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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Pèlerinage à la Basilique de Vélankanni

Quelle que soit leur appartenance religieuse, les Indiens sont en général très croyants. On trouve en Inde beaucoup plus de lieux de culte que d’écoles. Dieu bénit le peuple à travers ses dévots et octroie des grâces dans certains lieux de pèlerinage. Celui de Vélankanni, au bord du golfe du Bengale, dans le district de Tanjore du Tamil Nadu, est consacré à la Vierge. Marie prend ici le nom de Notre Dame de Bonne Santé, Mère de Vélankanni.

Article mis en ligne le 28 juin 2011

par Francis Kalan Madhan

Trois miracles
Un premier miracle a lieu vers 1550. Un jeune vacher avait coutume d’apporter le lait à son maître. Un jour, pris de fatigue, il tomba dans un profond sommeil à l’ombre d’un banian, près d’un étang de Vélankanni. Une belle dame lui apparut. Elle lui demanda du lait pour l’enfant au charme divin qu’elle portait dans les bras. A son réveil, le garçon vit la dame devant lui et lui offrit respectueusement du lait.
Il raconta son aventure à son maître mais celui-ci refusa de le croire. Le lait se mit alors à monter et à déborder du pot. Devant ce prodige, on se rendit sur les lieux et tous crurent à l’apparition de la Vierge. L’endroit prit le nom de Matha Kulam, ce qui signifie Le pot à lait de Notre-Dame.

A l’abri du banian.
Photo Marcel Schneider

Le deuxième miracle met en scène une veuve et son fils boiteux qui vivaient à Vélankanni à la fin du XVIe s. Le jeune homme vendait du babeurre aux passants assoiffés sous un banian, à un endroit nommé Nadu Thittu, La butte du milieu. Un jour, une dame d’une beauté sans pareille lui apparut au milieu d’une lumière éclatante. Elle aussi tenait dans les bras un enfant divin et demanda une tasse de babeurre. Puis elle envoya le garçon auprès d’un seigneur catholique de Nagapattinam pour le prier de construire une chapelle en son nom sur le lieu de son apparition. Le garçon se rendit alors compte qu’il avait recouvré l’usage de ses jambes. Il courut porter la requête. Le seigneur, qu’une vision de Notre-Dame avait déjà prévenu, éleva une chapelle à l’endroit même de l’actuelle basilique. La dame fut appelée Notre-Dame de Bonne Santé.

Vélankanni. La basilique.
Photo Marcel Schneider

Enfin, au XVIIe s., la Vierge sauva d’une violente tempête un navire de commerce portugais qui naviguait dans le golfe du Bengale entre Macao et Colombo. Les marins, désemparés, avaient prié avec ferveur Marie Etoile de la Mer de les sauver. Ils avaient fait le vœu de lui dédier une église, quel que fût l’endroit où ils accosteraient. Leur bateau aborda près de Vélankanni le 8 septembre 1650, jour de la Nativité de la Vierge. Ils transformèrent la chapelle du seigneur catholique en une belle église de pierre, et revinrent plus tard orner l’autel de plaques de porcelaine illustrant des thèmes de la Bible. On peut encore voir ces marques de leur reconnaissance autour du trône de la statue miraculeuse de Notre-Dame de Bonne Santé, au dessus de l’autel principal de la basilique.

Le pèlerinage
Des miracles se produisent là où la Vierge apparaît. Le sanctuaire de Vélankanni est connu comme la Lourdes d’Orient. Il a fait d’un petit village une ville importante et développée [1].

Vélankanni. La basilique.
Photo Marcel Schneider

Le pèlerinage rassemble des gens de différentes religions, de divers états et de différentes langues. Plus de deux millions de personnes y participent chaque année, particulièrement le 8 septembre, pour obtenir les grâces de Marie et de Dieu. Car, de même qu’elle a aidé les mariés lors des noces de Canna, Marie intercède pour ceux qui mettent en elle leur confiance. Elle n’abandonne jamais ses enfants. Les gens vont vers elle pour différentes raisons : la paix, la santé, la réussite, le mariage, la naissance d’un enfant… Ils récitent inlassablement la prière de « l’Immaculée Conception ».

Notre Dame de Vélankanni.
Photo Francis Kalan

Les pèlerins doivent d’abord se repentir de leurs péchés par le jeûne et l’abstinence. Ils s’y soumettent volontiers car ils purifient ainsi leur corps et leur âme par la prière et le sacrifice. Ils savent en effet qu’il faut un cœur pur pour obtenir la grâce mariale. En Inde, on pense que la maîtrise du corps permet celle du cœur et de la pensée.

Vélankanni. La basilique.
Photo Marcel Schneider

Ils se mettent ensuite en route vers Vélankanni. Certains parcourent pieds nus de longues distances plusieurs jours durant. On leur offre de l’eau et du lait caillé dans les villages. D’autres vont à bicyclette ou empruntent les bus ou les trains. Les jours de fête, les fidèles sont si nombreux que l’Etat affrète des moyens de transport supplémentaires.

En remerciement, les croyants déposent des offrandes : saris, bijoux, objets en métal précieux représentant des membres du corps humain, fleurs, fruits… De l’argent aussi, ainsi que des intentions de prière. Offrir des fleurs et distribuer des repas aux pauvres fait partie de la culture indienne.

Procession à Strasbourg en l’honneur de Notre Dame de Vélankanni.
Photo Francis Kalan

Où qu’ils soient dans le monde, les Tamouls célèbrent la Vierge de Vélankanni. La Mère de Dieu est notre Mère à tous. Elle est aux côtés des pauvres et elle les mène vers Dieu. Ainsi devons-nous faire avec les faibles.

Vénération de Notre Dame de Vélankanni à Strasbourg.
Photo Francis Kalan
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