Une retraite qui invite à l’empathie

La retraite annuelle au Zinswald, qui a fait le plein en participants, semble avoir été en tous points parfaite. Même les plus durs d’oreille placés à bonne distance du prédicateur n’ont rien perdu des Paroles du Père Joseph Penrad. Chacun sait qu’on ne va pas à une retraite spirituelle pour augmenter son avoir en idées neuves.

Et pourtant, le mot « empathie », qui désigne la capacité de se mettre à la place de l’autre, est revenu à plusieurs reprises, bien qu’on ne l’entende pas chaque jour. C’est un mot que le Pape François affectionne. « Il ne peut pas y avoir de dialogue authentique si nous ne sommes pas capables d’ouvrir notre cœur avec empathie et accueil sincère de ceux avec qui nous parlons … en capacité d’empathie intérieure », dit-il souvent.

Savoir admirer, porter sans préjugés un regard neuf sur les personnes et les choses, nous a demandé le prédicateur. Si, à la suite de la retraite, nous étions arrivés à cela, à abandonner l’habitude de classer les gens, nous aurions beaucoup gagné.

Le mot empathie n’est-il pas à relier avec celui de miséricorde ?

Il arrive que nous ressemblions au prêtre de la parabole du Bon Samaritain que le prédicateur n’a pas omis de citer.

L’empathie conduit à prendre sur soi les blessures des autres. Le Pape François, geste à l’appui, en appelle souvent à une Église qui ne craint pas de se salir les mains, à l’encontre du prêtre de la parabole qui ne veut pas devenir impur au contact du blessé sur la route et l’évite. Mais aussi du gouverneur qui se lave les mains du cas « Jésus ».

Jésus donne l’exemple, lui qui prend sur lui le péché du monde. Si nous voulons « devenir disciples », nous ne pouvons pas faire autrement [1].

[1] Cf. la 2e conférence.

Publié le 4 octobre 2017 par Alphonse Kuntz