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Société des Missions Africaines de Strasbourg
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La Société des Missions Africaines (SMA) est une communauté de missionnaires catholiques venant des cinq continents. Elle est présente en Afrique depuis 150 ans.

La SMA mène diverses actions en faveur de la santé, de la condition féminine et de l’éducation.

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Servez-nous et nous vous servirons !

Les Quatorze Saints Auxiliaires sont renommés pour leur efficacité contre toutes sortes de maux. Ils agissent par leur intercession dans tous les domaines de la vie courante : troubles du corps ou de l’esprit, mais aussi difficultés de la foi.

Article mis en ligne le 28 juin 2011

par Marc Heilig

L’origine de cette dévotion est un miracle qui eut lieu en Bavière. En 1445, un berger vit dans un champ du monastère cistercien de Lagheim un enfant en pleurs qui disparut lorsqu’on voulut le recueillir. Il réapparut ensuite en compagnie de 13 autres enfants. Il déclara au berger qu’ils étaient les quatorze intercesseurs et qu’ils désiraient qu’on leur construise une église à cet endroit.
- Si vous nous servez, nous vous servirons, aurait-il ajouté.
Quelques jours plus tard survint une première guérison miraculeuse. Les moines érigèrent alors une basilique qui est aujourd’hui encore un important lieu de pèlerinage.

Excepté St Gilles, les Saints Auxiliaires sont tous des martyrs. Leur vie mouvementée, jalonnée de miracles, de conversions et de supplices cruels que les légendes se complaisent à raconter, fournit les caractéristiques de leurs représentations et les raisons pour lesquelles on les invoque. Ils sont en général représentés ensemble et sollicités collectivement. La Vierge Marie se joint parfois à eux. Cette dévotion s’est largement répandue en Allemagne et en Suisse, mais aussi en France. On en trouve une image dans de nombreuses églises d’Alsace et de Lorraine [1].

La Collégiale St Etienne à Hombourg-Haut.
Photo Marc Heilig

Nous allons faire la connaissance de ces saints avec le pèlerinage de Hombourg-Haut, en Moselle, où leurs effigies bordent un chemin de procession en haut d’une colline. La vénération semble ici antérieure à la Guerre de Trente Ans [2]. De nouvelles statues furent érigées au XVIIIe s., mais elles furent renversées à la Révolution. En 1898, le curé Victor Belner, désireux de raviver cette dévotion, en fit refaire par un tailleur de pierre. Tout au long de ce chemin se succèdent Cyriaque, Marguerite, Acace, Catherine, Georges, Pantaléon, Christophe, Denis, Eustache, Barbe, Blaise, Erasme et Gilles. Il faut ajouter St Guy, dont la statue a disparu [3]. On devait pouvoir les reconnaître aisément, c’est pourquoi leurs représentations obéissent à des stéréotypes dont les attributs sont connus de tous les fidèles [4]. Peter Dome, le sculpteur, s’est conformé à ces modèles, et s’il s’est parfois autorisé quelques libertés, on identifie immédiatement les saints que la région vénère tout particulièrement, comme St Christophe et Ste Barbe. On reste sous le charme de son travail un peu fruste et naïf qui donne à cet ensemble la saveur de l’art brut. Découvrons à présent les principales figures de ces saints compatissants.

La Collégiale St Etienne à Hombourg-Haut.
Photo Marc Heilig

La disposition actuelle date du début du XXe s. mais reprend en grande partie l’implantation originelle. Le chemin débute à la Collégiale St-Etienne et suit le flanc de la colline de Hombourg jusqu’à une petite place, devant le nouveau cimetière. Il longe ensuite celui-ci par la gauche et gagne la chapelle Ste-Catherine qui s’élève à l’extrémité du promontoire. A ce parcours sont intégrés, à la hauteur de St Acace, une grotte de Lourdes et un très beau calvaire daté de 1751.

Le calvaire du XVIIIe s.
Photo Marc Heilig
St Cyriaque.
Photo Marc Heilig

St Cyriaque est invoqué contre les possessions démoniaques et les maladies des yeux car il a guérit de nombreux aveugles. Il est représenté en habit de diacre, épée en main, avec un dragon à ses pieds, mais notre sculpteur n’a conservé que l’habit.

Ste Marguerite.
Photo Marc Heilig

Ste Marguerite calme les maux de reins et protège les femmes en couches. On l’invoque aussi pour une bonne éducation des enfants, pour la conversion des pécheurs et contre les manigances du Diable. Elle tient d’ordinaire une croix et un dragon enchaîné, mais la croix suffit ici à la reconnaître [5].

St Acace.
Photo Marc Heilig

St Acace apaise les maux de tête, détourne les tourments de l’agonie et accorde la grâce d’une bonne mort. Il est représenté en militaire, avec une croix et une couronne d’épines. La statue de Hombourg en fait un évêque coiffé d’une mitre et portant un ciboire.

Ste Catherine.
Photo Marc Heilig

Ste Catherine est la patronne des étudiants, des orateurs et des avocats car elle était cultivée et brillante et réfuta des savants qu’elle convertit par son discours. On l’invoque donc contre les maladies de la langue. Elle est représentée une branche de palmier à la main, avec à ses côtés une roue brisée, ce qui correspond à son martyr : attachée sur des roues garnies de couteaux qui furent brisées par un ange. Notre tailleur s’est conformé à cette image, même si la palme semble avoir disparu.

St Georges.
Photo Marc Heilig

St Georges, chevalier romain, est le patron des soldats. On fait appel à lui lorsque la foi chancelle et contre les maladies contagieuses. On le représente en costume militaire, perçant un dragon de sa lance comme sa foi a vaincu le dragon de l’enfer. Il est ici en soldat avec une longue épée.

St Pantaléon.
Photo Marc Heilig

St Pantaléon est le patron des médecins [6], fonction qu’il tenait auprès de l’empereur. On l’invoque contre les maladies de la consomption et les empoisonnements car il a ressuscité un enfant qu’un serpent avait mordu. Il est représenté en train de prier, portant sur le côté un sac de médicaments, le petit garçon à ses pieds, mais notre sculpteur n’a rien respecté de cette tradition [7].

St Denis.
Photo Marc Heilig

St Denis, premier évêque de Paris, est invoqué contre les possessions diaboliques et les remords de conscience. Il est vêtu de l’habit épiscopal et porte sa tête coupée dans les mains, selon la légende qui dit qu’il se releva après avoir été décapité, prit sa tête et s’en alla.

St Christophe.
Photo Marc Heilig

St Christophe protège les voyageurs, en particulier des dangers de l’eau car il était passeur. On l’invoque lors des orages, des tempêtes, contre la famine, l’incendie et la peste. C’était un homme de forte stature, qui eut l’honneur de porter l’Enfant Jésus et qui, à sa demande, planta son bâton sec dans la terre et le vit soudain bourgeonner. Notre tailleur n’aurait pu se permettre le moindre écart dans la représentation de ce saint fort vénéré en Lorraine : l’effigie nous montre un homme puissant, qui porte l’Enfant Jésus sur l’épaule et tient son bâton à la main.


St Eustache.
Photo Marc Heilig

St Eustache appartenait à la cavalerie. Lors d’une chasse, un cerf lui apparut avec une croix brillante sur le front et la voix du Seigneur se fit entendre. Dieu l’éprouva par les nombreuses souffrances d’une vie mouvementée. Il fut jeté avec sa famille dans un four d’airain incandescent, mais on retrouva leurs corps intacts trois jours plus tard. Aussi St Eustache est-il invoqué contre le feu, éternel et temporel, et contre les tourments de la vie. On le représente en chasseur, accompagné d’un cerf avec une croix sur le front. Bien qu’elle soit très abîmée, on devine encore sur notre statue le cerf à sa ramure et la croix qu’il porte entre ses bois.

Ste Barbe.
Photo Marc Heilig

Ste Barbe fut baptisée à l’insu de son père dans la tour où il l’avait enfermée. Elle fut affreusement suppliciée, mais Jésus lui apparut pour la consoler. En 1448, elle sauva miraculeusement d’un incendie un vieillard et prolongea sa vie d’un jour pour qu’il reçoive les sacrements. Depuis, plusieurs autres ont obtenu d’elle la même grâce. Ste Barbe est donc la patronne des mourants, mais aussi des pompiers, des artilleurs et des mineurs. On l’invoque contre la foudre, les dangers du feu et pour ne pas mourir sans viatique. Oubliant la tour, la statue du tailleur a conservé de ses attributs le calice et l’hostie.

La chapelle Ste Catherine.
Photo Marc Heilig

Le chemin longe un cimetière et débouche sur l’esplanade herbeuse où se dresse la chapelle Ste Catherine qui marque la fin de notre pèlerinage. Devant celle-ci et de part et d’autre de son portail se trouvent les dernières statues.

St Blaise.
Photo Marc Heilig

St Blaise, en chemin vers la prison, sauva un enfant d’une arête de poisson plantée dans la gorge. En vertu de ce miracle, on invoque ce saint contre les affections de la gorge. Notre effigie le représente avec 2 cierges allumés à la main, selon l’ancienne coutume des « cierges de St Blaise », que l’on bénit le 3 février : on les met en croix et on en touche le cou du croyant en priant le saint d’éloigner ce genre de maux.

St Erasme.
Photo Marc Heilig

St Erasme fut éviscéré mais fut sauvé par un ange qui le porta sur un bateau. Patron des veuves et des orphelins, il est invoqué contre la douleur, surtout des maux de ventre, et les marins appellent son aide lors des tempêtes. Notre sculpteur l’a représenté en évêque et a conservé le principal de ses attributs, très simplifié il est vrai : un treuil avec les intestins enroulés autour.

St Gilles distribua ses biens aux pauvres et se retira dans une grotte pour vivre dans la contemplation. Une biche le nourrissait de son lait. Le roi Flavius le Goth lui fit construire un couvent bénédictin dont Gilles fut abbé jusqu’à sa mort. Le saint conduisit aussi Charles Martel à une confession entière en lui révélant un péché qui le gênait. Il est le protecteur des pauvres. On l’invoque contre la panique, l’épilepsie, la folie et les frayeurs nocturnes, mais aussi contre la fausse honte en confession. On le représente, comme ici, en habit de moine, une biche blottie en confiance contre lui.

St Antoine de Padoue.
Photo Marc Heilig

Les Quatorze Saints Auxiliaires sont donc bien présents. Notre ensemble a pourtant plusieurs particularités. Nous avons en effet un 15e saint : face à St Blaise se trouve St Antoine de Padoue qui porte l’Enfant Jésus et tient un livre. Sa présence ici s’explique par la dévotion particulière que lui voue tout l’Est de la France.

Ste Barbe des mineurs et des sapeurs-pompiers.
Photo Marc Heilig

D’autre part, les mineurs et les sapeurs-pompiers de Hombourg ont dédicacé une seconde effigie de leur patronne sur la petite place devant le cimetière : coiffée d’une couronne, Ste Barbe porte une tour et une branche de palmier. Toute proche de son effigie du pèlerinage, cette sainte est ainsi particulièrement honorée dans ce pays de mineurs.

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