminué, n’est pas vraiment éradiquée : les coupeurs de route se manifestent encore assez souvent. Des maisons sont attaquées. Des gens armés – qu’on ne peut jamais identifier ! - s’en prennent même à des commissariats en pleine ville d’Abidjan. La liste des paroisses et des communautés visitées s’allonge ; souvent – et ce n’est pas fortuit – c’est la nuit après une fête avec quête spéciale. Il y a encore trop d’armes en circulation et beaucoup de misère ! Elle touche vraiment les petits. Beaucoup de monde est à la recherche d’un travail. Les blessés de la vie - qu’on avait aidés à Adjamé - arrivent à trouver le chemin d’Ebimpé, même s’il faut changer plusieurs fois de gbaka, le taxi communautaire.
Le pays semble repartir. De grands travaux sont entrepris et sont poursuivis, c’est un bon point ! On annonce la fin et l’inauguration de l’autoroute Abidjan - Yamoussoukro pour la mi-décembre ; les travaux pour le 3ème pont d’Abidjan sont menés rondement et celui pour Jacqueville est en bonne voie. Les travaux du grand hôpital national catholique, un rêve du président Houphouët-Boigny, construit sur le terrain de la basilique de Yamoussoukro, devraient finir enfin pour la mi-janvier 2014.

Les signes positifs de reprise sont nombreux, mais le pays n’est pas encore réconcilié : beaucoup de rancœurs, tous les exilés ne sont pas revenus, la justice, qui se veut indépendante, n’a pas encore vraiment joué son rôle. Il y a quinze jours, Charles Konan Banny, président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, dans une rencontre à l’ancien Inades des pères jésuites, a soutenu que « ce qui mène à la réconciliation sera long et pour y arriver, il faudra beaucoup d’audace et de surpassement au peuple ivoirien ». Il a expliqué que « le pardon est nécessaire. Toutefois, le pardon des victimes doit être motivé par un repentir sincère des auteurs des violences contre les droits de l’Homme ». Il déclarait aussi : « La recherche de la vérité est arrivée. Le déni de ce qui s’est passé serait la plus grande injustice au peuple de Côte d’Ivoire ». « Se réconcilier ou périr ? Nous n’avons pas le choix » a-t-il martelé. Tout le monde aspire à une vraie réconciliation, du moins l’affirme-t-on très fort. Mais n’en prend pas le vrai chemin. Espérons que les nombreuses prières qui montent vers Dieu y amèneront.


Bernard Rauch Doba (Côte d’Ivoire)

A la Toussaint, j’ai reçu deux mauvaises nouvelles. La première m’apprenait l’hospitalisation de mes parents, la deuxième concernait la paroisse de Doba : tous les villages établis dans la forêt classée du pays bakwé allaient être détruits. Leurs habitants devaient quitter les lieux avant le 10 janvier 2014. Grâce à la compréhension des responsables des Missions Africaines et de l’évêque de San-Pedro, j’ai pu revenir vers mes parents quelque temps après leur sortie de l’hôpital.
Du 3 au 29 novembre, j’ai pu visiter comme prévu les 28 villages dont j’avais la charge. Ce n’était pas la joie. Certains ne croyaient pas à l’ultimatum qu’on leur avait donné. Les informations qui nous parvenaient étaient pourtant claires : toutes les forêts classées qui avaient été détruites devaient être reboisées et plus personne ne devait y vivre. Les planteurs ont le droit de s’installer dans les 6 enclaves créées autour des villages bakwé et ils peuvent pendant 3 ans s’occuper de leurs cacaoyers, à condition de ne pas dormir dans leurs champs et de planter 100 arbres par hectare sur les terrains qu’ils cultivent. Or les enclaves sont situées à plus de 10, 20 et parfois même 30 kilomètres de leurs plantations.
Après de nombreuses réunions, les Eaux-et-Forêts ont, le 19 décembre, accordé un sursis de 6 mois pour permettre aux écoliers de terminer leur année scolaire. Donc en août, sur les 43 villages que compte la paroisse de Doba, 34 devront partir.
Voila, c’est dans ce contexte difficile que j’ai du laisser pour un certain temps la paroisse de Doba. Un jeune confrère des Missions Africaines originaire de Centrafrique assure l’intérim. Pendant la tournée du mois de novembre, les responsables de dix communautés m’ont demandé de célébrer les baptêmes d’adultes qui devaient se faire à Pâques et les baptêmes d’enfants qu’on devait faire à Noël. En novembre en effet, nous pensions qu’avant la fin de l’année tout le monde serait parti.
Depuis 15 jours je suis donc dans le Jura auprès des parents. Ils sont rassurés et heureux : c’est l’essentiel. Ils désirent passer leurs derniers moments à la maison. Deux jours avant Noël, nous avons eu la joie de fêter leurs 70 ans de mariage. Désormais, tout est dans la main de Dieu.

Casimir Kieszek Shoubra (Egypte)
La situation de l’Egypte a changé dramatiquement depuis quelques années comme vous avez pu le suivre dans les media. Une crise politique étant à la base de ces troubles, tout est affecté : la vie sociale, l’économie et la vie religieuse, surtout celle des chrétiens. Nous vivons un moment difficile dans ce beau pays qui nous appelle à la solidarité avec le peuple égyptien, à apprécier la paix et à prier beaucoup plus. Ici, à la paroisse Saint Marc, les travaux de rénovations avancent grâce à vos prières et vos dons. C’est mon plus grand projet en ce moment, dans le souci de préserver un très beau lieu de culte propice à la prière.


Robert Wolff Mwanza (Tanzanie)

Une belle histoire des origines
Après avoir atterri la nuit à l’aéroport de Dar-es-Salaam, vers 22 ou 23 heures, je prends un taxi qui m’amène chez les Pères Blancs à Atiman House. Cette construction est une des six premières en dur, édifiée en 1899 sous la surveillance du Sultan Majid bin Seyya Saïd (Oman – Zanzibar). Il voulait que ce palace, ce fort, soit un « havre de paix », Dar es Salaam. Sa sœur Salme, très émancipée, après être tombée enceinte d’un marchand allemand, a dû s’enfuir. Devenue chrétienne, Emily Ruete mourut en Allemagne en 1924.
Les Pères Blancs s’établirent dans cette demeure en 1921. Atiman est le nom d’un enfant de dix ans racheté de l’esclavage au Mali par les Pères Blancs en 1876. Après des études primaires et secondaires à Alger, on l’envoie au Medical University de Malte pour être médecin-catéchiste. Atiman, avec d’autres missionnaires de la 7ième caravane, arrive au Tanganyika en 1889. C’est le premier docteur africain ayant étudié la médecine moderne à travailler dans ce pays. A son jubilé de présence en 1939, il soigne encore 4 000 patients par mois. Atiman décède en 1956 à l’âge de 90 ans.

La Maison Régionale de Mwanza
De la Maison Régionale de Mwanza, située à mi-chemin entre le centre ville et l’aéroport, on aperçoit le lac Victoria. C’est le deuxième lac du monde par sa superficie, environ 69 000 km², renommé entre autre pour ses perches du Nil. Quand vous prenez l’avion pour Mwanza, on vous dit avec envie : « Vous allez manger du poisson ! » Lorsque les habitants de Dar viennent à Mwanza par avion, ils repartent avec des seaux remplis de poissons, moins chers qu’au bord de la mer.
Au début, la Région comptait une dizaine de membres. Au fil des ans, le nombre augmentant, il fallut ajouter des chambres. Maintenant sont disponibles, en plus de celle du supérieur et du Père hôtelier, 17 chambres et 21 lits. Quand nous avons nos rencontres générales, en décembre et en mars, nous accueillons une trentaine de membres, y compris les missionnaires laïques, au nombre de cinq.

Engagement des laïcs missionnaires
Sur Mwanza, Marga, des Pays Bas, est responsable de Upendo Daima, qui s’occupe de l’éducation d’une cinquantaine d’enfants de la rue, du primaire au secondaire.
Jean, des USA, enseigne à Shalom aux enfants dont les parents sont morts du sida, ou qui sont eux-mêmes sidéens.
Corinne, des Pays Bas, a initié The Lulu Project pour accompagner les filles n’ayant pas terminé l’école et en danger d’aller vivre dans les rues. Chaque jeune fille a un grand prix aux yeux de Dieu, comme la perle rare (lulu) pour ce marchand dans Mt 13, 46.
Plus loin, à Bugisi, Yola, de Pologne, est rofesseur au collège Don Bosco, et Béata, également de Pologne, sage-femme au dispensaire.
La paroisse de Pasiansi, où nous résidons, abrite déjà deux églises et envisage d’en ériger une troisième là où de nombreux fidèles s’agglutinent dans une salle du collège. Cette paroisse, desservie par des SMA pendant l’année scolaire, invite des prêtres étudiants de l’université catholique Saint Augustin pour les célébrations dominicales.
Les SMA travaillent dans 6 paroisses, deux dans chacun des diocèses de Mwanza, Shinyanga et Arusha. Les confrères viennent des quatre coins de l’horizon ! Philippines, Amériques, Afrique, Europe... Ils vivent en communautés internationales et essaient de pratiquer l’interculturalité.
La maison enregistre nombre de passages : confrères venant en ville pour différents achats, se soigner ou souffler un peu, responsables de différentes entités représentées dans la Région, et aussi des Pères non sma, des Sœurs devant prendre l’avion… Certains séminaristes sma de Naïrobi, l’année où ils ne vont pas en congés, viennent en Tanzanie pour les vacances de Noël, d’autres plus longuement en juin – juillet. Ils sont répartis dans les différentes missions. En tout cas, tous apprécient la cuisine de Mama Doli, surtout son poulet braisé tandoori-masala ! Karibuni Tanzania !
(décembre 2013)


Les 70 printemps du Père Jacques Noirot

Le lundi 23 septembre 2013, le Père sma Jacques Noirot, officiant à la chapelle des Missions Africaines de Haguenau et affecté au service pastoral de la communauté de paroisses Saint-Georges de Haguenau et Saint-Joseph de Marienthal, fêtait ses 70 printemps au milieu notamment de ses confrères de la communauté locale sma.
Mais, dès la veille, il avait invité toute l’assemblée des fidèles à l’issue de la célébration eucharistique de 10 heures au verre de l’amitié servi sous un soleil radieux derrière le chœur de la chapelle. Devant une bonne centaine d’amis de la chapelle et des Missions, le jubilaire – qui avait déjà reçu à la fin de la messe éloges, félicitations et meilleurs vœux exprimés par Sylvie Dolt au nom des deux chorales de la chapelle – s’est vu remettre à cette occasion un cadeau par le président Etienne Weibel de l’Association Saint-Arbogast dont il est membre de droit. Cette association a pour objectifs principaux de subvenir aux frais d’entretien, de restauration et de rénovation de la chapelle et de soutenir les activités missionnaires de la SMA en Afrique et en Inde.
Le dimanche suivant, 29 septembre, le Père Noirot avait invité les choristes et les membres du comité de l’Association Saint-Arbogast à prolonger la fête dans sa région natale du Haut-Doubs. Il leur fit découvrir et aimer le grandiose cirque de Consolation, avec ses nombreuses sources et cascades du Dessoubre, non loin de son village d’origine Sancey-le-Grand.
Dans ce merveilleux décor naturel, l’ancien monastère Notre-Dame de Consolation, géré aujourd’hui par l’Association « Artisans de paix », a servi de cadre approprié à la célébration eucharistique. Elle fut présidée par le jubilaire, entouré de quelques « conscrits » d’âge et autres confrères, et remarquablement animée par les choristes de Haguenau sous la direction d’Hubert Wohlfrom. Ce temps de recueillement et d’action de grâces a été suivi de l’apéro sous le préau et du repas festif sous la spacieuse verrière du monastère. Plus de 150 convives s’y sont régalés dans une ambiance bon enfant, conviviale et fraternelle.
Étienne Weibel

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